Le Cadeau: connaît-on vraiment ses proches?

Edmonde Haché livre son premier texte de théâtre qui explore, entre autres, la relation entre les grands-parents et les petits-enfants, un sujet peu abordé par la dramaturgie acadienne à ce jour.

Le Cadeau raconte l’histoire de Manuel qui se rend dans une animalerie afin d’acheter un cadeau pour sa grand-mère, espérant ainsi qu’elle se sentira moins seule. C’est que sa grand-mère vient de perdre son mari. Dans cette animalerie qui est au centre de l’action, on fait la rencontre de plusieurs personnages qui, tour à tour, parlent de la famille à leur façon. L’auteure explique que le thème de la famille est très présent dans son œuvre.

«Dans cette animalerie, il y a le vendeur aussi qui finit par parler de son frère, il y a la grand-mère, un autre client qui vient pour son grand-père et Lili qui parle de son petit frère. Il y a toujours quelque chose de la famille à travers ça. On parle aussi du deuil parce qu’elle a perdu son mari. Parfois, il y a des gens en deuil qui prennent des décisions qui changent radicalement le cours de leur vie», a expliqué en entrevue Edmonde Haché.

Trouver le bon cadeau pour un proche peut se révéler un véritable casse-tête, note l’auteure. On pense bien connaître nos proches, mais ce n’est pas toujours le cas.

«Manuel se rend compte qu’il ne la connaît pas tant que ça, sa grand-mère. Son désir d’acheter un animal de compagnie, est-ce une bonne idée dans le fond? On se rend compte aussi par les différents personnages que même si les gens sont très proches de nous, on ne les connaît pas tout le temps comme il faut.»

Edmonde Haché, qui œuvre dans le milieu culturel depuis de nombreuses années, a travaillé plus récemment dans le domaine du théâtre comme directrice de production de la pièce Winslow et assistante à la mise en scène de Tsunami. Celle qui a toujours été intéressée par l’écriture a osé l’expérience lors d’un atelier d’écriture dramaturgique avec Louis-Dominique Lavigne en 2018. La pièce Le Cadeau est née lors de ces ateliers. Le récit a pris forme à partir du lieu de l’animalerie.

En effectuant des recherches pour l’écriture de la pièce, elle a constaté qu’il y avait peu d’œuvres qui traitent des grands-parents, plus particulièrement des grands-mères.

«Je n’avais pas trouvé grand-chose et pourtant les petits-enfants et les grands-parents ont un lien très spécial. Les enfants envers leurs parents et envers leurs grands-parents, ce n’est pas le même genre de relation. Les grands-parents traitent souvent leurs petits-enfants différemment qu’ils l’ont été avec leurs propres enfants.»

Un humour décalé

L’auteure souligne que les répliques des personnages et leur façon de s’exprimer donnent une touche d’humour à la pièce, tout en restant dans le réalisme. Marcel-Romain Thériault qui signe la mise en lecture du texte au Festival à Haute Voix est littéralement tombé en amour avec cette comédie dramatique.

«Quel univers!», s’est-il exclamé. «C’est le côté un peu décalé que j’ai beaucoup aimé. Les personnages sont juste sur le bord d’être gros. Ils ont une intériorité et ils ont chacun leur moment où ils révèlent qui ils sont. Il y a quelque chose d’Ionesco dans le texte. C’est profondément humain et il y a ce côté toujours un peu décalé, à la limite de l’absurde, mais c’est terriblement vrai», a affirmé l’homme de théâtre qui a vu dans cette œuvre un beau défi à relever pour la mise en lecture.

Il qualifie son équipe d’acteurs «de formule 1». La lecture publique mettra en vedette les comédiens David Losier, Tommy Des Rosiers, Lou Poirier, Diane Ricard et Alex Marcoux. C’est présenté en salle (théâtre l’Escaouette) ce vendredi 15 janvier et en ligne du 19 janvier au 28 février.