Le silence de Renée Blanchar en ouverture du FICFA

Le nouveau long métrage documentaire de Renée Blanchar, Le silence, qui porte sur le sujet délicat des abus sexuels perpétrés par des prêtres catholiques sur de jeunes garçons en Acadie, donnera le coup d’envoi au 34e Festival international de cinéma francophone en Acadie (FICFA).

Les responsables du FICFA ont dévoilé, mardi, les films d’ouverture et de clôture de leur prochain rendez-vous qui se déroulera du 12 au 20 novembre. Les deux œuvres à l’honneur ont été réalisées par des cinéastes aguerris et amis du festival de longue date. Après Les héritiers du club (2014) et Nos hommes dans l’Ouest (2017), Le silence est le troisième film de la cinéaste de Caraquet à être présenté en ouverture. Le plus récent long métrage de fiction Pascal Plante, Nadia, Butterfly, clôturera le festival. Le réalisateur québécois a participé à cinq reprises au festival soit pour présenter des films ou comme juré.

La mode étant au linge mou en ces temps de pandémie, le FICFA n’y fait pas exception puisque l’ensemble du festival sera exceptionnellement présenté en ligne. Pour ouvrir cette édition hors norme, la responsable de la programmation Dominique Léger a choisi un documentaire acadien qui jette un regard sensible sur un sujet grave. Selon Dominique Léger, même si le sujet est assez lourd, il s’agit d’une œuvre incroyable, poétique et sensible. Il est devenu évident pour elle que ce documentaire, qu’elle estime nécessaire, devrait ouvrir le festival.

«Autant c’est difficile à regarder, autant il y a une beauté dans ce film-là. Pour moi, le choix de présenter Le silence en ouverture a été un choix pour honorer autant l’œuvre de Renée Blanchar qui est absolument magnifique, mais aussi pour honorer les victimes et les communautés qui ont été affectées par ces actes et ces gestes-là. En leur offrant ce film en ouverture, j’espère qu’ils verront que le festival est derrière eux, qu’on les soutient et qu’on les entend», a-t-elle affirmé.

Renée Blanchar s’est dite sincèrement touchée par la décision du FICFA de présenter son film en ouverture.

«Cette vitrine de choix est importante à l’égard du sujet et de tous les protagonistes du film. En choisissant Le silence, la direction du FICFA fait preuve de courage et de vision; le cinéma est un art de divertissement, certes, mais il a également la capacité de raconter des histoires inédites qui ébranlent et qui, parfois, nous révèlent à nous-mêmes», a-t-elle exprimé par voie de communiqué.

Le drame Nadia, Butterfly de Pascal Plante met en scène, une nageuse olympique de 23 ans, incarnée par l’athlète olympique Katerine Savard, qui tentera de redéfinir sa vie après sa décision controversée de se retirer du sport.

«C’est le deuxième long métrage du réalisateur Pascal Plante d’une qualité vraiment exceptionnelle. Il a tourné ça avec une vraie athlète olympique dont c’était son premier film. Ç’a été sélectionné à Cannes cette année. On voulait honorer le travail de Pascal parce que non seulement, c’est un grand cinéaste, mais c’est aussi un ami du FICFA», a expliqué Dominique Léger.

Pascal Plante est venu, entre autres, au festival avec son premier long métrage Les faux tatouages qui mettait en vedette la lumineuse Rose-Marie Perreault. D’après Dominique Léger, Nadia, Butterfly, primé au Festival de cinéma de la ville de Québec 2020, atteint un niveau plus élevé sur le plan de la production et de la qualité de l’image.

«C’est du grand cinéma qu’on a avec Nadia, Butterfly. Ç’a été tourné en partie à Tokyo donc on est capable de vivre les Olympiques de Tokyo 2020 qu’on n’a pas été capable de vivre à cause de la pandémie. Il y a un grand travail de production et d’acteur. Pour moi, ce film-là c’est vraiment un chef-d’œuvre de Pascal Plante.»

Les films d’ouverture et de clôture sont en compétition pour un ou l’autre des prix La Vague.

Moins de séances de projection

L’ensemble de la programmation du 34e FICFA sera dévoilé le 27 octobre sur la page Facebook de l’événement. Dominique Léger admet que planifier un festival en temps de pandémie n’est pas une tâche facile étant donné la fragilité de la situation. La responsable de la programmation annonce déjà que la sélection de films sera moins grande que par les années passées. Au lieu d’une trentaine de longs métrages, le programme comprendra une vingtaine de longs métrages. Certains cinéastes ont préféré attendre la réouverture des salles de cinéma pour sortir leurs films. Il n’y a pas eu de Festival de Cannes au printemps, mais le marché en ligne leur a tout de même permis d’avoir accès à une sélection de films.

«Ç’a été une année vraiment différente au niveau de l’offre de films. La programmation sera moins grande que les années précédentes. On a une diminution du nombre de séances.»

Dominique Léger estime que les cinéphiles auront droit à du grand cinéma même si l’événement est virtuel. Les laissez-passer pour le Festival seront disponibles en prévente (à un prix réduit) à compter de mercredi.