Marc Gauthier prend la tête d’un grand festival de cinéma à Montréal

Après 18 années au sein de l’équipe du Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA), Marc Gauthier quitte la barre de l’événement pour prendre la direction générale des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).

Le président du Conseil d’administration, Gilles Ratté, en a fait l’annonce mardi. Marc Gauthier quitte donc le FICFA et l’Acadie afin de relever de nouveaux défis professionnels.

«Premièrement, ç’a été une nouvelle crève-cœur parce qu’au conseil d’administration, on était bien satisfait de son travail et Marc (Gauthier) a une connaissance du milieu extraordinaire et des relations extraordinaires. On ne peut pas empêcher quelqu’un dans la vie de progresser. Aussi le fait qu’il soit à Montréal, je pense que ça peut enrichir le FICFA de Moncton parce que ça va ouvrir d’autres horizons», a affirmé Gilles Ratté qui admet que ce sera de grands souliers à chausser pour le successeur.

Originaire de Kedgwick, Marc Gauthier est arrivé à Moncton pour les études en 1997. Il a rejoint l’équipe du FICFA en 2003. Tout d’abord coordinateur des opérations et ensuite adjoint de Marie-Renée Duguay (ancienne directrice du FICFA), il en est devenu le directeur général en 2013, soit 10 ans après son arrivée. En entrevue, Marc Gauthier confie que ce nouveau poste au RIDM lui permettra de relever de nouveaux défis et de diriger un festival d’une autre façon avec plus de ressources, même si quitter l’Acadie et le FICFA le rend triste. Il a le sentiment d’avoir donné le maximum et souhaite longue vie au festival de Moncton.

«Après 18 ans à l’organisme, je me dis que peut-être j’ai laissé un legs et c’est peut-être le temps de passer le flambeau et aller voir ailleurs», a-t-il confié.

Fondé en 1998, le RIDM qui se tient à l’automne offre une programmation de 150 films et compte sur une équipe permanente de près de dix personnes.

«On parle de quatre fois plus d’employés qu’au FICFA. C’est un très grand festival, c’est à l’échelle de Montréal avec une bonne pérennité. Ç’a été fondé à la fin des années 1990 avec une excellente réputation. C’est très solide. Tout de ce festival m’attirait. Ce n’est pas quelque chose que j’aurais poursuivi de ma propre initiative, mais quand j’ai été approché pour le rôle, il a fallu que j’y réfléchisse et plus j’y réfléchissais, plus j’y voyais du potentiel.»

Celui qui quittera Moncton dans une semaine se sent honoré d’avoir été approché par un événement de cette envergure.

«C’est quand même quelque chose qu’on ne voit pas tous les jours, d’avoir un événement de cette envergure-là au Québec qui vient repêcher en Acadie donc je me sens pas mal honoré. Tout le monde a sa propre perspective et c’est clair que la mienne ne sera pas celle de quelqu’un issu du milieu montréalais. J’arrive vraiment avec mes propres idées, mais je suis quand même quelqu’un qui baigne dans l’industrie au Canada depuis longtemps. J’ai donc aussi l’avantage d’avoir des liens avec beaucoup de joueurs un peu partout et d’avoir un lien avec la francophonie canadienne qui est quand même privilégié.»

Gilles Ratté a indiqué qu’un comité de sélection a été formé au sein du FICFA pour pourvoir au poste de directeur général. Ils se sont donné deux mois pour trouver la bonne personne. Les années sous la direction de Marc Gauthier ont été marquées notamment par plusieurs initiatives afin d’encourager la relève acadienne en cinéma. Il a développé divers projets d’échanges avec d’autres festivals pour stimuler la création, tisser des liens et faire croître le réseau de cinéastes acadiens surtout dans le domaine du court métrage. Il a aussi permis au Festival d’habiter davantage le centre-ville de Moncton en allant chercher des fonds pour équiper le théâtre l’Escaouette en salle de cinéma. En 2019, sa contribution à la mise en valeur de langue française lui a mérité le titre de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres de la République française.