Le carrousel de vie de Suzanne Albert

Avec son nouveau projet artistique qui explore le symbole du cercle et de la roue comme métaphore de la vie, Suzanne Albert souhaite mettre en valeur un message d’espoir en ces temps difficiles.

Inspirée par la crise sanitaire, Suzanne Albert a voulu créer des œuvres qui comportent une bonne dose de féérie laissant présager ainsi des jours meilleurs. Installée à la Galerie Bernard-Jean à Caraquet pour une résidence de création depuis un mois, l’artiste travaille à la construction de ses installations avec passion. Intense est presque trop faible pour qualifier l’ardeur avec laquelle elle s’adonne à sa pratique artistique. Cette exposition a nécessité plus de 200 heures de travail, confie-t-elle.

La vie continue, rappelle Suzanne Albert qui avec ses œuvres circulaires propose une métaphore de l’existence. Ses installations réunies sous la thématique Vignettes en janvier et février invitent donc à rêver. Au centre de ses œuvres se trouve un carrousel de vie qui symbolise un peu la situation actuelle.

«J’ai essayé d’imaginer ce que je pourrais créer qui serait un peu dans la thématique de ce que l’on vit, mais avec un message positif, d’espoir et que la vie continue. On est dans nos capsules dans cette grande roue qui tourne et on peut voir normalement toutes sortes de choses qui nous entourent. Au niveau psychologique, quand tout tourne trop, on se sent un petit peu prisonnier, alors j’ai voulu quand même amener de l’espoir à tout ça», a-t-elle expliqué.

Les visiteurs de la galerie pourront d’ailleurs s’amuser à actionner ce carrousel artistique. L’exposition rassemble des installations de grand format ainsi que de plus petites pièces. Au carrousel, s’ajoutent des œuvres sur le sol et suspendues, composées notamment de cerceaux et de fils de cuivre. Avec ses installations, elle veut inviter les gens à explorer, grandir, découvrir, rêver et aller de l’avant.

Pour la première fois, l’artiste de Caraquet travaille avec son père Raymond Albert à la création d’une œuvre.

«C’est arrivé un peu parce que mon papa (87 ans) est une espèce d’architecte naturel. Il aime bien le côté ingénierie. C’est un patenteux comme tous les Albert.»

Sachant qu’il est doué pour le calcul, elle lui a demandé quelques conseils au début, mais elle ne s’imaginait pas qu’il allait participer autant à la construction de la grande roue.

«C’est plutôt moi qui suis son assistante à la construction de la grande roue. Ça va assez bien. Je pense que ça le motive et il travaille fort pour ça. Il est persistant. Il est fier de participer à ça. Ça me fait plaisir.»

Cette expérience de collaboration lui donne envie de travailler à nouveau avec des personnes plus âgées dans le futur.

Suzanne Albert et son père Raymond Albert travaillent à la construction du carrousel à la Galerie Bernard-Jean. – Gracieuseté: Denis Lanteigne

«Je réalise que dans la vie, on n’est pas jeune pour très longtemps et je trouve que c’est bien qu’on considère nos personnes matures, qu’on ne les oublie pas. Je crois que souvent les personnes âgées sont un peu oubliées sur la terre et je pense qu’elles ont de belles histoires à raconter, des choses à dire, elles ont du vécu et elles sont bourrées de créativité et d’espoir.»

Pour réaliser ses œuvres, elle a utilisé, entre autres, des matériaux recyclés, du cuivre, de l’aluminium, du carton plastifié, du bois et de la peinture en aérosol. Couleur de prédilection de l’artiste, le rose sera évidemment à l’honneur. Le vernissage se tiendra le 14 février à compter de 15h, tout en respectant les consignes sanitaires. Par la suite, l’exposition sera en montre pour environ une semaine. D’ici la tenue du vernissage, l’artiste invite le public à venir la voir travailler dans la galerie.