Ta planète natale, une fenêtre sur la jeunesse franco-ontarienne

Pour son premier long métrage de fiction, Ta planète natale, le cinéaste franco-ontarien Sébastien Higgins a eu envie d’authenticité et d’explorer une histoire de jeunesse qui s’inscrit dans la réalité francophone en Ontario.

Le cinéaste qui partage sa vie entre Ottawa et Montréal présente pour la première fois un film au Festival du cinéma francophone en Acadie (FICFA).

«Ça va être une grande première pour nous et en fait, c’est spécial parce que j’ai des racines acadiennes. Du côté de ma mère, ce sont des LeBlanc, donc c’est spécial pour moi de présenter mon film au festival», a déclaré en entrevue le réalisateur.

Après avoir réalisé des courts métrages, un documentaire et des vidéoclips, Sébastien Higgins signe son premier long métrage de fiction. Il en rêvait depuis longtemps, soulignant que la fiction francophone en Ontario est plutôt absente du grand écran.

L’action se déroule dans une petite ville de l’Ontario francophone. Le cinéaste a replongé dans sa jeunesse à l’école secondaire pour imaginer ce film qui raconte l’histoire toute simple de la rencontre de deux adolescents, Nathan et Maripier. Cette rencontre changera leur vie.

Le coeur brisé, Maripier, une ancienne hockeyeuse blessée à la suite d’un accident de voiture, part un peu à la dérive. Elle s’occupe de son frère Stéphane aux prises avec des troubles émotionnels. Nathan, un adolescent timide à la nature plutôt romantique et poète, aspire à devenir écrivain. Cadet d’une famille monoparentale, Nathan est très différent de son père et de son frère. Il se sent parfois comme un extraterrestre.

«C’est en partie inspiré de moi-même et de mes expériences et puis le personnage de Maripier est aussi inspiré de quelques personnes que j’ai connues. C’est un mélange de mes expériences personnelles et de mes amis.»

Le réalisateur a voulu aussi inverser la dynamique des films romantiques. Dans ce genre de cinéma, ce sont souvent les personnages féminins qui ont des idées romantiques. Cette fois, c’est le personnage masculin qui s’avère sensible et fleur bleue.

Le cinéaste juge qu’il y avait aussi un beau parallèle à tisser entre cette histoire de maturation et d’affirmation de soi et le réveil de l’identité franco-ontarienne. Le film a été tourné à Hawkesbury, une petite ville dans l’Est ontarien, à mi-chemin entre Ottawa et Montréal. Il y a aussi quelques scènes filmées à Ottawa.

«Pour moi, c’était important d’illustrer quelque chose de véridique, d’authentique. Je ne voulais pas nécessairement faire un film qui parlait directement de l’identité franco-ontarienne, mais plus indirectement parce que je voulais vraiment donner au public franco-ontarien la chance de voir un film comme les autres qui parlent d’une réalité quotidienne, mais qui le fait avec leur code linguistique et culturel à eux», a-t-il expliqué.

Production indépendante

Réalisé avec un petit budget de 90 000 $ par le biais du sociofinancement et d’une bourse de création du Conseil des arts du Canada, ce film dont la signature visuelle se rapproche un peu du docu-réalité repose sur l’authenticité des personnages et des lieux.

Samuel Claude et Célia Fournier-Cantin qui incarnent les personnages principaux en sont à leur premier rôle dans un long métrage.

«Disons que ç’a été une expérience d’apprentissage collectif pour nous tous.»

Ils ont disposé de 11 jours de tournage et de deux journées supplémentaires pour filmer l’épilogue. Une aventure cinématographique qui a donné envie au réalisateur de développer de nouveaux projets de film. Tout comme en Acadie, les défis du monde du cinéma sont nombreux. Bien qu’il y ait un nombre croissant de projets télévisuels francophones en Ontario, le long métrage de fiction se fait encore assez rare dans la province, note Sébastien Higgins.

«J’ai été inspiré par Jocelyn Forgues qui est le président du FRIC (Front des réalisateurs indépendants du Canada) qui a fait un long métrage franco-ontarien, il y a deux ans maintenant, Noël en boite. Pour moi, c’a été inspirant de voir que c’était possible de faire un long métrage franco-ontarien. Ça aide toujours d’avoir un exemple à suivre.»

Ta planète natale est présentée de façon virtuelle au FICFA ce samedi à 16h. La projection sera suivie d’un entretien avec le réalisateur.