Il faut donner plus d’amour au Gala de la chanson de Caraquet

Tanya Brideau veut redonner tout l’amour et le prestige que mérite le Gala de la chanson de Caraquet. Une mission à la fois difficile et enivrante pour la jeune directrice générale.

En poste depuis seulement un mois, l’artiste multidisciplinaire originaire de Tracadie âgée de 30 ans et ancienne lauréate du concours en 2008 se familiarise avec tout le côté administratif de l’événement.

«C’est costaud!», admet-elle avec le sourire celle qui a pris part au Gala à trois reprises et qui a touché à toutes les facettes de cette scène de la relève de la chanson francophone en Acadie.

C’est la première fois que le Gala a une direction générale. Ça survient à un moment pivot, alors que ce rendez-vous musical était en perte de vitesse depuis quelques années. Ça s’est d’ailleurs reflété sur les finances, puisqu’il a terminé avec le premier déficit de son histoire, à près de 18 000$ en 2019. C’est 10% du budget total, ce qui est assez considérable.

Malgré un succès populaire avec une hausse de 30% de l’assistance à la finale, la demi-finale et le Petit Gala ont attiré moins qu’espéré.

Les subventions publiques ont été réduites à 131 000$ (- 25 000$ par rapport à 2018), tout comme les commandites qui ont chuté de près de 40% (de 34 500$ à 19 500$).

Et l’embauche de Tanya Brideau s’inscrit dans une nouvelle mouvance: ramener la mission, qui est de développer, de découvrir et de promouvoir la relève acadienne et francophone de la chanson.

La DG le concède sans détour: l’événement a perdu de sa superbe dans les dernières années. À son point de vue, ce n’était pas une question de gestion, mais ça allait plutôt dans l’évolution des choses, à savoir que les concours sont moins prisés par les artistes.

«Ce n’est pas que le Gala s’est écarté de cette mission, mais c’est un gros événement dans un plus gros événement, qui est le Festival acadien de Caraquet. Dans ce sens, le Gala n’a pas reçu assez d’amour. Il faut lui donner plus d’amour», évalue celle qui a notamment tenu le rôle de Jeanne Lanteigne dans la mégaproduction Louis Mailloux en 2010 et en 2011.

D’où sa réflexion de changer un peu la formule. Mais pas totalement. Par exemple, l’idée de le déplacer pendant la semaine de relâche scolaire, en mars, a rapidement été mise de côté pour des raisons logistiques.

Elle voit davantage un retour à la fin juillet au Carrefour de la Mer, en tant que locomotive au Festival acadien, comme c’était avant. Cependant, elle devra tenir compte de la situation de la COVID-19. Actuellement, les restrictions limitent le nombre de spectateurs présents. Est-ce que ce sera encore le cas dans trois mois ou dans six mois?

Nonobstant tous ces détails, l’arrivée de Tanya Brideau à la tête du Gala de la chanson de Caraquet se veut un vent de fraîcheur.

«Je ne veux pas m’arrêter à ce qui s’est passé auparavant. On a déjà pris une bonne direction avec le 51e Gala et on veut continuer pour le prochain. J’ai toujours adoré le Gala et j’aime quand les gens m’abordent à ce sujet. Si vous me voyez dans un café, venez me parler!», lance-t-elle.