Vague de fermetures et de reports dans le milieu du spectacle

Le bal des annulations, des reports et des changements reprend de plus belle dans les salles de spectacle et les centres culturels dans le sud et le nord-ouest de la province avec le passage en phase rouge du confinement. Des diffuseurs envisagent une reprise lente des arts de la scène.

La plupart des lieux de diffusion culturels dans les régions affectées sont soit fermés au public ou ont ralenti considérablement leurs activités pour se tourner davantage vers le virtuel. Les spectacles prévus en janvier et au début février sont donc reportés, annulés ou en suspens. Au théâtre du Monument-Lefebvre à Memramcook, les Rendez-vous d’hiver prévus en février risquent d’être chamboulés si la région demeure en phase rouge. La directrice de la Société du Monument-Lefebvre, Sophie Doucette, a indiqué que les nombreux événements prévus au programme sont en suspens. La directrice confie que le moral des organisateurs commence à faiblir.

«C’est difficile parce que dans les deux dernières semaines, on travaillait sur différents projets, notamment le spectacle en collaboration avec l’université de Moncton, le Centre des arts et de la culture de Dieppe (CACD) et le Capitol. On a d’autres projets sur lesquels on travaillait avec la municipalité. Le passage en phase rouge donne le sentiment que tout ce qu’on a fait depuis, c’était en vain parce qu’on doit reprendre. À ce point-ci, les gens comprennent. On a n’a pas nécessairement de frustrations au niveau de notre clientèle», a expliqué Sophie Doucette.

Quant aux plus gros spectacles prévus au printemps mettant en vedette des artistes de l’extérieur de la province, il y a encore beaucoup d’incertitudes, soulève celle-ci, car personne ne peut prédire comment évoluera la pandémie.

Du côté du Théâtre Capitol à Moncton, l’ensemble de l’établissement est fermé au public. Les activités prévues en janvier ont été remises à une date ultérieure. Quant aux quatre spectacles du Festival HubCap à l’affiche du Capitol au début février, ils n’auront pas lieu en salle. Les organisateurs ont choisi de passer en mode virtuel.

Kim Rayworth espère un retour en phase jaune bientôt afin de leur permettre de tenir des activités et des spectacles, du moins devant un public réduit.

«On est découragés parce qu’on avait pondu des projets qu’on imaginait présenter à capacité réduite. Mais on comprend et on va faire ce qu’on a à faire pour s’en sortir. On est triste pour les artistes et on s’ennuie du public. L’équipe travaille toujours dans nos bureaux et à distance. Il faut avoir espoir qu’on verra une amélioration», a-t-elle précisé.

Pas avant l’automne

Le directeur général intérimaire du CACD, Louis Doucet, n’envisage pas de véritable retour en salle pour de gros spectacles avant l’automne.

«La reprise sera lente. On dépense énormément d’énergie à replanifier. Il y a des spectacles qui en sont à leur quatrième report.»

«L’insécurité que ça crée semble démontrer que le retour en salle va se faire vraiment une fois que la vaccination sera plus avancée», a mentionné le diffuseur.

Christine Lavoie du Centre des arts d’Edmundston abonde dans le même sens et va même plus loin. «Je n’ose même pas dire que ça va être un retour à la normale. Ça va être une reprise des activités en septembre et je pense qu’on va rester en distanciation pour un petit bout. Mais moi, la reprise, je la vois plus l’année suivante. Il faut que les gens aient le temps de regagner confiance, de ressortir en public.»

Différentes situations

La situation varie d’un centre culturel à l’autre. Au CACD, seuls les organismes partenaires qui ont des locaux au centre peuvent avoir accès à l’établissement, sans clientèle. La Librairie La Grande Ourse (située dans le centre) dont l’entrée est indépendante, demeure ouverte, mais avec des consignes sanitaires très strictes. Louis Doucet a précisé que l’établissement suit les directives de la Ville de Dieppe qui a fermé l’ensemble de ses installations.

«On tend à repenser à notre programmation (spectacles) pour l’automne. On se fait un peu à l’idée que nous n’aurons pas la capacité d’opérer la salle beaucoup avant septembre prochain. Par contre, ça n’exclut pas que si on retourne en phase orange avec une capacité de 50 places, on puisse faire des mini spectacles. Pour des spectacles comme ceux de David Myles et Sandra Le Couteur, on prévoit les repousser l’automne.»

Dans la mesure du possible, la direction du centre entend respecter tous ses contrats avec les artistes. Au cours des prochains mois, le Centre misera davantage sur des rencontres avec de petits groupes, tels que des ateliers en arts visuels. Le centre se tournera de plus en plus vers le virtuel en offrant des produits culturels pour la maison et les écoles.

Bouctouche

Au Centre culturel Kent-Sud à Bouctouche, seul un spectacle, en février, est remis à plus tard. Le directeur Daniel Castonguay a décidé de ne pas annuler tout en bloc. Le centre continue d’opérer la galerie d’art Marie-Hélène Allain et la boutique d’art en contrôlant l’achalandage. Le café est ouvert seulement pour des repas à emporter. M. Castonguay tente d’imaginer de nouvelles façons d’offrir des activités culturelles. Le centre, qui collabore déjà à quelques activités virtuelles, envisage de développer cette formule pour ses prochains spectacles si les artistes sont intéressés.

Moncton

À Moncton, le Centre culturel Aberdeen ferme également ses portes temporairement au public. Seuls les membres, les enfants et les parents de la garderie y ont accès. Les espaces d’exposition peuvent recevoir des visiteurs sur invitation seulement. Pour sa part, la salle Bernard-LeBlanc est surtout utilisée pour des enregistrements depuis le début de la pandémie.

«Comme nous avons aux alentours de 80 enfants de 2 ans à 12 ans, on est beaucoup plus prudent.»

Madawaska

Le Centre des arts d’Edmundston a aussi fermé ses portes temporairement depuis l’entrée en vigueur de la phase rouge, remettant ainsi à plus tard ses spectacles et ses expositions.

La directrice Christine Lavoie souligne qu’il y avait déjà très peu de spectacles programmés. Ils n’ont plus accès à la Salle Léo-Poulin depuis le début de la pandémie. Il reste toujours la petite salle du centre, mais le seul spectacle prévu en janvier a dû être reporté pour une troisième fois. La direction attend que la situation se stabilise avant de fixer une date pour sa présentation.

À l’automne, les ateliers d’art ont suscité beaucoup d’engouement et la direction espérait répéter l’expérience cet hiver. Le passage à la phase rouge oblige les organisateurs à revoir la programmation d’ateliers et de conférences pour les présenter en format virtuel. Sinon, ils seront remis au mois de mai en espérant que la situation sera plus stable.