DJ Bones: danser sur la musique francophone

Marc Xavier LeBlanc alias DJ Bones invite les jeunes à danser sur la musique francophone. D’après le DJ de Moncton, la scène musicale en français n’a jamais été aussi riche et diversifiée qu’actuellement.

«On est dans l’ère de la plus grosse concentration de super bonne musique francophone», affirme celui qui depuis plus d’un quart de siècle partage ses découvertes musicales avec le public.

Marc Xavier LeBlanc qui a fait ses débuts à la radio universitaire de Moncton à la fin des années 1980 a fait ses premiers pas comme DJ au cabaret le Kacho au milieu des années 1990. Dès le début de ses soirées dansantes, il cherchait à sortir des sentiers battus. Au cours de ses voyages en Europe, il a découvert des soirées en Irlande qui mélangeaient le populaire à la musique plus alternative. Il a eu envie d’importer cette recette dans les Provinces maritimes en offrant des soirées indie pop, multiculturelles et thématiques. Estimant qu’il y avait un manque de musique francophone dans les danses, il a commencé à organiser des soirées franco pop.

«On peut dire que j’ai essayé de faire ma part pour sensibiliser les gens qu’il y a de la bonne musique dansante francophone. J’ai commencé à jouer de la musique francophone dansante au Kacho. Je jouais, entre autres, du Niagara, du Jean Leloup, du Rita Mitsouko… »

C’est le groupe franco-britannique Stereolab (1990), qu’il qualifie de pop avant-gardiste, qui lui a ouvert la porte à la musique francophone et déclenché son amour pour la musique plus alternative. Par la suite, son envie pour la découverte musicale n’a jamais cessé. La première chose qu’il fait le matin est de naviguer à travers les différentes plateformes numériques afin de découvrir de nouvelles musiques. Le label français La Souterraine figure parmi ses sites favoris pour entendre la production musicale indépendante en français.

Selon le DJ, pour que les jeunes s’intéressent à la musique francophone, ils doivent d’abord en entendre régulièrement et trouver ce qui leur plaît. Celui qui a fait régulièrement des tournées d’ateliers dans les écoles suggère même aux dirigeants du milieu scolaire d’organiser des soirées dansantes uniquement en français. Si les jeunes n’ont pas un lieu qui est constant où il y a de la musique francophone qui vibre dans leurs oreilles, ils ne développeront pas leur goût pour celle-ci.

«J’ai toujours été un militant de la musique francophone dans les écoles. Il faudrait que les gouvernements demandent à des DJ de faire des tournées dans les écoles tous les mois et de faire une danse par mois de musique strictement francophone pour créer une habitude. Si on les fait participer aux choix musicaux, ils vont se sentir valorisés. S’ils font partie de la décision, ils se sentiront plus inclus.»

Comme DJ, il s’est toujours donné comme défi d’effectuer de la recherche musicale.

«J’ai réalisé dernièrement que mon trip n’est pas tant d’écouter de la musique, mais de découvrir de la musique et de la partager.»

Dans ses soirées de danse, il propose des blocs musicaux créant ainsi différentes ambiances.

«La plupart des DJ restent dans le 128 BPM (128 battements par minute) quand ça vient à de la musique dansante, mais moi je ne suis pas un DJ typique et je veux que les jeunes découvrent la musique. Ils ne connaissaient peut-être pas vraiment ces groupes-là et j’aime faire ces petites découvertes-là en espérant que la prochaine fois que reviendrai, ils auront découvert un groupe et commencé à être des fans de ces artistes-là.»

DJ Bones anime une activité dansante en français pour toute la famille ce dimanche à 15h au Centre des arts et de la culture de Dieppe.