Le 34e FICFA dévoile sa programmation

Rebaptisée exceptionnellement Édition linge mou, le 34e Festival international du cinéma francophone en Acadie, du 12 au 20 novembre, proposera une soixantaine d’œuvres de la francophonie internationale et canadienne, dont huit films acadiens. La musique, le sport, des enjeux politiques, sociaux et poétiques seront au cœur du rendez-vous des cinéphiles de l’automne.

Les responsables du FICFA ont dévoilé la programmation mardi. Une vingtaine de longs métrages dont huit documentaires, ainsi qu’une quarantaine de courts métrages figurent au menu. Documentaire, fiction et cinéma d’animation composent la programmation qui – compte tenu des circonstances exceptionnelles – offre un peu moins de séances de projection cette année. La responsable de la programmation, Dominique Léger, estime que même si la sélection comporte moins de films, elle est très riche. Les films abordent parfois des sujets difficiles, mais nécessaires et importants.

En plus du documentaire d’ouverture de Renée Blanchar, Le silence (précédé du court métrage Matin ecchymose d’Émilie Peltier), deux autres longs métrages acadiens seront aussi à l’affiche du FICFA.

«On a vraiment de très beaux films acadiens. Trois longs métrages ce n’est pas rien», a exprimé Dominique Léger.

Julien Cadieux présentera une nouvelle version plus cinématographique de son documentaire Une rivière métissée qui avait été diffusé sur Unis TV cet été. On retrouve aussi un documentaire expérimental de l’artiste visuel Rémi Belliveau, Jean Dularge, qui revisite l’histoire du rock en Acadie.

Le programme Focus Acadie propose quatre œuvres acadiennes, dont plusieurs films sur la thématique de la musique et du son tels que le documentaire Une façon d’être ensemble de Francine Hébert et Al-Ghoûla à la plage de Bianca Richard et Étienne Boivin, ainsi que le film d’animation La La La L’apocalypse de Jeep Jones. Deux autres courts métrages acadiens sont aussi en compétition: À mains nues de Dan Smeby, véritable ode à l’artisanat, et le film de danse Zénith Zénith de Jalianne Li et Marie-Luce Quéverdo.

Le thème du sport décliné sous différentes approches revient dans plusieurs œuvres de la sélection. Traversées de Florence Pelletier et Caroline Côté et Slalom de Charlène Favier (Festival de Cannes 2020) en sont de beaux exemples. Dominique Léger confie avoir été attirée non pas par la notion de sport, mais la force des personnages et des obstacles auxquels ils sont confrontés.

«Pour moi, c’était vraiment un reflet de ce qu’on est en train de vivre en ce moment dans le sens qu’on est tous en train de vivre un genre de marathon où on est fatigué et on a de la difficulté à vraiment voir le bout de ce tunnel-ci de la pandémie, mais je trouve que ces films-là nous rappellent qu’on est tous extrêmement résilients et on a tous vraiment la force de pouvoir se confronter à nous-mêmes et de ressortir fort de ceci.»

Des coups de cœur

Des films de la francophonie canadienne et d’autres pays tels que la France, la Belgique, la Pologne, le Maroc ou encore la Palestine et l’Albanie seront à l’honneur cette année. Parmi eux, le documentaire Je m’appelle humain de Kim O’bomsawin à propos du combat mené par Joséphine Bacon contre l’oubli et la disparition d’une langue, d’une culture et de ses traditions, et Errance sans retour de Mélanie Carrier et Olivier Higgins, tourné dans l’un des plus grands camps de réfugiés au monde où il y a plus de 700 000 personnes (la population du Nouveau-Brunswick).

Le documentaire Errance sans retour de Mélanie Carrier et Olivier Higgins sera présenté au FICFA. – Gracieuseté

«Je trouve que ce film est un coup de poing au niveau politique. C’est une expérience totalement déshumanisante pour ces gens-là. Mais ce film a réussi à aller chercher une immense humanité de cette communauté qui vit dans un camp de réfugiés et c’est extrêmement poétique au niveau de l’image et des paroles de ces gens. Pour moi, ç’a été un coup de cœur absolu.»

Autre coup de cœur de Dominique Léger, le film palestinien Gaza mon amour de Arab et Tarzan Nasser. À son avis, il s’agit d’un film touchant avec à la base un propos politique. Une œuvre idéale pour un festival. Les cinéphiles auront l’occasion aussi de voir des films qui mettent en vedette des actrices françaises émérites, dont Juliette Binoche dans la comédie La bonne épouse et Emmanuelle Devos dans son 57e long métrage Les parfums. Un entretien avec celle-ci fait d’ailleurs partie de la programmation.

La comédie La bonne épouse qui met en vedette Juliette Binoche sera présentée au FICFA. – Gracieuseté: Carole Bethuel/Les films du kiosque

Même si le festival ne reçoit aucun invité en personne cette année, une quinzaine d’entretiens virtuels avec des réalisateurs et des acteurs seront présentés entre les projections. Rappelons que le festival se déroule essentiellement de façon virtuelle. Le volet des arts médiatiques proposera un mélange d’événements en ligne et de quelques activités en présentiel. Le festival aura aussi un volet de formation professionnelle et des séances scolaires.

Le directeur général du FICFA, Marc Gauthier, convient que le festival a dû réellement se réinventer cette année. Ce qui vient avec son lot de complications.

«On se retrouve avec certains films qui ne sortent pas parce qu’ils sont retenus en attendant qu’ils sortent en salle en bonne et due forme», a-t-il fait savoir.

La situation actuelle est du jamais vu pour les organisateurs de festivals. Marc Gauthier souligne qu’il s’agit d’une année d’essai, mais déjà les préventes ont dépassé ses prévisions.

«Ce que nous offrons est une expérience de festival. Comme lors d’une édition normale, les films ont des cases horaires déterminées. Si vous arrivez en retard, vous manquez le début. Il s’agit donc bien d’un rendez-vous, auquel nous espérons que le plus grand nombre de personnes auront envie de répondre.»

Les séances régulières du festival seront présentées en ligne et les festivaliers peuvent participer à l’ensemble de la programmation grâce à une CinéPasse. Quarante-sept films sont en compétition dans différentes catégories pour les prix La Vague. Toute la programmation peut être consultée sur le site web du FICFA.