S’il n’est peut-être pas nécessaire de s’exiler pour poursuivre une carrière professionnelle en danse, il reste que l’expérience acquise dans de grandes villes comme New York ouvre les horizons.

En 2016, la jeune artiste de la danse, Émily Chiasson, de Moncton, a fait ses valises pour aller s’établir à New York afin d’étudier à la Joffrey Ballet School. Elle n’avait alors que 16 ans.

«Quand j’ai pris l’autobus avec mes quatre valises et que je suis arrivée à Times Square, je n’avais pas peur. Finalement, c’est ici que je suis chez nous. J’étais très excitée par cette nouvelle aventure puisque je pouvais danser toute la journée. J’ai appris aussi beaucoup de choses la première année, comme faire mon lavage, mes repas. Je n’avais plus ma mère pour faire toutes les choses qu’elles faisaient avant», raconte l’artiste de 20 ans avec le sourire dans la voix.

Après deux années dans le programme de ballet, l’Acadienne a fait son entrée dans le programme de jazz et contemporain. Dans sa formation, elle danse tous les styles et touche aussi au théâtre. Quand elle a été admise dans cette prestigieuse école, elle n’a pas hésité une seconde à déménager à Manhattan.

Aujourd’hui, elle loge dans un appartement au centre de l’activité culturelle, à proximité du célèbre quartier des spectacles. Celle qui a commencé à danser à l’âge de 2 ans a grandi dans les studios de danse, en commençant par l’école DancEast, suivie de l’Académie de ballet classique et de danses modernes. Elle convient que plusieurs collèges et universités au Canada offrent des formations en danse, mais pas nécessairement comme à New York où elle danse du matin au soir.

«Je vis au milieu du monde à Broadway donc je peux aller voir des performances (avant la pandémie). Depuis que je suis arrivée, j’ai vraiment vu ce que ça prenait pour devenir une danseuse professionnelle. J’ai été vraiment chanceuse d’être ici dès l’âge de 16 ans et ça m’a ouvert les yeux à toutes les opportunités possibles. Il y a beaucoup d’opportunités aussi au Canada, c’est juste que les choses que j’aimerais faire je pense qu’elles sont plus à New York.»

Même si Émily Chiasson rêve d’une carrière sur Broadway, elle se dit prête à voyager là où la danse la mènera. Elle n’écarte pas l’idée de revenir un jour à Moncton afin de partager son expérience avec les plus jeunes danseurs et «de montrer que c’est possible même si je suis d’une petite ville de Moncton.»

Une discipline exigeante

Bien sûr, il y a des défis. Quand sa famille lui manque, elle se rappelle la chance qu’elle a d’étudier à New York. Ces longues journées de danse peuvent être exigeantes physiquement. Elle a donc appris à prendre soin d’elle, de sa santé physique et psychologique.

«Pour être danseuse, c’est beaucoup de travail sur soi. On va entendre beaucoup de non et peut-être un oui. Le oui va faire toute la différence. Il faut être fière de soi et savoir qu’on est bon. Ce n’est pas facile. Si on veut faire ceci comme une carrière, il faut montrer qu’on le veut vraiment parce qu’il y a beaucoup de danseurs à New York et dans les auditions.»

Au cours de la prochaine année (dernière année de son programme d’étude), elle envisage de se présenter à des auditions. Les contacts sont très importants dans ce milieu, note-t-elle.

«Si tu connais un chorégraphe, il peut te faire entrer dans des auditions.»

Les auditions peuvent être des expériences assez éprouvantes, souligne l’artiste.

«On ne s’y habitue jamais parce que la personne derrière la table est toujours différente. On ne sait jamais ce qu’il cherche. On peut être dans une salle avec 150 danseurs et il n’y a pas vraiment d’espace. C’est vraiment comme ce que l’on voit dans les films.»

À ce jour, son expérience à New York correspond à ses attentes.

«Pour moi, le rêve c’est juste d’être sur Broadway. Tout de suite, j’aime l’idée de danser, de chanter et de jouer ensemble.»

Vivre de la danse

Selon la directrice de l’Académie de ballet classique et de danses modernes à Dieppe, Suzanne Bourque, il est de plus en plus possible pour les artistes de la danse de pratiquer leur art au Nouveau-Brunswick. Du moins, les occasions sont plus nombreuses qu’avant.

«Ils (les danseurs) peuvent peut-être revenir à Moncton et travailler plus en danse qu’ils auraient pu le faire autrefois. À un moment donné, j’ai l’impression qu’il faut quand même un peu quitter la province si un danseur veut vivre de ça et voir autre chose pour ouvrir ses horizons. Ici, souvent ils vont avoir un autre emploi probablement avec la danse», a-t-elle expliqué.

En vivant dans de grands centres, les artistes sont au cœur de l’action et ils ont l’occasion de côtoyer d’autres artistes du milieu de la danse et peut-être plus de chance d’être embauchés dans une production internationale, mentionne la directrice.

«C’est aussi la chance de voir des spectacles, les artistes, les chorégraphes, mais aussi la chance de se faire voir. En suivant des cours à New York, Montréal et Toronto, ils rencontrent un chorégraphe, un metteur en scène, un directeur, ils vont se faire voir par des professionnels qui vont pouvoir les placer dans leur pièce, dans leur film. Ceci étant dit, il y a plein de personnes qui s’entraînent ici et qui voyagent à Montréal», a-t-elle ajouté.

Émily Chiasson. – Gracieuseté Jamie Fenn

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