Une comédie intime signée Caroline Bélisle

Caroline Bélisle propose une nouvelle création théâtrale qui explore l’isolement à travers cinq personnages qui vivent différents problèmes de communication. Un thème qui trouve écho en cette période où les relations humaines sont perturbées par la crise sanitaire.

Caroline Bélisle souligne que la pièce Les remugles ou la danse nuptiale est une langue morte a été écrite avant la pandémie, pendant ses études en dramaturgie à l’École nationale de théâtre. Ce sont tous des personnages qui ont une tendance vers l’isolement, relate l’auteure dramatique.

«J’ai écrit ça avant la COVID, mais il y a plusieurs choses qui ressortent autrement quand on l’entend en contexte de pandémie. Cette espèce d’isolation volontaire de certains des personnages pour se protéger.»

Les remugles symbolisent ces problèmes qui remontent et qui finissent par sentir le renfermé, indique la jeune dramaturge.

Reconnue pour son humour incisif, l’auteure qui a signé notamment la pièce Dîner pour deux publiée aux Éditions Perce-Neige et des textes pour le Pays de la Sagouine figure parmi les dramaturges de la relève acadienne les plus prometteurs. Les remugles ou la danse nuptiale est une langue morte, couronnée du prix Gratien-Gélinas en novembre 2020, a été sélectionnée par le Festival à Haute Voix qui se poursuit en ligne jusqu’au 28 février.

Dans cette œuvre, cinq personnages dans la vingtaine se croisent et vivent chacun des blocages et des problèmes dans leur intimité. L’auteure explique qu’ils tentent tous à leur façon de faire leur propre danse nuptiale en espérant qu’une autre personne comprenne leurs difficultés.

«Ils se retrouvent confrontés à ces blocages-là dans leur communication parce qu’ils ont l’impression de parler à quelqu’un qui ne fait pas partie de la même espèce qu’eux. Ce sont tous des êtres humains dans la vingtaine, mais il y a une espèce d’impression de règne animal. C’est un peu ça que j’ai exploré à travers la pièce.»

Si Dîner pour deux naviguait surtout dans l’absurde, cette fois, l’auteure de Moncton propose une œuvre plus personnelle qui dégage une certaine vulnérabilité. Ce défi de créer des personnages plus près d’elle est venu de ses professeurs à l’École nationale de théâtre.

«J’ai créé ces cinq personnages qui ont un humour, une expressivité, une émotivité qui sont très proches de la mienne. C’est une comédie intime pour moi parce que c’est vraiment de la grande vulnérabilité ce texte-là.»

Elle précise qu’il s’agit d’un style complètement différent de celui de la pièce Dîner pour deux qui traitait de la quête de la perfection, produite par le Théâtre populaire d’Acadie en 2020.

«Je suis encore jeune, c’est le début de ma carrière… Je pense que je veux me permettre d’explorer beaucoup de styles. Je suis beaucoup en train d’explorer des thématiques qui me sont proches, mais dans des styles complètement différents.»

Son texte mis en lecture par Ludger Beaulieu et interprété par cinq comédiens (Marc-André Robichaud, Bianca Richard, Mélanie Léger, Florence Brunet, Jean-Charles Weka) sera disponible à compter du 2 février sur la chaîne YouTube et la page Facebook du théâtre l’Escaouette. La lecture est filmée au théâtre sans public.

Le prix Gratien-Gélinas (décerné par le Centre des auteurs dramatiques), accompagné d’une bourse à la création pour une éventuelle production, encourage l’auteure à continuer.

«C’est sûr que c’est rassurant parce que l’écriture c’est tellement un acte solitaire, puis en plus c’était vraiment un acte de vulnérabilité. Ç’a été très important dans ma recherche comme autrice et de sentir que j’ai l’appui d’un jury de pairs, ça donne le petit coup de pied pour continuer. Ce qui est le fun avec la bourse, c’est que ça encourage du moins les compagnies à s’intéresser aux jeunes auteurs», a ajouté Caroline Bélisle, précisant du même souffle que son texte sera éventuellement produit par une compagnie de théâtre.

Celle-ci dirige aussi une mise en lecture au Festival à Haute Voix, celle du texte Ornithorynques de Johanne Parent qui sera disponible en ligne dès le 1er février.