Jared Betts, globe-trotter des arts visuels

Reconnu pour ses peintures aux couleurs vibrantes, Jared Betts qui a entrepris une résidence de création à Terre-Neuve fait voyager ses œuvres à travers les Provinces atlantiques. Nouvelle escale: Bouctouche où il propose de revisiter une partie de sa série Pictus.

Inspiré par les créatures fantastiques, les contes, le monde animal, l’art et les objets hétéroclites colorés, Jared Betts les transpose ensuite selon sa propre vision dans des œuvres qui souvent explosent de couleurs. Ce sont des peintures abstraites, mais parfois avec quelques éléments figuratifs. Il aime sortir des sentiers battus.

«Je sens que je ne veux pas toujours me placer dans une boîte et on pourrait appeler ma démarche de néo-abstraite expressionniste parce que certaines pièces peuvent contenir des créatures, mais ça reste de l’abstrait à propos des rêves et d’êtres irréels», a déclaré l’artiste en entrevue depuis Pouch Cove, une localité située à environ 30 minutes au nord de St John’s.

Au cours des deux prochains mois, il se laissera transporter par l’océan afin de créer une nouvelle série d’au moins six grandes peintures. De la fenêtre de son studio, il peut voir la mer. Il a été invité à participer à cette résidence d’artiste par la James Baird Gallery. L’artiste de Moncton travaille en collaboration avec Katharine Burnes d’Halifax, une peintre spécialiste des paysages marins qu’il connaît depuis ses études à NASCAD (Nova Scotia College of Art and Design).

«Pour moi, cette invitation est une occasion incroyable. J’ai toujours voulu travailler dans un atelier près de l’océan. Je suis tellement inspiré. Je peux voir la mer par la fenêtre de ma résidence et je peux ressentir le feeling de l’océan.»

Le centre de la Fondation Pouch Cove, où il se trouve, abrite des espaces pour les résidences d’artiste et des galeries d’art. «C’est comme un immense hôtel fantastique d’art.»

Sur la route

Les œuvres de Jared Betts voyagent beaucoup. Ses peintures sont en montre à la galerie Apple Art, à l’Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton, dans un restaurant à Halifax, à la Galerie 78 à Fredericton et à la Spicer Merrifield Gallery à Saint-Jean.

La Galerie Marie-Hélène Allain du Centre culturel Kent-Sud à Bouctouche accueille aussi son exposition Pictus. Cette collection a été montrée dans huit villes des Provinces atlantiques. Neuf œuvres sont exposées à la galerie de Bouctouche.

Le commissaire d’art et artiste Paul Édouard Bourque, qui travaille avec Jared Betts depuis quelques années, souligne que l’exposition qui se déploie en différents volets se transforme en fonction de l’espace où elle est présentée. Comme la Galerie Marie-Hélène Allain n’est pas très grande, ils ont choisi des tableaux de taille moyenne. Les peintures ont été réalisées au cours des dix dernières années.

«C’est éclectique et ça touche à différentes périodes. C’est vraiment de la peinture gestuelle à la Jared. C’est très expressif, beaucoup d’emphase sur la couleur et la texture. À cela, il a intégré dans certains tableaux des éléments figuratifs comme des papillons. Ça fait référence à des animaux ou à des créatures qui sont chères à sa mythologie.»

Comme l’expliquent le commissaire et l’artiste, dans chaque galerie, ils essaient de créer une exposition puissante qui anime l’espace.

«Nous avons vraiment accommodé les espaces autant que les espaces nous ont accommodés parce qu’on voulait se rendre versatile. D’une fois à l’autre, c’était d’organiser les œuvres autour de l’espace disponible et de faire une dynamique. On avait toujours aussi en tête qui sera le public qui va voir ça», a fait savoir M. Bourque.

Dans la démarche de Jared Betts, l’accent est mis sur la couleur, les textures, la gestuelle, l’application de la peinture et son effet sur la toile. C’est fait avec beaucoup d’audace.

«C’est quelqu’un de très calme et stable, mais c’est comme s’il se déverse dans son travail, puis en même temps, il a quelque chose de tellement explosif qui se produit entre lui et les surfaces avec la peinture. Il maintient son énergie avec les années. C’est remarquable et inspirant. Il y a quelque chose de très particulier avec son travail, d’urbain et de très actuel», a ajouté le commissaire.

Son exposition est présentée à Bouctouche jusqu’au 3 avril.

Le studio de Jared Betts à Pouch Cove à Terre-Neuve. – Gracieuseté