Flo Durelle: de Baie-Sainte-Anne à Singapour

Depuis au moins 40 ans, Flo Durelle promène sa musique à travers le monde. La chanteuse originaire de Baie-Sainte-Anne qui a été admise au temple de la renommée country du Nouveau-Brunswick rayonne même jusqu’à Singapour.

Le jour, Marie-France Durelle travaille comme secrétaire administrative du juge en chef de la Cour du banc de la reine à Moncton, tandis que le soir et les fins de semaine, elle est mieux connue sous le nom de Flo Durelle; une chanteuse country dont la feuille de route est plutôt bien garnie. Elle estime que ces deux carrières lui offrent un bel équilibre dans sa vie.

Jusqu’à tout récemment, ses collègues de travail ne savaient à peu près rien de sa carrière musicale. C’est qu’elle préfère demeurer discrète, mais avec l’annonce de son intronisation au temple de la renommée country en 2020, les choses ont changé.

«Ça fait chaud au cœur d’être parmi un si beau groupe distingué. Ça aussi c’est au-delà de mes attentes. C’est pas de quelque chose que je visais, mais c’est une belle accolade», a déclaré la chanteuse établie à Dieppe.

Reconnue comme étant la reine du bénévolat, Flo Durelle n’hésite pas à aller chanter pour des groupes qui ne peuvent pas se permettre d’assister à ses spectacles. Avant la pandémie, elle s’assurait de réserver du temps pour offrir des concerts dans les foyers de soins.

«Ils ne peuvent jamais venir à mes spectacles, donc je leur apporte. Même quand je vais chanter pour eux, je m’habille comme je m’habillerais pour un gros festival: chapeau de cow-boy et l’habit western.»

Elle a appris récemment par son distributeur qu’une de ses chansons, Camelita, suscite beaucoup d’attention à Singapour. Cette pièce a été téléchargée plus de 34 000 fois par des amateurs de danse en ligne de cet état de l’Asie du Sud-est.

«C’est merveilleux parce qu’on ne pense jamais dans le temps qu’on compose cette petite chanson dans sa chambre à Dieppe, que ça va se rendre loin de même.»

Une longue tradition musicale

Cadette d’une famille passionnée de musique, Marie-France Durelle a commencé à chanter à l’âge de 5 ans. À 14 ans, elle faisait déjà partie d’un groupe et à 19 ans, elle a enregistré un disque à Nashville. Le country traditionnel a toujours été sa plus grande influence. L’artiste au style authentique n’en déroge pas. Celle qui chante en anglais et en français aime raconter des histoires du quotidien.

«Ça peut être un mot clé qu’une personne m’a dit ou quelque chose qui arrive dans la vie pas seulement à moi, mais à quelqu’un d’autre. Mon inspiration vient toujours de la vie quotidienne, des gens ordinaires ou de ceux qui ont de la misère.»

L’artiste qui a vécu les nombreux changements ayant secoué l’industrie musicale transporte dans sa valise une foule d’histoires. Jusqu’à la fin des années 1980, la musique a été son principal gagne-pain. Elle raconte qu’à cette époque, il y avait peu de places pour la chanson country francophone. C’est pour cette raison qu’elle s’est tournée vers la langue de Johnny Cash.

«Dans les années 1980, ça n’existait pas encore. Depuis les dernières années, je trouve qu’on peut s’exprimer en français. C’est une des raisons pour laquelle les chansons sur mes disques sont plutôt anglophones parce que j’ai encore des fans qui se souviennent de moi et ma musique joue beaucoup en Ontario. Même en France, lorsqu’ils prennent ma musique, il joue ma musique anglophone plus que ma musique francophone.»

Dans les années 1990, voyant que les cabarets se retiraient de plus en plus du spectacle vivant, elle est retournée aux études afin d’entreprendre une carrière dans le domaine juridique tout en poursuivant ses activités musicales.

Le succès de ses deux albums solos dépasse largement ses attentes. Son plus récent disque sorti en 2019. Listen to your heart, comprend un mélange de chansons originales en français et en anglais, composées en collaboration avec différents auteurs de la région, ainsi que quelques reprises. Composée avec sa grande amie Linda Arseneault, Mon accent de la mer s’est hissée au sommet du palmarès de l’ARCANB pendant six semaines. En 2020, elle a été invitée à se produire sur le plateau de l’émission Tout simplement country où elle a interprété cette pièce avec Guylaine Tanguay.

Sur son disque, on retrouve aussi deux reprises, dont une réinterprétation country de la chanson The Boxer du duo Simon and Garfunkel. Ayant de la parenté avec le boxeur Yvon Durelle, on lui avait demandé de chanter cette chanson lors de ses funérailles. C’est une pièce qui lui tient à cœur et c’est pour cette raison qu’elle a eu envie de l’immortaliser sur disque.