La vidéopoésie du duo LeBlanc-Dugas

Pour la première fois, les trois projets de vidéopoésie de Daniel H. Dugas et Valérie LeBlanc, réalisés dans le sud de la Floride, sont rassemblés dans une exposition. Présentée à la Galerie Louise-et-Reuben-Cohen, la trilogie Habitat explore de façon visuelle, sonore et poétique le lien entre l’humain et son environnement.

«Les créations présentées dans Habitat ne sont pas des films, encore moins du cinéma, mais de la vidéopoésie. Une pratique hybride, un genre en soi, qui efface la frontière entre la vidéo et la poésie. Il n’y a pas de trait d’union entre les deux, mais une fusion, une même expérience esthétique», précise le commissaire Jonathan Lamy.

Si certains éléments de cette trilogie floridienne, dont Everglades, ont été montrés abondamment à travers le monde, c’est la première fois que le projet est présenté à Moncton. Une exposition qui fait plaisir aux deux artistes globe-trotteurs.

«C’est vraiment intéressant pour nous, premièrement d’avoir les trois projets qui se parlent un à l’autre. La galerie est assez grande pour ça», a exprimé Valérie LeBlanc en entrevue lors du vernissage de l’exposition dans le cadre du 34e Festival international du cinéma francophone en Acadie.

On retrouve donc dans cette exposition, les projets Everglades, Oasis et Around Osprey, créés au cours des dernières années dans le cadre de résidences d’artistes dans des réserves écologiques.

Le couple nous présente un autre visage de la Floride en explorant des territoires assez exceptionnels.

L’exposition qui occupe les trois salles de la galerie, représentant ainsi les trois territoires visités, regroupe des vidéopoèmes, des parcours sonores poétiques assortis de photographies haute définition sur plaque de métal.

«Physiquement les trois régions, les Everglades, Deering Estate qui est dans la ville de Miami ainsi qu’Osprey dans le golfe du Mexique sont des régions limitrophes et de les voir dans un endroit comme la galerie ça reflète un peu l’espace géographique», a indiqué Daniel H. Dugas.

Munis de leur caméra et de leur enregistreuse, les deux artistes partent à la découverte de lieux pour tenter d’en comprendre l’essence. Tout a commencé par le Parc national des Everglades où ils ont fait leur première résidence artistique.

«Ça nous a parlé tout de suite, le climat, l’intensité des choses et finalement, le premier projet a entraîné le deuxième et le troisième. On a vu beaucoup de similarités entre là-bas et ici parce que ce sont deux écosystèmes totalement différents, mais on partage plein d’affaires, comme le Gulf Stream (courant du golfe), on partage les corridors de migration d’oiseaux. Ce sont des marais près d’une eau salée comme là-bas avec beaucoup de moustiques, des insectes et les papillons», a-t-il poursuivi.

Le duo s’intéresse, entre autres, à l’empreinte et aux traces que laisse l’être humain dans un lieu. La découverte et l’apprentissage constituent de grandes sources d’inspiration pour ces deux artistes. La poésie et la vidéo les amènent à réfléchir sur les lieux qu’il découvre.

«À un moment donné, les Romains croyaient qu’il y avait un esprit dans chaque lieu et on est un peu de cette optique-là. On croit que dans chaque lieu, il y a un esprit et c’est la découverte de quel esprit est dans chaque lieu. C’est un peu ce qui nous motive.»

Que ce soit une ancienne base militaire des années 1960 dans le parc des Everglades, les marées rouges des territoires protégés de la Conservation Foundation of the Gulf Coast à Osprey ou encore le legs du Deering Estate à Miami, ces histoires ont marqué le duo. Ils en font ensuite des œuvres qui invitent à la contemplation, à la réflexion tout en posant un regard critique sur l’impact de l’activité humaine.

L’exposition est présentée jusqu’au 20 décembre et les visiteurs sont invités à apporter leur téléphone intelligent et leurs écouteurs pour écouter les poèmes sonores.