Une fin de parcours sur les mots de Caroline Bélisle

Les finissants en art dramatique de l’Université de Moncton concluent leur formation en incarnant une nouvelle pièce de Caroline Bélisle qui l’a écrite spécialement pour les neuf étudiants de 3e et 4e année. Dans une mise en scène de Karène Chiasson, Tuiles propose une suite de situations qui peuvent se produire dans l’intimité d’une salle de bain.

Le finissant et comédien Alex Gresseau souligne que le public aura la chance de vivre une sorte de montagne russe d’émotions. Oeuvre dramatique en plusieurs tableaux, Tuiles traite de différentes situations qui surviennent dans les salles de bain. C’est en quelque sorte des variations sur un même thème.

«Ce n’est pas juste une salle de bain à la maison, mais ça peut être toutes sortes de salles de bain, dans un hôtel, dans un immeuble public, pas public. Ce sont des situations qui peuvent se passer en solo ou en groupe dans le respect des règles de la COVID évidemment», a déclaré le finissant et comédien Jacques-André Lévesque.

Ce n’était pas évident de trouver une pièce de répertoire pour neuf comédiens qui peut être jouée en cette période de pandémie en respectant la distanciation physique, a mentionné la professeure et metteure en scène. Ils ont donc eu l’idée de faire appel à Caroline Bélisle, une dramaturge de Moncton de plus en en plus en vue. Celle qui a remporté le prix Gratien-Gélinas en 2020 et diplômée de l’École nationale de théâtre en écriture dramatique est demeurée très proche du département d’art dramatique. La création s’est faite en collaboration avec les acteurs à partir d’improvisations.

«La salle de bain, c’est l’intimité par excellence. C’est la première pièce où aller le matin et la dernière venue le soir. On y passe, qu’on soit à la maison ou ailleurs. Il y a des situations de toutes sortes. On va voir des ruptures de couple, des gens en train de se découvrir eux-mêmes, des fins de soirée qui peuvent parfois dégénérer. On va avoir aussi des gens qui vont venir visiter de l’extérieur comme un plombier par exemple. On va vraiment tout y passer», a poursuivi Jacques-André Lévesque.

Selon Karène Chiasson, l’univers de la pièce est plus ou moins réaliste avec une scénographie qui multiplie l’espace. Comme les salles de bain sont généralement des endroits exigus, ils ont dû imaginer ce concept pour le théâtre. À cela s’ajoutent des projections vidéo et des jeux d’éclairage. L’écriture de Caroline Bélisle comporte aussi une part de fantaisie.

«Ce sont en fait toutes des petites pièces. Il y a des univers qui sont drôles, mais il y a toujours un fond dramatique en dessous. C’est quand même des personnages qui vivent presque des tragédies souvent. Ce n’est pas vraiment une comédie, mais vous allez rire pareil.»

Oeuvre à peu près inclassable, Tuiles met en lumière des tragédies du quotidien, notent les comédiens. Karène Chiasson estime que les neuf comédiens ont vraiment tous de la place pour mettre à profit leur talent avec cette pièce. D’après Jacques-André Lévesque, cette création qui arrive à la fin de leur parcours leur fournit des outils importants pour entreprendre leur carrière professionnelle.

«Ce projet est la représentation qu’on est des artistes créateurs à la base et je pense qu’on a tous les outils pour aller créer nos propres projets par la suite», a ajouté le finissant de Moncton.

En plus des deux finissants, la distribution comprend Mara Saulnier, Sarah Nadeau, Lou-Anne St-Pierre, Danica Arsenault, Franç Desrosiers, Zacharie Cassista-Landry et Jean-Charles Weka.

Jacques-André Lévesque et Alex Gresseau répètent une scène de la pièce Tuiles. – Gracieuseté

La pièce Tuiles est présentée au studio-théâtre La Grange à Moncton du 13 au 17 avril. En raison des consignes sanitaires, la petite salle ne peut accueillir que 16 spectateurs. La plupart des représentations affichent déjà complet, ont fait savoir les comédiens.