P’tit Belliveau célèbre une légende de la Baie Sainte-Marie

P’tit Belliveau ne veut surtout pas que son idole Baptiste Comeau soit oubliée. Un an après la sortie de son ingénieux Greatest Hits Vol.1, l’auteur-compositeur-interprète acadien est de retour avec un album surprise qui rend hommage à ce chansonnier de la Baie Sainte-Marie.

Décédé en 2016, le chansonnier country de Clare a profondément influencé l’univers musical de l’auteur-compositeur-interprète, aussi natif de la Baie Sainte-Marie.

«Pour moi, Baptiste Comeau c’est comme le first weird artiste de Clare. Après, il y a eu d’autres personnes comme Radio Radio et Arthur Comeau et toutes sortes de monde qui ont fait du weird stuff (matériel bizarre). C’est le parrain de tous les weirdo de la Baie», affirme Jonah Guimond alias P’tit Belliveau en parlant de cette nouvelle collection de sept titres.

Ce sont toutes des reprises de chansons de Baptiste Comeau remaniées un peu à sa propre sauce. Inspirés d’anecdotes de la Baie Sainte-Marie, les sujets sont simples, bizarres ou drôles.

Pour son cinquième opus, l’auteur-compositeur-interprète a voulu célébrer ce chansonnier qu’il considère comme étant le point de départ de son parcours créatif. Très jeune, il a découvert Baptiste Comeau sur les ondes de la radio communautaire CIFA. Il a eu une grande influence sur plusieurs artistes, estime Jonah Guimond. Tant l’aspect rudimentaire de ses compositions que ses textes qui racontent des petites choses du quotidien avec humour, sensibilité et authenticité le fascinent.

«Je trouve qu’il est juste mal compris. C’est ma motivation avec ce EP, de préserver sa vibe et ce que lui faisait et l’amener d’une façon plus accessible pour être capable de l’exporter. Je ne voulais vraiment pas perdre le son qu’il avait originalement avec les drum machines (boîte à rythmes) et le côté DIY (Do it yourself), ça fait que j’ai tout enregistré moi-même et j’ai trouvé des sons que je trouvais appropriés pour ça, mais je voulais le rendre une miette plus accessible sans perdre le charme original.»

Il s’est en quelque sorte imaginé dans un studio avec son idole en train d’enregistrer des chansons.

Qu’est-ce que Baptiste Comeau aurait souhaité comme production? s’est-il demandé.

«Je prenais le matériel de base de Baptiste et je m’imaginais comme si on était ensemble et qu’on avait les instruments de cette époque-là et ce qu’on aurait pu créer.»

Il a choisi des chansons qui ont un potentiel de rayonnement à l’extérieur de la Baie Sainte-Marie.

«Mon but avec cet album est de présenter Baptiste à du monde en dehors de la Baie et je me demandais souvent dans la sélection des chansons, quelles sont celles qui ont la meilleure chance de marcher sans avoir le bagage culturel de la Baie. Il y a plus que sept chansons qui atteignent ce critère-là, mais j’ai choisi les sept que j’aimais le plus et que je pouvais avoir de beaux arrangements dedans.»

P’tit Belliveau a ajouté sa petite touche personnelle à l’univers du chansonnier légendaire, sans toutefois dénaturer son œuvre.

«Quand on vit dans une petite place comme la Baie Sainte-Marie et qu’on aimait faire des chansons country, y avait pas de studio avec cinq ou six musiciens, alors on va juste se pogner une «drum machine» et on va le faire soi-même. C’est pas moi qui a eu cette idée-là. J’ai entendu ça sur CIFA.»

Dans cet esprit d’ingéniosité, le compositeur a enregistré l’album dans son studio de son ancienne maison à Moncton. Il vient tout juste de déménager pour retourner vivre à la Baie Sainte-Marie. En plus d’aimer la campagne, il apprécie l’esprit débrouillard et communautaire de cette région de la Nouvelle-Écosse.

«C’est une manière de vie plus naturelle et plus plaisante. Le mode de vie de campagne est fantastique. En plus, la Baie en particulier, c’est vraiment une belle campagne.»

Le mini disque P’tit Belliveau…chante Baptiste est maintenant disponible en version numérique et sur cassette.