L’Averti de Vanessa Léger, une histoire de réussite acadienne

La dynastie des Roussel que l’on suit dans la fresque historique L’Averti est devenue en quelque sorte la deuxième famille de la romancière Vanessa Léger qui travaille à l’écriture du dernier volet de sa trilogie.

«Je suis attachée à eux, je les vois, je les entends, je les imagine. D’ailleurs, je pense que ça pourrait vraiment faire une série télévisée. Presque tous les gens qui ont lu le tome 1 et le tome 2 m’en parlent dans le sens que les personnages sont tellement vivants», a confié Vanessa Léger.

L’auteure originaire de Tracadie, établie à Calgary depuis 2013, a commencé à imaginer cette grande saga familiale, il y a environ dix ans.

Dans le premier tome qui s’amorce en 1870, on assiste à la naissance d’une dynastie acadienne et d’une entreprise de presse familiale tandis que le second volet qui s’étend de 1939 à 1948 plonge dans la Seconde Guerre mondiale. L’Averti, le nom fictif qu’a donné l’auteure au journal, constitue la toile de fond du roman et contribue à alimenter l’intrigue.

Dans ses livres, elle aborde divers bouleversements sociaux, politiques et humains.

En réalité, le troisième volet devait être le début de cette saga, mais elle s’est tellement attachée à ses personnages qu’elle a choisi de remonter dans le temps, donnant ainsi naissance aux premier et deuxième tomes de la trilogie.

Paru en 2018, le premier volet de L’Averti s’est hissé au sommet des ventes de livres au Nouveau-Brunswick en plus d’être finaliste au Prix Antonine-Maillet-Acadie-Vie 2019. L’auteure a mené plusieurs recherches afin de construire une trame historique solide et que les personnages soient bien campés dans la réalité de l’époque.

«Le défi pour moi par rapport à ça c’était d’arriver à mettre en scène des personnages qui sont fictifs, mais dans des situations historiques réelles pour arriver à faire un tableau d’époque vraiment clair autour de la famille Roussel et de leur journal.»

L’émancipation des femmes, la place qu’elles occupent dans la société, le droit de vote, leur cheminement et leur lutte vers l’égalité sont à l’avant-plan. L’auteure a créé des personnages féminins forts. Ce sont des femmes qui veulent redéfinir leur place dans la société, devenir des citoyennes à part entière et se distancer des rôles traditionnels.

«Je m’inspire des femmes qui m’entourent, des femmes entrepreneures, avant-gardistes. Quand j’ai commencé à écrire L’Averti, comme moi je suis femme et Acadienne, ce sont deux aspects que je voulais représenter dans ma trilogie.»

L’âme d’une romancière

Dans le second volet La force du destin, la guerre fait rage et les tensions montent au sein de la famille Roussel. Les femmes occupent encore beaucoup de place. Marie-Ange Roussel et Évelyne Hogan se rendent au front en Europe sous le chapeau de la Croix Rouge canadienne, tandis que Maude Savoie et Joséphine, chacune à leur façon, dénoncent les injustices.

L’auteure traite aussi de racisme, d’antisémitisme, de conscription et de politiques gouvernementales à l’égard des réfugiés, ainsi que des défis de la presse en temps de guerre.

Dans ses livres, elle cherche à rendre hommage aux femmes canadiennes, ces héroïnes de l’ombre qui se démarquent par leur courage, leur action et leur engagement social.

Celle qui détient un baccalauréat en information-communication avec une mineure en littérature aurait pu se destiner à une carrière dans le domaine de l’information, mais elle confie qu’elle n’a pas la flamme du journalisme.

«J’ai beaucoup d’admiration pour les journalistes aujourd’hui, toute la polyvalence qui est attendue d’eux dans l’ère de l’instantané. Ça prend vraiment des nerfs solides. Je pense que j’ai plus l’âme d’une romancière que l’âme d’une journaliste.»

De longues descriptions détaillées et soignées permettent aux lecteurs de se plonger à fond dans cette saga volumineuse. Pour l’auteure qui s’estime visuelle, les descriptions des lieux et des personnages sont très importantes. Tandis que le premier tome est plus narratif, les deux suivants sont plus dans l’action.

La fierté acadienne a nourri la romancière. En entreprenant son projet d’écriture, elle tenait à ce que le récit de la famille Roussel soit une histoire de réussite acadienne et que le cheminement des personnages féminins devienne un symbole de la résilience et de l’affirmation non seulement du peuple acadien, mais des femmes dans leur lutte pour l’égalité.

Dans le troisième tome dont l’histoire s’étendra probablement jusqu’au milieu des années 1960, des défis attendent la dynastie des Roussel. Qui prendra la tête de l’empire Roussel, un homme ou une femme? Le troisième tome devrait paraître vers la fin de 2021 ou 2022. Cette trilogie est publiée par les Éditions La Grande Marée. Vanessa Léger, auteure invitée au Salon du livre de Dieppe, participe à une table ronde virtuelle sur la place des femmes samedi à 14h.