Que ce soit en musique ou en théâtre, Justin Guitard cherche à divertir tout en suscitant une réflexion sur divers enjeux humains et sociaux.

L’auteur et enseignant de Moncton qui a plusieurs cordes à son arc arrive dans le paysage culturel avec un album et la première pièce du nouveau Théâtre du Tsar qu’il a fondé. Son premier disque, La loi du plus corps, rassemble huit chansons qui abordent des thématiques qui le touchent de près. L’image du corps est au centre de cet album.

«Il y a le temps qui passe, l’usure du temps sur le corps, mais surtout l’image que les autres ont de nous. On est dans une société où l’image est peut-être même trop importante et il y a des gens qui se laissent quand même beaucoup affectés par ça. C’est quelque chose que je ne voulais pas nécessairement dénoncer, mais dont j’avais envie de parler», a-t-il exprimé.

Justin Guitard mentionne que les médias sociaux contribuent à promouvoir une sorte de culte de la perfection.

«On parle de beauté extérieure, mais je pense à la beauté intérieure aussi. La société nous envoie une image très léchée, il faut être parfait, être bon, il faut réussir les choses et les gens qui ne réussissent pas tout du premier coup tout le temps se trouvent peut-être laids aussi.»

Album de collaboration

Pour mener à bien ce projet d’album, Justin Guitard s’est associé à Matt Boudreau qui signe la réalisation et la musique de trois chansons. Son frère Frédérik Guitard a composé la musique de cinq pièces, tandis que Samuel Mallais a collaboré à deux chansons. Naviguant entre le folk et le pop-rock, ce premier opus rappelle un peu par moments le souffle et l’ambiance musicale des Trois Accords. Reine de l’Alberta en est un bel exemple. Une chanson à la fois comique et extrêmement triste inspirée par le départ des travailleurs dans l’Ouest.

«C’est ça que j’aime dans un bon livre, un bon album, une bonne chanson, un bon film, c’est une oeuvre d’art qui est capable de te faire rire et de te faire pleurer en même temps», a commenté l’auteur natif de Pointe-Verte près de Bathurst.

En plus de chanter sur l’album, l’auteur-compositeur a fait appel à d’autres interprètes pour les voix. On retrouve deux anciens finalistes du concours Accros de la chanson, Marielle Fontaine et Dominique Melanson (étudiant en chant à l’Université de Moncton), ainsi que Vanessa Guitard, Isabelle et Marie-Pier Arseneau (étudiante en chant à l’Université de Moncton).

«J’avais envie de mettre en valeur d’autres talents, des jeunes que j’ai côtoyés. Il y en a là-dedans qui sont de mes anciens joueurs d’improvisation, mais qui ont un beau talent. J’avais envie de leur donner une chance de poser leur voix sur une chanson, faire partie du processus d’un album […]. Pour eux, c’est une belle carte de visite. Je pense qu’il y a des gens là-dedans qui pourraient faire carrière dans ce métier-là.»

Il a travaillé longuement à l’écriture des textes, jugeant qu’il est important d’avoir quelque chose à dire quand on fait de l’art.

S’il a mis la musique en veilleuse pendant plusieurs années, c’est qu’il a vécu une histoire assez étrange dans sa jeunesse. Il a fait partie d’un ensemble de jeunes chanteurs dans le nord de la province lorsqu’il était enfant. L’homme qui dirigeait cet ensemble était en réalité, un fugitif et un arnaqueur recherché par la police du Québec. Il a finalement été arrêté et cette affaire a laissé un goût amer chez les jeunes, raconte l’artiste.

Première production du Théâtre du Tsar

L’auteur accorde aussi une place aux jeunes talents dans ce projet théâtral. Présentée les 12 et 13 juin au Centre des arts et de la culture de Dieppe, la comédie dramatique Les chanteuses se cachent pour mourir rassemble cinq comédiens acadiens. La pièce raconte l’histoire de Louise de Castelneau, une étoile de la chanson déchue, sans le sou. Un millionnaire, secrètement amoureux d’elle, lui offre de venir vivre dans son manoir, mais à la condition qu’elle ne chante plus jamais. Acceptera-t-elle son offre et d’abandonner sa passion pour le chant?

«Il y a un regard sur le fait de vivre nos passions et nos rêves. Est-ce qu’on peut juste faire une chose dans la vie? Qu’est-ce qui nous arrive si on perd ce qui est le plus précieux? Il y a des réflexions, des bouts comiques et des bouts dramatiques.»

Avec le Théâtre du Tsar, Justin Guitard compte présenter deux pièces

La troupe de comédiens de la pièce Les chanteuses se cachent pour mourir. – Gracieuseté

en 2021. Par la suite, le directeur artistique envisage de produire trois à quatre œuvres sur une base annuelle. Elles pourraient être écrites par d’autres auteurs.

«Je veux donner une chance aux gens qui n’ont peut-être pas choisi d’étudier en théâtre, ce n’est peut-être pas leur métier principal, mais c’est quand même des comédiens qui ont du talent et de calibre professionnel», a expliqué le directeur, précisant qu’il s’agit d’une production professionnelle. Tous les acteurs reçoivent un cachet.

Selon lui, il y a encore de la place en Acadie pour d’autres compagnies de théâtre. La pièce Les chanteuses se cachent pour mourir met en vedette Marie-Pier Arseneau, Mélanie Babineau, Marielle Fontaine, Noémie Robichaud et Dominique Melanson.

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