Le peintre Michel Duguay fait chevalier du Mondial Art Academy

On voit souvent un personnage sans visage, sans nom, portant un chapeau haut de forme dans les œuvres de l’artiste peintre Michel Duguay. Ce narrateur discret évoque, parfois avec humour, d’autres fois en dénonciation, des scènes acadiennes qui sortent du pinceau de celui qui le tient habilement depuis plus de 20 ans.

Ce personnage est en quelque sorte la carte de visite de cet auteur autodidacte âgé de 56 ans et jeune retraité de l’enseignement.

Un personnage sans visage, sans nom et discret qui vient néanmoins d’accorder à son père le titre de Chevalier du groupe international Mondial Art Academia, présent dans 27 pays.

Ne vous en faites pas, les peintures de Michel Duguay ne passeront pas de 1000$ à 5000$ du jour au lendemain grâce à cette reconnaissance. Mais comme on dit, ça entre bien dans un curriculum vitae, en plus d’ouvrir une immense vitrine planétaire pour cet artiste.

«Ça ouvre des portes, c’est certain, a-t-il reconnu. C’est un gros tremplin aussi. C’est comme entrer dans les ligues majeures. C’est une autre marche qui vient couronner des années de travail dans le marché de l’art.»

Devenir Chevalier du Mondial Art Academia nécessite un processus rigoureux de sélection. Cela a commencé par la recommandation de Clarence Bourgoin, de la région de Saint-Léonard, lui-même ambassadeur de cette organisation.

Duguay devait ensuite envoyer une quinzaine de ses toiles à un jury formé d’un représentant de chacun des 27 pays membres. Ils ont évalué son travail selon divers critères avant d’accorder le titre au peintre originaire de Le Goulet, mais demeurant à Caraquet depuis plusieurs années.

«Honnêtement, je ne m’y attendais pas vraiment. Clarence m’avait approché avec ça à l’automne. C’est agréable d’être reconnu par des gens de métier. C’est une belle petite tape d’encouragement sur l’épaule. Je peins pour m’amuser. Mon personnage à chapeau est ma façon d’exprimer certaines situations. Il n’a pas d’identité, mais il a un travail à faire dans mes peintures. Il a fait du chemin et il pique la curiosité. Et il n’a pas fini de parler», assure celui qui rejoint à cet égard un autre artiste de la Péninsule acadienne dans ce groupe sélect, soit Raynald Basque, de Tracadie.

Ce titre n’ajoutera pas de pression additionnelle à Michel Duguay. Il peint selon son instinct, selon son inspiration. Ce qui lui prenait jusqu’à deux semaines au début lui prend peut-être maintenant une journée, des fois moins. Les sujets sont intarissables dans la tête de l’artiste qui aiment bien mettre en images des expressions, des dictons ou des réflexions populaires de l’Acadie.

Chose certaine, ses tableaux trouvent rapidement preneurs. Juste pendant les Fêtes, il en a vendu une bonne dizaine, dit-il. Est-ce relié à ce nouveau titre? Il ne le sait pas, mais ça se prend bien.

«Les gens aiment ce que je fais et c’est ce qui est le plus valorisant», arbore le peintre.