Le bluesman acadien JP LeBlanc fait un retour à la musique

Si certains artistes ont réorienté leur vie professionnelle pendant la pandémie, le bluesman JP LeBlanc prend plutôt le virage contraire en reprenant sa guitare pour se consacrer entièrement à la musique après plus de dix années d’absence. «J’ai le sentiment que je n’ai pas le choix de le faire. C’est rendu plus fort que moi», confie le guitariste et chanteur de Bathurst.

Quand JP LeBlanc mentionne qu’il quitte le monde des affaires pour se lancer dans une carrière musicale à temps plein, on le regarde parfois drôlement se demandant s’il a perdu la tête. Non, répond l’auteur-compositeur-interprète qui a envie plus que jamais que la musique occupe toute sa vie. Son dernier album, Le blues m’emporte, date de 2006 alors qu’il était âgé de 21 ans. Pendant quelques années, il a jumelé études universitaires et musique. Après ses études en administration, le travail et la famille ont pris le dessus et il a mis fin à sa carrière musicale.

Il y a un an, tout a basculé. Comme beaucoup de gens, la pandémie l’a amené à réfléchir à ses valeurs et à ses priorités.

«Avant, ma vie dans les affaires, c’était beaucoup «go go go» puis quand la COVID a frappé, je me rappelle comme si c’était hier, on partait pour la République dominicaine, puis finalement tout est tombé à l’eau. Donc, je ne sais pas pourquoi, la musique m’a frappé comme un coup de foudre. Je suis devenu obsédé. J’ai commencé à écrire puis jouer comme je n’ai jamais joué auparavant. Ça voulait juste sortir. Je me suis dit il faut que je commence le processus d’enregistrement», a raconté celui qui est redevenu musicien à temps plein depuis environ un mois.

Un nouveau disque en préparation

Au cours de la dernière année, il a entrepris l’enregistrement d’un nouvel album de compositions originales en anglais. L’enregistrement s’est déroulé dans un studio à Petit-Rocher. Il a fait aussi une session d’enregistrement à Halifax avec une légende du blues de la côte Est, Joe Murphy.

«C’était rendu que dans la sonorité, j’entendais l’harmonica sur l’album et je ne pouvais pas penser à quelqu’un de meilleur que mon mentor dans la musique Joe Murphy. Il habite à Halifax, donc, je lui ai téléphoné cet été et il a dit oui. Nous avons fait une session d’enregistrement de 12 heures.»

Même si son prochain opus sera en anglais, JP LeBlanc compose aussi en français. Il pense déjà à son deuxième projet qui pourrait avoir des sonorités louisianaises. Il n’est pas du genre à se limiter par la langue. S’il le pouvait, il chanterait aussi en espagnol.

«Ce sont des chansons qui sont très personnelles pour moi. Des vraies histoires et ce que j’ai passé à travers durant la dernière année. Il y a même une chanson qui parle de ma femme.»

Il explore des sonorités acoustiques et électriques, la guitare Dobro en plongeant dans les racines du blues et le Delta blues. L’enregistrement est terminé et il est rendu à l’étape du mixage. Il envisage de lancer son album cet été afin de pouvoir monter à nouveau sur scène et aller à la rencontre du public en toute sécurité.

«Je réalise que la musique pour moi, c’est social. Il faut que je joue avec d’autres musiciens, que je sois devant un public avec des réactions de la foule. Je vais m’assurer qu’on puisse le faire de façon sécuritaire. Ça me donne le temps de me préparer.»

D’ici là, le public peut le retrouver chaque lundi à 13h sur sa page Facebook où il présente des séances de blues en direct depuis sa résidence. Il propose des interprétations de classiques et des compositions originales de son cru. Le premier rendez-vous qui s’est tenu cette semaine a attiré près de 1000 visionnements en direct, mais le musicien se promet bien de ne plus se produire dans sa serre. La chaleur a nui un peu à la diffusion.

À 36 ans, JP LeBlanc perçoit le rôle de l’artiste sous une nouvelle perspective.

«Avec la COVID, je crois sincèrement que les artistes auront un rôle important dans la reprise, pas juste pour l’économie, mais pour le côté social, faire sortir les gens de chez eux. J’ai comme un sentiment de responsabilité.»

En retournant à la musique, l’artiste espère reprendre contact avec des amis musiciens qu’il a perdus de vue tel que Zachary Richard qui avait collaboré à son album. Au cours de sa carrière, le bluesman a fait des tournées en Europe et au Canada et il s’est produit sur des émissions de télévision comme La Fureur.