Le village réinventé de Cédric Vieno

Pour son 4e album, l’auteur-compositeur-interprète Cédric Vieno s’est inspiré de son nouveau village d’adoption, Maltempèque – rebaptisé Maltempête -, qu’il propose de réinventer à travers une lunette un peu surréelle.

«J’ai toujours trouvé beau et assez poétique le fait que les gens de Maltempèque ne disent pas Maltempèque, mais Maltempête. Je trouvais ça joli puis ça me donnait l’occasion d’inventer un village, de faire des personnages qui sont plus grands que nature», raconte en entrevue Cédric Vieno.

Il y a deux ans, celui qui partage sa vie entre Montréal et le Nouveau-Brunswick a acheté une terre dans cette petite localité de la Péninsule acadienne sur le bord de la rivière pour s’y établir éventuellement. En attendant la fin de la construction de la maison prévue pour 2021, il a passé l’été et l’automne sur sa terre dans une yourte avec sa compagne de vie. Son album témoigne de ce retour à la ruralité.

«Quand j’écris des chansons, ça part de choses que je suis en train de vivre, que je vois. Des phénomènes sociaux, des épreuves personnelles comme un deuil, ou peu importe. Ensuite, j’essaie d’incorporer ces émotions-là à des personnages qui sont un petit peu plus grands que nature juste pour augmenter la patente. Je pense que j’ai une certaine peur d’être plate dans la vie, donc j’essaie de dessiner à plus gros trait.»

Ce 4e album s’inscrit dans la continuité d’Autopsie d’un peureux, paru en 2017, dans la diversité des genres musicaux aux univers contrastés. Folk, rock planant, électrique, alternatif, ballades nostalgiques sur une voix aérienne composent ce nouvel opus plutôt inclassable. Cédric Vieno confie que la création musicale se passe de façon naturelle. Il s’inspire de ses propres influences musicales allant du folk américain de Tom Waits à la chanson française de Jacques Brel en passant par le rock et le grunge. Maltempête comprend huit chansons originales et un poème de Jonathan Roy, Chemin Lavigne, interprété par le poète et mis en musique par Cédric Vieno.

Si parfois, il jette un regard critique sur des enjeux sociaux, il le fait de façon poétique et intemporelle. Cette fois, il a orienté sa démarche autour de la création de personnages un peu surréels tels que Fifille, le bûcheron insomniaque et la robuste drag queen du village.

Autoproduit, Maltempête est né aussi de la collaboration entre Cédric Vieno et son ami et réalisateur Gregory Fitzgerald. En raison de la pandémie et du confinement, la production de ce disque a nécessité beaucoup de créativité, note l’artiste. Huit musiciens ont collaboré à l’album, dont Léandre Bourgeois des Hôtesses d’Hilaire.

«Nous y avons mis beaucoup de temps. En fait, ç’a même été thérapeutique durant le confinement d’avoir un projet sur lequel se concentrer. C’est pour ça qu’on a mis énormément d’heures dans cet album parce que c’était aussi une soupape pour éliminer cette espèce d’anxiété de la pandémie.»

L’auteur-compositeur-interprète adopte une approche complètement numérique pour la promotion de son album qui sort ce vendredi. Le projet comprend une composante visuelle importante. Chaque semaine, il fait paraître une nouvelle vidéo d’animation de chacune des chansons du disque. L’album est aussi en écoute intégrale sur le site web de Radio-Canada Musique à compter de vendredi. Parmi les incontournables, les pièces Boucane, Chemin Lavigne et Mine d’or.