Le 10e Festival à Haute Voix prend son envol

Le 10e Festival à Haute Voix, qui se déroule du 14 janvier au 5 février au théâtre l’Escaouette et en ligne, propose des lectures publiques de huit textes dramatiques dans une variété de formes d’écriture. La famille, le couple, la religion, la sexualité, le vieillissement, le deuil et l’insécurité linguistique figurent parmi les thèmes qui sont abordés dans ces œuvres inédites signées par une majorité de femmes.

L’auteur et metteur en scène Marcel-Romain Thériault salue la nouvelle génération de dramaturges. Pendant longtemps, l’Acadie comptait peu d’auteurs de théâtre. En regardant la programmation du Festival à Haute Voix, on constate que cette époque est bel et bien révolue.

«Je pense qu’on est en train de quitter l’adolescence du théâtre», a déclaré en entrevue le metteur en scène qui enseigne aussi l’histoire du théâtre.

Celui qui a participé plusieurs fois au Festival à Haute Voix, soit comme auteur ou metteur en lecture, est ravi de cette effervescence et de voir que les auteurs explorent de nouvelles formes d’écriture.

«Je n’ai pas lu tous les textes du festival, mais je dirais que je suis très curieux d’entendre tous les nouveaux textes. Il y a des autrices très aguerries comme Mélanie Léger et des nouveaux. Je pense que ces nouveaux se disent qu’ils ont une occasion», a poursuivi celui qui dirige la mise en lecture de la pièce Le cadeau d’Edmonde Gionet.

Pierre angulaire d’une série d’activités en dramaturgie du théâtre l’Escaouette, le Festival à Haute Voix propose des lectures publiques de textes qui n’ont pas encore été portés à la scène. Le tout se fait sans décor ni accessoire, devant des lutrins, par des comédiens et des metteurs en scène d’expérience. L’objectif est d’aller à l’essentiel et de mettre en lumière le texte de l’auteur de façon efficace et claire. L’équipe dispose de tout au plus 12 heures de répétition. Marcel-Romain Thériault compare l’exercice, à certains égards, à de l’improvisation dans le sens que les comédiens sont toujours un peu sur le qui-vive. Il confie qu’il adore cet exercice qui devient en quelque sorte la première mise en trois dimensions d’une pièce, constituant ainsi une étape importante dans le développement d’une œuvre en vue de sa production sur scène.

«Même si on est dans une lecture, il y a quand même un jeu des corps. On occupe quand même un espace, il y a une voix, une respiration. C’est de l’expérience en barre pour un auteur.»

Depuis sa création en 2001, le Festival à Haute Voix, qui se tient tous les deux ans, a présenté 68 textes inédits en lecture publique. Trente-quatre pour cent des œuvres ont été produites ou retenues par des compagnies du Canada français, a fait savoir la directrice artistique du festival, Marcia Babineau. Dix textes ont été publiés dont un qui a reçu le Prix du gouverneur général. Le théâtre acadien circule de plus en plus au pays, note la directrice artistique. Cette année, le festival compte une nouvelle œuvre de Caroline Belisle, Les remugles ou la danse nuptiale est une langue morte, qui a remporté le Prix Gratien-Gélinas.

Marcia Babineau considère que les projets sélectionnés, cette année, sont bien ficelés et certains d’entre eux pourraient se retrouver en production.

«Au niveau des formes et des thèmes, c’est très différent. Il y a vraiment une panoplie de thématiques», a-t-elle mentionné. D’ici au 5 février, le public pourra voir des œuvres de neuf auteurs, dont Joannie Thomas, Xavier Lord-Giroux, Edmonde Gionet, Mélanie Léger, Johanne Parent, Gabriel Robichaud et Bianca Richard. La pièce Annie et Tom du lundi au vendredi de Amber O’Reilly donnera le coup d’envoi au festival jeudi soir. Cette pièce teintée d’humour pour cinq comédiens de l’auteure de Winnipeg porte sur l’équilibre fragile d’un couple.

Afin de respecter les consignes sanitaires et de désinfecter la salle entre chaque représentation, la direction de l’Escaouette a choisi d’étendre le festival sur un mois au lieu d’une fin de semaine. Les lectures publiques sont présentées les jeudi et vendredi devant un public très restreint au théâtre l’Escaouette. Par la suite, elles seront mises en ligne le lundi suivant pour y demeurer jusqu’au 28 février. Chaque représentation est suivie d’un entretien avec le dramaturge et un conseiller du Centre des auteurs dramatiques.

Changements à la programmation d’hiver

Le Festival à Haute Voix donne le coup d’envoi à la nouvelle saison du théâtre l’Escaouette qui a dû adapter sa programmation au contexte de la pandémie. Quatre projets de diffusion étaient prévus à la saison d’hiver. Toutefois, les deux productions théâtrales québécoises que la compagnie de Moncton devait recevoir ont été annulées. La compagnie maintient sa nouvelle création Crow Bar de Gabriel Robichaud qui sera présentée en avril. De plus, la direction songe à la possibilité de présenter une autre production locale, mais rien n’est encore confirmé.