Edwina Lynch joue de l’orgue à l’église depuis 80 ans!

Partout où va Edwina Lynch, la musique n’est jamais très loin. La musicienne nonagénaire native de Grand-Sault qui joue de l’orgue dans les églises depuis bientôt 80 ans figure certainement parmi les organistes les plus persévérantes en Acadie.

Difficile à dire avec exactitude si Edwina Lynch a établi un record de longévité comme organiste, mais une chose est certaine, la musique fait partie de sa vie depuis la petite enfance. Cette passionnée de musique a appris le piano très jeune auprès de sa mère et des religieuses de Notre-Dame-du-Sacré-Coeur.

Elle a commencé à chanter dans les chorales à l’âge de 6 ans. À 14 ans, elle fait ses débuts comme organiste dans les églises, dont celle de Grand-Sault. Celle qui soufflera ses 94 chandelles en juin continue de jouer du piano et de l’orgue au Faubourg du Mascaret à Moncton où elle habite en appartement depuis l’ouverture, il y a quatre ans. Elle accompagne la chorale et joue aussi pour des soirées musicales avec les résidents. Elle est d’ailleurs la première à avoir amené la musique dans ce complexe pour retraités.

«Je ne sais pas du tout ce que je ferais si je n’avais pas la musique. Partout où je suis allée, j’étais toujours à la musique, au piano», a-t-elle confié avec un sourire dans la voix.

La musicienne et enseignante de musique a vécu aussi à Edmundston, en Angleterre et à Montréal où elle a fait des études à l’école de musique Vincent-d’Indy. Le nom d’Edwina Lynch n’est probablement pas inconnu dans la région de Grand-Sault et d’Edmundston puisque celle -ci a inspiré bien des générations de musiciens. Elle a enseigné le piano et le chant pendant une bonne partie de sa vie en plus d’avoir collaboré à la fondation du Festival de musique d’Edmundston. Certains de ses élèves ont poursuivi une carrière musicale.

L’amour de la musique lui est venu d’abord de sa mère qui jouait du piano et chantait dans la chorale. Très jeune, sa mère qui aidait les religieuses l’amenait avec elle au couvent.

«J’ai été élevée par les sœurs pratiquement. Elles me faisaient chanter et je jouais de la musique sur un jeu de dames chez nous parce qu’on n’avait pas d’argent pour acheter un piano. Les dames rouges étaient des notes blanches et les dames noires étaient des notes noires.»

Elle se considère comme une pianiste avant d’être organiste. C’est en piano qu’elle a fait des études avancées. Si elle s’est tournée vers l’orgue, c’est parce que c’est l’instrument qu’elle avait à sa disposition dans les églises. Elle a donc appris à en jouer avec les religieuses. Elle aime les grands compositeurs comme Bach, Chopin et Debussy, mais elle joue aussi beaucoup de musique populaire souvent à l’oreille. Pendant toutes ses années à l’école, elle a chanté dans les chorales.

«Je ne prétends pas être une musicienne professionnelle, je suis une musicienne qui joue du piano, qui joue à l’église. J’ai joué partout où je suis allée. Les soirées d’amis, je ne dansais pas, je jouais du piano. Je ne peux pas vous dire ce que ça apporte, ça fait partie de ma vie.»

«Quand je suis triste, je joue du piano, quand je suis contente, je joue du piano», a ajouté la musicienne et mère de famille qui a également transmis sa passion pour la musique à ses quatre enfants.