Jessie Babin: des œuvres qui dépassent la réalité

Minutie et passion; deux mots qui décrivent bien l’artiste Jessie Babin qui propose des dessins qui se rapprochent de l’hyperréalisme.

Les amateurs d’art de la région de Campbellton et ceux de Dieppe, plus tard cet automne, pourront découvrir la nouvelle collection de dessins de Jessie Babin, une artiste originaire de Dalhousie établie maintenant à Moncton. Intitulée Murmur, cette exposition qui rassemble dix oeuvres est inspirée du décès récent de la mère de l’artiste. Celle-ci confie qu’elle a senti le souffle de sa présence derrière elle tel un murmure à certains moments pendant qu’elle travaillait dans son atelier. De là est venu le titre de l’exposition.

«C’était presque comme si elle me parlait ou qu’elle était là tout le temps dans le «background» quand je travaillais. C’est comme s’il y avait des petits murmures d’elle pendant que je travaillais», a confié en entrevue l’artiste.

La perte, les liens et la transparence figurent parmi les thèmes qu’elle a explorés dans cette série de dessins au graphite sur papier. Pour Jessie Babin, cette première exposition solo dans sa région natale est importante. Présentée d’abord à la galerie Art-Artiste chez Circolo jusqu’à environ la mi-novembre et ensuite à la galerie Art-Artiste à Dieppe, Murmur témoigne de son talent en dessin figuratif. Selon le propriétaire de la galerie Art-Artiste et collectionneur Daniel Chiasson, Jessie Babin a ce petit quelque chose de plus qui fait d’elle une grande artiste.

«La façon qu’elle nous présente les objets, on a parfois l’impression d’être dans une troisième dimension […] En regardant ses dessins, on sait que c’est un peu plus que quelqu’un qui fait un dessin. Elle est comme dans une classe à part. Quand on la voit travailler, on voit la passion et la dextérité qu’elle y met», a exprimé Daniel Chiasson qui suit son parcours depuis quelques années.

Il a exposé ses plus grands tableaux dans sa galerie et dans quelques événements, dont le Congrès mondial acadien, mais c’est la première fois qu’il présente une exposition solo de son travail. Ses œuvres reconnues un peu partout au pays ont été primées en plus de se retrouver dans certains magazines importants, a fait savoir le galeriste. Avant même que l’exposition se termine, il y a déjà des œuvres qui ont été vendues.

Ses œuvres sont tellement réalistes que parfois on a le sentiment qu’elles dépassent la réalité, mais on perçoit quand même le coup de crayon de l’artiste. Elle peut travailler des jours voire des semaines et même des mois à réaliser une œuvre. Chaque pouce carré est dessiné avec minutie. L’artiste qui adore la précision y voit même une sorte de thérapie et une façon de canaliser son énergie. Sans le dessin, elle serait peut-être tombée dans la folie, avance-t-elle.

Celle qui détient un baccalauréat en arts visuels (Nova Scotia College of Art and Design) se passionne pour le dessin depuis très longtemps. Elle vit de son art depuis maintenant sept ans.

Dans ses portraits, elle tente de mettre en lumière le corps humain dans des mises en scène permettant d’exprimer des idées et des histoires encore plus grandes, mentionne-t-elle. Le papillon revient souvent dans les œuvres de sa collection Murmur.

«J’ai essayé de trouver une façon de présenter ma mère sans littéralement dessiner ma mère. J’ai lu quelque part que les papillons ont une vie assez courte, mais ils ont une belle vie et c’est un bel insecte. Ma mère aimait beaucoup les papillons.»

Jessie Babin espère tenir un premier vernissage à Campbellton où elle est très attendue par les gens de cette région. Elle doit attendre évidemment le retour à la phase jaune du rétablissement. Par la suite, l’exposition sera présentée à Dieppe où il y aura un second vernissage.