L’appartenance au territoire vue par sept artistes d’ici

Le rapport au territoire, les notions de communautés et de relations ont inspiré la commissaire Maryse Arseneault qui a créé une exposition mettant en valeur le travail de sept artistes du Nouveau-Brunswick aux divers horizons. Réalisée pour le Centre Ax à Sussex, cette collection permet de découvrir différents médiums allant de la vidéo aux arts textiles en passant par la sculpture et la performance.

Comment les récits identitaires sont-ils affectés par la géographie et le territoire? Une question qui a nourri la recherche de Maryse Arseneault. Elle a discuté avec plusieurs artistes avant d’arrêter son choix. La sélection met en valeur cet aspect dans leur travail.

«C’était un peu comme une chasse au trésor où j’écoutais les artistes à mesure que je les interviewais et j’essayais de trouver un fil conducteur qui les rejoignait avec ma première piste de travail en tête», a déclaré Maryse Arseneault.

L’artiste de Moncton en est à son deuxième projet de commissariat d’exposition. Le premier projet était une exposition des œuvres de son père, le poète et peintre Guy Arsenault, en 2018. Cette fois, on l’a invitée à créer une exposition collective d’artistes établis au Nouveau-Brunswick. Maryse Arseneault raconte que la marche a été le point de départ de l’exposition.

«C’est comment la marche affecte notre sens d’appartenance au territoire ou à la culture. J’ai parlé à beaucoup d’artistes avant de choisir les sept.»

Intitulée Walking the periphery/la bouche pleine de terre, l’exposition se veut la plus inclusive possible. La commissaire est donc partie à la recherche d’artistes aux quatre coins de la province.

«À cause que je voulais être inclusive, je voulais représenter le plus d’identités possible, mais le thème était vraiment notre rapport au territoire, à la terre, notre rapport aux uns et aux autres, l’interconnexion identitaire et culturelle aussi par rapport à la nature et à notre environnement.»

Elle a rassemblé des créateurs de différentes régions, rurales et urbaines, des Premières nations, francophones et anglophones.

Sept propositions artistiques

On retrouve donc des œuvres de Xavier Gould, Emma Delaney, Linda Dornan, Danielle Saulnier, Emma Hassencahl-Perley, Clyde A. Wray et Dan Xu.

Certains d’entre eux se définissent comme des artistes queer tels que Xavier Gould de Moncton et Emma Delaney de la région de la baie de Fundy. Xavier Gould, qui s’est donné comme mission d’explorer les réalités queer en lien avec les paysages culturels acadiens propose une vidéo de Chiquita Mère, son alter ego, qui déambule dans la ville. À travers son récit, «iel» pose une réflexion sur les identités, la performance et le rôle de l’artiste en temps de pandémie.

Emma Delaney, qui a une pratique axée sur la performance, l’installation et le dessin, travaille plusieurs médiums.

«Elle s’intéresse au grand format. Elle s’intéresse à insérer le corps dans la nature, à l’identité queer dans le territoire rural», a expliqué la commissaire.

Elle a créé un grand mobile de petites marionnettes en bois flotté. Ce sont en fait toutes des facettes de sa personnalité, mentionne la commissaire.

Danielle Saulnier, de Kedgwick, qui se spécialise dans l’art du textile expose une œuvre qualifiée de libératrice.

L’oeuvre de Danielle Saulnier, Mantel/Manteau d’invocation. – Gracieuseté: Serge V. Richard

Bien connue pour sa pratique interdisciplinaire, Linda Dornan qui s’intéresse à la communication interculturelle a réalisé une vidéo d’une performance dans laquelle elle transcrit le mot bonjour en plusieurs langues dans le sable. Emma Hassencahl-Perley, une artiste et éducatrice wolastoqey de la Première nation de Tobique, explore le terme de l’identité législative (L’influence de la Loi sur les Indiens sur les Premières nations du Canada), ainsi que sa propre identité comme femme autochtone.

L’exposition comprend aussi un poème de l’écrivain Clyde A. Wray que l’on peut entendre dans un document audio. Selon la commissaire, ce texte résume assez bien l’histoire qui se dégage des œuvres.

Enfin, on retrouve aussi des encres sur papier Xuan de Dan Xu. Celle qui crée ses œuvres en plein air a recours à une technique ancestrale chinoise. Ses pièces abstraites témoignent des changements qui s’opèrent dans la nature.

Pour l’instant, l’exposition est montrée de façon virtuelle puisque la région est en phase orange du confinement. Les œuvres seront exposées jusqu’au 13 mars. Pour voir l’exposition, vous pouvez vous rendre sur le site web de la galerie.