Ventus Machina: prendre racine

Originaires des quatre coins du pays et même de la planète, les membres de Ventus Machina célèbrent leurs racines et leurs influences avec leur nouvel album Roots. Aux divers horizons musicaux, ce deuxième opus rassemble plusieurs artistes invités avec qui le quintette à vent a tissé des liens depuis bientôt dix ans.

La COVID-19 n’aura pas réussi à arrêter les projets d’enregistrement du quintette à vent du Nouveau-Brunswick. Même si les défis de logistique étaient de taille, ils y sont parvenus, affirme avec beaucoup de fierté le bassoniste Patrick Bolduc.

Ce nouvel opus rassemble une variété de pièces composées ou arrangées spécialement pour le quintette à vent qui aime sortir des sentiers battus. Ce sont des œuvres qu’ils ont jouées pour la plupart en concert.

«C’est de la musique qui représente qui on est, d’où on vient, le cheminement artistique du groupe aussi», a déclaré le bassoniste, en entrevue à la veille du lancement.

Qu’ils soient de la Colombie-Britannique, des Prairies, du Québec, de la région des Grands Lacs ou encore de la Suède, les cinq membres de l’ensemble se sont déracinés avant de prendre racine au Nouveau-Brunswick. Patrick Bolduc s’estime choyé de faire partie d’un ensemble d’un tel calibre dans une province qui compte moins d’un million d’habitants.

Cette collection variée s’ouvre avec la suite Our Roots qui rassemble cinq pièces représentant les influences et les origines de chacun des membres du quintette. Par exemple, le bassoniste a choisi une pièce traditionnelle, Les Raftsmen, lui rappelant les fêtes de famille chez sa tante au lac Saint-Jean. Il s’agit d’une des premières chansons qu’il a chantées en chorale à l’école.

«Comme l’a bien expliqué mon collègue, notre corniste Jonathan Fisher, nous avons tous deux types de racines. On vient tous de l’extérieur donc on a les racines qu’on avait où on a grandi où on a étudié, où on s’est développé qu’on amène ici et après ça, on a les racines qu’on a plantées ici quand on s’est installé. Depuis dix ans, on a tellement développé de relations vraiment tripantes, enrichissantes avec plein de monde de la communauté de différents styles musicaux et de différents types artistiques. C’est ce qu’on voulait montrer et c’est un peu pour ça qu’il y a tant d’artistes invités sur l’album.»

Des Beatles à Bach

Parmi les oeuvres, on retrouve, entre autres, la suite celte d’Andrew Creeggan, ainsi que des réinterprétations de quelques pièces de la musique populaire telles que Blackbird des Beatles, The Circle Game de Joni Mitchell, Bird on the wire de Leonard Cohen et Edmund Fitzerald de Gordon Lightfoot.

À cette sélection, s’ajoutent des oeuvres comme Variations Goldberg de Bach, des compositions de Ray Légère et des pièces du répertoire traditionnel. La plupart des arrangements sont de James Kalyn, clarinettiste et saxophoniste du groupe. Comme le souligne Patrick Bolduc, les pièces sont issues de différentes époques et de styles.

«C’est de la musique. Peu importe le style, peu importe l’époque, peu importe quand ç’a été fait, si ça nous touche on veut le faire.»

Plusieurs musiciens ont collaboré à cet album, dont Ray Légère, Christian Kit Goguen, Andrew George, Joël Cormier, l’ensemble Atlantic String Machine et un petit choeur d’enfants. Sur ce disque qui évoque aussi parfois la nature, vous entendrez le quintette dans diverses sonorités, comme dans la suite celte en trois mouvements d’Andrew Creeggan.

La chanson The Circle Game de Joni Mitchell est celle qui a regroupé le plus de musiciens puisqu’elle a été réorchestrée pour quintette à vent, quintette à cordes, marimba et choeur d’enfants. Le disque a été enregistré dans une église à Amherst en Nouvelle-Écosse en respectant les consignes sanitaires.

«Ç’a été super compliqué, mais ç’a valu la peine.»

Le lancement de l’album paru sous l’étiquette Leaf Music, basé à Halifax, se déroule ce vendredi à 19h30 sur la page Facebook et la chaîne YouTube de Ventus Machina. Le spectacle a été enregistré en janvier quand les restrictions sanitaires étaient moins sévères. Leur premier disque In the Weeds est paru en 2017.