Julien Dionne: l’art de l’humour virtuel

En humour, répéter sur scène un gag des centaines de fois pour arriver à le peaufiner au maximum est souvent la clé d’un bon numéro. Avec la pandémie, Julien Dionne admet que le défi est grand, mais pas insurmontable.

Au printemps dernier, l’humoriste originaire de Scoudouc est passé de cinq à dix spectacles par semaine à zéro. Il a dû rapidement revoir sa façon d’exercer son métier. Si par le passé, Julien Dionne était plutôt résistant aux nouvelles technologies, comme en témoigne son numéro sur la génération des milléniaux, son point de vue sur la question a changé au cours de la dernière année. Celui qui pilote un balado quotidien avec sa compagne de vie et offre régulièrement des prestations virtuelles est maintenant passé maître dans l’art de la prestation en ligne.

«Honnêtement, sans la technologie, je ne serais nulle part tout de suite. Une fois qu’on retourne à la normale dans un monde post-pandémie, je vais quand même garder un gros élément virtuel, surtout pour des corpos (contrat corporatif) et mon podcast. C’est aussi important dans le monde dans lequel on vit d’avoir une présence en ligne avec du nouveau contenu», a-t-il souligné.

Présenter du nouveau matériel devant la caméra sans une période de rodage sur scène exige un très bon niveau de confiance dans ses aptitudes, soulève-t-il. Julien Dionne présentera des numéros dans trois des cinq galas du Festival HubCap, dont les deux soirées en français. L’humoriste acadien navigue du français à l’anglais aisément.

«Dans le cadre d’un festival comme le HubCap, le nouveau matériel doit être rodé, mais je n’ai pas eu beaucoup de chance de le roder pour des raisons évidentes. Ça va inclure aussi du stock prépandémie qui date d’à peu près un an», a raconté l’humoriste qui partage sa vie entre Wakefield en Outaouais et Scoudouc.

Il vient d’ailleurs de terminer ses deux semaines d’isolement dans son chalet à Scoudouc afin de pouvoir prendre part au Festival HubCap. Son écriture se nourrit de ses expériences de vie. Il a écrit de nouveaux numéros au cours des 11 derniers mois.

«Nous avons tous vécu des expériences communes, mais nos perspectives peuvent être uniques. Le but est d’offrir une perspective un peu plus unique sur mon expérience au cours des 11 derniers mois sans trop parler de la pandémie parce que les gens veulent aussi se divertir et essayer de ne pas trop y penser. Ce n’est pas du matériel qui parle directement de la pandémie, mais indirectement comme je parle du fait que je me suis bâti un bar dans mon cabanon.»

Même si se produire devant un public en ligne peut sembler différent, l’humoriste qui célébrera bientôt ses 15 années de scène rappelle que c’est toujours le même muscle de la créativité qui travaille.

L’humour à deux

En couple depuis 12 ans avec l’humoriste Jen Grant (qui participe aussi au Festival HubCap), une belle dynamique s’est installée entre les deux artistes.

«À la maison, c’est drôle, mais beaucoup moins que ce que les gens pensent», laisse-t-il tomber un peu à la blague.

«On s’inspire beaucoup. Y a personne de plus drôle au monde que Jen Grant. Ça fait 24 ans qu’elle est en humour. Moi ça fait 14 ans et ça n’a jamais créé de tension. On s’appuie l’un l’autre.»

Celui qui s’amuse avec l’accent acadien promet aussi quelques blagues sur ses fiançailles et autres sujets ayant marqué son quotidien récent. Il commence toujours par écrire des fragments de numéros en anglais pour ensuite les traduire en français. Une fois qu’il les a présentés sur scène, il réécrit une version française qu’il peaufine pour que ce soit le plus percutant possible. Il en est à sa 7e participation au Festival HubCap depuis 2007.

«J’adore le festival et les responsables du festival. C’est vraiment comme retourner voir de grands amis et la famille. J’adore le HubCap qui occupe une place qui est spéciale dans mon cœur.»

Il sera en spectacle avec d’autres humoristes jeudi, vendredi et samedi. Il fait partie, entre autres, de la distribution du spectacle Luc LeBlanc et sa bulle d’humour présenté samedi à 19h. Les gens peuvent se procurer des billets pour ces spectacles en ligne à travers le site web du festival.