Justin Guitard et le plaisir de raconter

Quand on demande à Justin Guitard ce qui le motive à explorer autant de formes d’art, il répond qu’il aime raconter des histoires, et ce, peu importe le médium. Auteur, dramaturge, chanteur, cinéaste et enseignant, l’artiste est loin d’avoir une vie ordinaire comme en témoigne son plus récent récit Huit mois à Moncton.

Celui qui enseigne la création littéraire au secondaire et le français à l’université est aussi un passionné de plusieurs formes d’art. C’est un véritable touche-à-tout. Comme si l’écriture et l’enseignement n’étaient pas suffisants, il vient de fonder une nouvelle compagnie de théâtre et se prépare à enregistrer un premier album.

«C’est une force et un problème. En touchant à tout, ça fait en sorte qu’on n’est pas reconnu dans rien. J’ai toujours aimé faire beaucoup de choses. Je n’aime pas les temps morts. J’ai toujours cette énergie-là et aimé les projets. On a juste une vie à vivre, moi j’ai toujours vécu comme ça. Je vais faire tout ce que j’ai envie de faire. Je ne vais pas mourir triste de n’avoir rien accompli», a-t-il confié.

Le plaisir de raconter des histoires constitue le dénominateur commun de tous ses projets. Suite de Huit mois à Ottawa, son nouveau recueil d’anecdotes qui se déroule à Moncton s’adresse aux lecteurs adolescents et au grand public. Écrit dans un style simple, l’auteur raconte huit histoires courtes qui lui sont arrivées quand il était étudiant à l’Université de Moncton en 2007-2008. Ce sont toutes des histoires vraies même si parfois elles semblent rocambolesques.

«Je ne sais pas si c’est un talent ou si c’est une malchance. J’ai ce talent-là d’être à la mauvaise place au mauvais moment. Je le dis souvent s’il y a une tuile de l’école qui est pour tomber sur la tête de quelqu’un, c’est sûr que c’est sur ma tête que ça va tomber. En même temps, ça rend ma vie quand même divertissante. Je ne m’ennuie pas, comme il m’arrive souvent des choses qui sont hors de l’ordinaire.»

Ainsi défilent des anecdotes au sujet d’un conflit avec un professeur, de son frère cadet, d’une femme nue retrouvée sur le capot de sa voiture ou encore un rendez-vous manqué. Selon l’auteur, ce nouveau recueil de récits est tout de même assez relaxe comparativement aux histoires qui se sont produites à Ottawa.

«Moi j’aime raconter. C’est une des raisons pourquoi j’écris. J’ai fait du théâtre, du cinéma et j’ai fait toutes sortes de choses, ç’a toujours été dans le même but de raconter.»

Quand il a commencé à publier des livres il y a cinq ans, il s’était donné comme objectif de faire paraître dix ouvrages, pour la plupart des oeuvres de fiction. Pour l’année 2021, il délaissera un peu l’écriture pour se consacrer davantage à la production de son album de duos et à la création de la première pièce de sa compagnie le Théâtre du Tsar. Cette compagnie professionnelle qui deviendra en quelque sorte le théâtre maison du Centre des arts et de la culture de Dieppe mettra en valeur de jeunes talents de la région. La première de la comédie dramatique Les chanteuses se cachent pour mourir est prévue en juin.

«Il y a du théâtre en Acadie et du bon théâtre en Acadie. Il y a beaucoup de théâtre expérimental, mais du théâtre grand public, je ne trouve pas qu’il y en a énormément. Je voulais donner l’occasion à des jeunes talentueux qui n’ont pas nécessairement suivi le même parcours que les comédiens qu’on connaît. Un peu comme moi, j’ai choisi l’éducation comme métier principal, mais je me considère autant un artiste que les autres artistes même si ce n’est pas nécessairement mon gagne-pain principal», a-t-il expliqué.

Justin Guitard qui participera au prochain Salon du livre de Dieppe fait partie aussi des auteurs de la tournée scolaire virtuelle du salon qui se déroule en ce moment dans les écoles du District scolaire francophone sud. Son livre Huit mois à Moncton vient de paraître aux Éditions de la Francophonie.