Une nouvelle série télévisée explore le sexe et les technologies

Comment les technologies transforment-elles nos relations intimes? C’est ce que cherche à explorer la nouvelle série documentaire Sexe+techno. Les applications de rencontre, les jouets sexuels, la réalité virtuelle ou augmentée, le «body hacking», les sites de pornographie et bien d’autres sujets sont abordés dans cette nouvelle production acadienne réalisée par Anika Lirette et Emmanuelle Landry.

Anika Lirette qui a écrit le scénario de cette série documentaire et qui a réalisé cinq des 13 épisodes admet qu’elle est sortie un peu de sa zone de confort avec ce projet initié par deux entreprises de production de Maritimes. Quand on l’a approchée pour écrire le scénario, elle n’a pas hésité, voyant là une occasion de réaliser un projet complètement différent de ce qu’elle avait fait auparavant.

Elle précise que le scénario diffère de ce que les gens verront à l’écran, en raison des contraintes sanitaires. Tout comme pour la plupart des productions en cinéma et en télévision, la pandémie a causé bien des casse-têtes à l’équipe de tournage. L’équipe menée par les deux réalisatrices et le directeur photo Gilles Doiron, qui a également contribué à la réalisation de cette série, a pris la route au mois d’août 2020. Ils ont tourné dans plusieurs villes, dont Hamilton, Montréal, Toronto, Trois-Rivières et Moncton.

Dans chaque ville, ils vont à la rencontre d’experts dans divers domaines et intervenants qui évoluent dans l’univers du sexe et des technologies.

«Il y a tellement de défis à tourner une série sur le sexe sans se toucher», a soulevé Anika Lirette.

«Nous avons vraiment fait des miracles au niveau du contenu parce qu’il y a beaucoup de gens qui sont dans le scénario qui n’étaient peut-être pas disponibles dans des lieux où on ne pouvait pas se rendre à cause de la pandémie donc on a trouvé beaucoup de solutions créatives pour amener le contenu. Nous étions les premiers sur la route en tant qu’équipe acadienne de tournage», a expliqué Anika Lirette.

L’équipe aurait aimé aller tourner dans plusieurs autres localités, mais ce n’était pas possible en raison de la pandémie. Ils ont donc utilisé les plateformes de téléconférence tel que Zoom pour rejoindre des intervenants partout à travers le monde.

«C’est une industrie florissante au Canada, mais c’est aussi vraiment un sujet international.»

Le passé, le présent et le futur

Dans chaque épisode, les animateurs Marilou Éthier et Jean-Michel Vanasse traitent de divers sujets sous différents angles: personnels, émotionnels et techniques.

«La quête de Marilou Éthier (créatrice de contenu web) c’est beaucoup plus sur le côté personnel et celle de Jean-Michel Vanasse (animateur de Planète techno) est beaucoup plus sur la quête technologique.»

Si l’on se fie au premier épisode et aux résumés des prochains chapitres, on peut s’attendre à une série quand même assez audacieuse qui n’a pas peur de plonger dans des sujets plus sensibles. Anika Lirette confie que l’un de ses défis a été d’arriver à trouver l’équilibre entre l’aspect informatif et le divertissement sur un sujet délicat. Elle a travaillé avec une consultante canadienne spécialisée dans ce domaine. Bien des tabous à l’égard du sexe sont encore présents, souligne la réalisatrice.

«Ce qui est délicat avec ce sujet-ci, c’est qu’il y a beaucoup de fausses nouvelles, de mauvaises promotions et il y a beaucoup de choses qu’on ne devrait pas vraiment mettre la lumière dessus. Le plus gros travail était de justifier le contenu. La deuxième chose, c’était nos intervenants. Il y a des travailleuses du sexe dans notre série et elles ont voulu partager ouvertement le métier et l’industrie. Comme le dit Bella French, une ancienne «cam girl», sans sexualité, on n’existe pas. C’est tabou, mais en même temps, ça fait partie des besoins de santé.»

Ils abordent les thèmes en faisant l’historique, en parlant du présent et en rêvant du futur. Et l’avenir laisse présager des possibilités infinies. La scénariste mentionne que l’industrie du sexe et des nouvelles technologies est en pleine croissance. Pour plusieurs personnes, les technologies ont sauvé leur sexe pendant la pandémie, note-t-elle.

«Si on avait tourné cette série-ci sans pandémie, cinq ans passés, ça n’aurait pas eu le même impact qu’aujourd’hui parce que j’aurais probablement été une de celles qui aurait penché sur rien ne remplace le contact humain.»

Pour arriver à écrire le scénario, elle a dû s’immerger dans les nouvelles technologies et tout ce qui touche à cette industrie. La réalisatrice ne pose pas de jugement, préférant laisser le soin aux téléspectateurs de se faire leur propre opinion sur le sujet.

La série compte 13 épisodes de 24 minutes. Produite par Connections Productions et Botsford Média, l’émission sera diffusée sur UnisTV à compter du 5 mai à 23h.