Un nouveau roman sur l’histoire de l’Acadie

À travers le long parcours de ses ancêtres depuis La Rochelle jusqu’au Québec en passant par les Maritimes, l’auteur Alain Thibodeau raconte tout un pan de l’histoire de l’Acadie coloniale. Son roman Le meunier de la Prée-Ronde s’étend sur quatre générations de 1654 jusqu’à la fin du 18e siècle.

Avant d’entreprendre l’écriture de ce livre, l’auteur québécois d’origine acadienne Alain Thibodeau n’avait qu’une vague connaissance de ses ancêtres. Ce projet littéraire a pris naissance après un voyage en Nouvelle-Écosse en 2014 où l’auteur a visité les anciennes terres près de Port-Royal de son ancêtre Pierre Thibaudeau; un pionnier de l’Acadie aussi appelé le meunier de la Prée-Ronde. Cet ancien village acadien situé dans la vallée d’Annapolis est appelé aujourd’hui Round Hill.

Dans son voyage, l’auteur a visité plusieurs sites historiques comme Grand-Pré. Il s’est alors procuré des ouvrages historiques et effectué des recherches afin d’en connaître davantage sur ses ancêtres et sur l’histoire de l’Acadie. Pendant ses recherches, il a découvert une foule d’informations sur Pierre Thibaudeau, qui au milieu des années 1650, s’est embarqué sur un navire à La Rochelle vers le Nouveau Monde pour débarquer sur les côtes de la Nouvelle-Écosse.

«En plus, j’ai eu la chance de tomber sur un arbre généalogique complet des Thibodeau qui a été fait par Maurice Thibodeau que je ne connaissais pas à l’époque. Ça m’a permis de retracer très vite ma lignée et de voir où ils avaient habité. On peut retracer le parcours qu’une personne a fait dans sa vie avec le lieu de naissance de ses enfants», a affirmé l’auteur qui se trouve être descendant à la 11e génération de Pierre Thibaudeau.

Au cours de ses recherches, il a constaté qu’un de ses ancêtres Charles avait été fait prisonnier dans l’église de Grand-Pré.

«C’était quelque chose qui m’impressionnait. Je voyais cette histoire se développer dans ma tête et c’était proche de moi parce que c’était mes ancêtres que je découvrais. C’est comme si je découvrais des membres de ma famille.»

Divisée en quatre parties, cette histoire est racontée à travers le périple de quatre de ses ancêtres. Il y a d’abord Pierre, puis son fils Jean, son petit-fils Charles et son arrière-petit-fils Olivier. Le récit prend son envol à La Rochelle pour ensuite traverser l’Atlantique, la Baie française et poursuivre sa route dans la région de Port-Royal, Grand-Pré et l’ancien village de Chipoudie près de la Baie de Chignectou. Le récit aborde la vie quotidienne des pionniers, leurs défis, les difficultés, les mariages, les naissances, les traités, les batailles entre l’Angleterre et la France et les déportations qui dispersent les familles aux États-Unis et en Europe. Le dernier-né Olivier qui a été déporté avec sa famille en Pennsylvanie retournera s’établir au Québec dans la région de la Petite Cadie sur les rives de la rivière Richelieu.

Faire des choix

L’auteur couvre une vaste période de l’histoire. Si son roman s’appuie sur des faits historiques, il reste qu’il a dû faire des choix et imaginer les personnalités de ses personnages, comme la relation tumultueuse entre les pères et leurs fils. C’est un peu le fil conducteur du roman. Il a également créé des liens pour combler des vides.

«Parfois, il faut faire un choix parce qu’on a une certaine information à un endroit et une information un peu contraire à l’autre, alors il faut aller avec son jugement et on fait un choix. Si j’étais un historien, j’imagine que je devrais fonctionner autrement, mais j’ai fait les choix qui étaient les plus logiques pour moi et je suis allé vers ça», a expliqué Alain Thibodeau.

S’il a choisi d’écrire un roman au lieu d’un essai historique, c’est surtout pour apporter du rêve et faire vivre des émotions aux lecteurs.

«Des livres d’histoire il y en a beaucoup et je ne voyais pas ce que j’aurais pu apporter de plus n’étant même pas un historien. Étant donné que j’aime beaucoup les romans, je me dis que c’est une façon de rêver à tout ça. J’ai voulu vraiment donner tout ce que j’ai. C’est une histoire qui est extraordinaire», a exprimé l’auteur qui a travaillé dans le domaine du livre jusqu’à sa retraite.

L’auteur admet qu’il y a beaucoup de personnages dans son roman, mais il tenait à tous les nommer puisqu’ils ont existé. C’est aussi dans un souci généalogique.

«Je me disais qu’un Acadien qui va lire le roman s’il est un descendant des Gaudet par exemple, il voudrait sûrement voir le nom Gaudet apparaître dans le livre.»

Il a travaillé pendant plusieurs années à la recherche et à l’écriture de ce premier roman paru aux Éditions Crescendo au Québec.