FrancoFête en Acadie: les diffuseurs préparent la relance

Si le monde des arts de la scène est perturbé et fonctionne encore au ralenti, il reste que les diffuseurs, les agents et les programmateurs de spectacle qui participent à la FrancoFête en Acadie songent déjà à la relance et à leurs saisons futures.

Chaque novembre, bon nombre de professionnels de l’industrie du spectacle de l’Atlantique, du Canada et de la planète se donnent rendez-vous à la FrancoFête afin de planifier leurs futures saisons artistiques. Cette année, la FrancoFête qui se déroule en mode virtuel accueille 55 agents de tournée, producteurs, diffuseurs et autres professionnels de l’Europe, des États-Unis et du Togo. Habitué de la FrancoFête, l’agent de spectacle Ulrich Shuwey, établi à Zurich en Suisse, est devenu en quelque sorte un ambassadeur de la musique acadienne dans son pays. Quand l’ambassadeur du Canada à Berne a besoin d’information sur des artistes acadiens, il le contacte. Celui qui travaille aujourd’hui pour l’agence Pas mal bien! est venu à Moncton la première fois en 2010. Il ne connaissait pas alors l’Acadie et y a fait de belles découvertes.

«Je crois que ça donnait un univers, une couleur et des sonorités totalement différentes que la scène francophone dans laquelle on a l’habitude de tourner quand on est en Europe. Je crois que le gros déclic c’est quand j’ai vu Pascal Lejeune à Genève. C’est le premier artiste acadien que j’ai vu avant de venir en Acadie. C’est ce son nord-américain, mais chanté en français, qui a fait mon battre mon cœur un peu plus vite», a exprimé l’agent qui est un amateur d’Americana.

Depuis dix ans, il programme régulièrement des artistes de l’Acadie, que ce soit les Hay Babies, Lisa LeBlanc, Les Païens, Caroline Savoie et bien d’autres. Cette année, il devait produire une tournée de Caroline Savoie, mais la pandémie en a décidé autrement. En 2021, d’autres tournées risquent d’être reportées, dont celle de Jacques Surette prévue pour le printemps. Mais dès que le monde des arts de la scène retrouvera sa vigueur, il envisage de reprendre le travail avec ferveur et d’accorder une belle place à l’Acadie. Il aimerait inviter des artistes comme Simon Daniel et Maggie Savoie. Il a aussi les yeux tournés vers Chloé Breault, Matt Boudreau, Menoncle Jason et le groupe Baie qui a d’ailleurs fait belle figure dans sa vitrine mercredi.

Les échanges et les conversations avec les artistes et les autres délégués lui manqueront cette année, mais il entend regarder attentivement les 28 extraits de spectacle qu’on lui propose.

«On pense déjà au futur. La FrancoFête va m’aider à voir les artistes que je suis…Bien sûr tout va prendre du retard. Je pense qu’il y a des choses qu’on va entreprendre différemment au niveau de comment faire pour que les tournées se passent mieux, qu’il y ait plus de rayonnement.»

De l’authenticité et de la simplicité

Ulrich Shuwey recherche avant tout l’authenticité chez les artistes, peu importe le style musical.

«Je recherche une belle qualité et une belle originalité musicale. Un mélange d’authenticité et d’originalité. Je n’ai pas envie de travailler avec le “mainstream” international.»

N’étant pas un grand amateur de concert sur vidéo ou à la télévision, il dit préférer que les prestations virtuelles soient présentées dans un cadre simple, sans trop d’effets visuels ou de jeux d’éclairage.

«Comme je suis là en découvreur, je préfère un cadre simple plutôt qu’un cadre où il y a beaucoup de lumière et d’effets. Je préfère que ce soit simple et que ça aille droit au but où je me sens plus proche, plus authentique. Je n’ai pas besoin d’effet ou de glamour autour.»

Pour Christian Gallant, directeur artistique de la Coopérative de développement culturel et patrimonial de Mont-Carmel à l’Île-du-Prince-Édouard, la FrancoFête lui permet de découvrir de nouveaux musiciens. Il recherche d’abord des artistes qui lui procurent des frissons. Même s’il y a un peu moins d’extraits de spectacle cette année, il s’attend à faire plusieurs découvertes.

Au lieu d’annuler l’ensemble de sa programmation, la coopérative a présenté une saison de spectacles en ligne qui a très bien fonctionné. Rendu à la fin du mois d’août, les prestations virtuelles avaient déjà attiré plus de 70 000 visionnements.

«Pour 2020-2021, c’est sûr que le souhait est de se revoir en salle, mais si jamais ce n’était pas le cas, c’est sûr qu’on va regarder à faire du virtuel», a affirmé le diffuseur.

De plus, les diffusions sur leur page Facebook leur permettent de récolter de l’information sur leur auditoire, ce qui est très intéressant pour l’industrie touristique et la promotion de l’île, estime-t-il.