Sam Breton, le marathonien de l’humour

Sam Breton a fait son chemin dans le monde de l’humour à la dure. «Au pic pis à pelle», comme il s’amuse à dire. Avec un sens inné de la répartie, il jongle avec divers sujets parfois surprenants ou même délicats comme le suicide.

La FrancoFête en Acadie propose 28 extraits de spectacle en ligne d’ici à vendredi. Parmi eux, l’humoriste Sam Breton qui vient de remporter le Félix du spectacle de l’année en humour à l’ADISQ. Une récompense qui fait chaud au cœur à l’humoriste, originaire de Laurier-Station au Québec, surtout en ces temps de pandémie. Il s’ennuie profondément de la scène.

«C’est sûr que ça me fait mal. Chaque fois que je me dis que je pourrais être quelque part en train de faire de la scène, puis je ne peux pas y être, ça me fait un pincement au cœur. Particulièrement dans votre cas parce que je n’ai jamais joué mon propre matériel dans votre coin de pays que j’adore. Ça me fait comme un double pincement, mais je suis quand même un gars qui se vire de bord rapidement», a-t-il exprimé en entrevue, à la veille de sa vitrine virtuelle à la FrancoFête en Acadie.

Il présentera un extrait d’une captation d’un gala Juste pour rire offert à l’été 2019. Sam Breton tient à ne pas se répéter d’un événement à l’autre. Diplômé de l’École nationale de l’humour en 2013, il a dû gravir les échelons, une blague à la fois, contrairement à d’autres humoristes qui parfois arrivent sur le sommet de la vague rapidement. Son parcours ressemble davantage à une course de fond.

«J’ai tout fait, les bars, les corpos, les festivals de «marde», en bon français, où on n’a pas de loge ou qu’on joue à côté d’une vache. J’ai vraiment fait tous les types de contrats. Y en a pas eu que j’ai pas fait. Mon premier spectacle, je l’ai eu vraiment au pic pis à pelle», a raconté l’artiste qui ne regrette rien de son parcours.

Depuis deux ans, l’humoriste est de plus en plus en vue. Avec son premier spectacle intitulé d’ailleurs Au pic pis à pelle, créé en 2019, il s’est taillé une place importante dans l’univers de l’humour. Celui qui n’hésite pas utiliser sa physionomie pour faire rire aime tout de l’humour: jouer sur le rythme, les silences, habiter la scène et jongler avec tout ce que la vie lui offre. L’effet de surprise et le sens de la répartie sont, à son avis, les deux éléments majeurs à la base du rire.

«Je pense que plus la surprise est grande, plus le rire franc va être présent. On pense que je m’en vais à gauche et puis bang! je te sors un gag à droite…À la limite, j’aime quasiment laisser croire que je ne le sais peut-être pas moi-même où je m’en vais pour créer un petit suspens de plus pour arriver dans un gag.»

Des sujets tabous

Il y a certains sujets en humour qui sont plus difficiles à traiter, admet l’humoriste. Inspiré par le suicide d’un de ses meilleurs amis, Sam Breton a eu envie d’écrire un numéro sur ce sujet. Il avoue que la tâche a été laborieuse.

«Ç’a été le numéro le plus dur à écrire dans ma carrière. Normalement, une histoire je vais la roder deux, trois fois et rapidement, je vais savoir si je la garde. Après 15 ou 20 rodages de l’anecdote, elle est déjà pas mal placée. Le numéro du suicide, je pense que je l’ai fait 50 ou 60 fois de façon différente en rajoutant des trucs, en en enlevant, en changeant des mots. Je me sentais chaque fois comme un funambule.»

Quand il arrive à être drôle tout en suscitant une réflexion, il est satisfait.

«J’aime rire. J’aime pleurer. J’aime vivre des émotions dans un spectacle puis j’aime ça le soir ou le lendemain matin, en parler avec ma blonde. J’aime ça que les gens se questionnent après le spectacle. Je ne demande pas aux gens d’être toujours d’accord avec moi, mais juste que ça les fasse réfléchir.»

Si certains ont déjà critiqué ses gags plus faciles, l’humoriste qui s’assume à 100% rappelle qu’un spectacle est une chorégraphie complète dans laquelle il se permet parfois un peu de légèreté, mais aussi de la profondeur et de l’étonnement.

Sam Breton est également chroniqueur à la télévision. On peut le voir, entre autres, à l’émission Bonsoir Bonsoir sur Radio-Canada.

L’extrait de spectacle de Sam Breton est présenté mercredi à compter de 13h30 dans le cadre d’une série de quatre vitrines qui mettra aussi en vedette le groupe Baie, Dave Puhacz et In Extremis. Pour voir ces prestations virtuelles, les gens doivent se rendre sur la plateforme web de la FrancoFête et s’inscrire. Tous les spectacles sont gratuits et présentés à heure fixe. Le comédien Matthieu Girard réalisera des entrevues avec les artistes.