Couronnée du Prix littéraire du Gouverneur général pour sa traduction du recueil Océan de Sue Goyette, Georgette LeBlanc se réjouit de ce grand honneur. La poète acadienne estime qu’il s’agit d’une aide précieuse, rappelant comment il peut être difficile de vivre de son écriture en Acadie.

Le jury a dévoilé, mardi, les lauréats des Prix littéraires du GG 2020 dans les différentes catégories. Dans la catégorie traduction, c’est le recueil Océan publié aux Éditions Perce-Neige qui a récolté les honneurs. Dans ce livre, la poète de Halifax fait en quelque sorte la biographie de l’océan.

«Les poèmes de ce recueil résonnent avec le bruit des vagues s’échouant sur la côte acadienne de la Baie Sainte-Marie. Georgette LeBlanc a entendu l’appel des vers de Sue Goyette et y plonge comme une sirène dans l’océan. À la lecture de cette épopée lumineuse, traduite dans une langue poétiquement juste, chacun et chacune entendra au loin le cornet de brume et goûtera l’iode dans le vent», a commenté le comité d’évaluation par les pairs.

Georgette LeBlanc reçoit cette récompense comme un immense honneur.

«Ç’a été une belle surprise. C’est énorme. Ça me fait de quoi pour Sue Goyette parce que c’est son recueil qui est primé d’une façon, c’est elle la créatrice d’Océan. Ça me fait plaisir aussi parce que c’est une traduction dans un français acadien et puis c’est beau. C’est toute une affaire!», a exprimé la poète qui était pratiquement sans mots tant l’émotion est grande.

Elle remporte ce prix pour sa première traduction littéraire en carrière. Recevoir une telle récompense est très encourageant.

«Ça m’aide. Ce n’est pas un travail facile, l’écriture ni la traduction. Recevoir un prix comme ça, même être finaliste, ça encourage et ça aide beaucoup. C’est à la fois une reconnaissance, aussi une diffusion, une visibilité qui n’est pas facile à obtenir même avec les réseaux sociaux. C’est toute une industrie qui nous encourage et ça fait du bien.»

Selon celle-ci, la maison d’édition et toute l’équipe qui l’accompagne bénéficient aussi de cette distinction.

Pour réaliser la traduction, l’auteure lui a donné carte blanche. Georgette LeBlanc précise que la traduction littéraire est tout un autre monde. Elle dit avoir beaucoup appris en réalisant la version française d’Océan.

«Sue Goyette m’a donné toutes les permissions puis ça m’a fait du bien parce qu’on se sent responsable quelque part. On veut vraiment que le message passe et que ce qu’on aime du texte d’origine passe. On ne voudrait pas trahir ou défaire toute la beauté qui est dans le texte d’origine.»

La traductrice souligne qu’elle s’est reconnue dans la poésie de sa collègue. «J’aime sa façon d’écrire comme poète, ses vers, sa façon de penser à la poésie.»

Un parcours remarqué

Ayant grandi à la Baie Sainte-Marie et maintenant établie à Moncton, l’écrivaine qui a été finaliste des Prix du GG en 2014 pour son recueil Prudent, remporte la prestigieuse récompense pour la première fois. Elle a publié quatre recueils de poésie et une traduction en plus d’avoir collaboré à l’écriture du scénario de la télésérie Belle Baie. Elle a également contribué à la création d’albums musicaux, dont ceux des groupes Radio Radio et Cy. Georgette LeBlanc a été la poète officielle du Parlement canadien en 2018-2019, ainsi que la poète flyée du Festival Frye.

Chaque lauréat reçoit une bourse de 25 000$, tandis qu’un montant de 3000$ est remis à l’éditeur du livre gagnant. Sept ouvrages de langue française (roman et nouvelle, poésie, traduction, littérature jeunesse illustrée et texte, essai, théâtre) ont été récompensés du Prix littéraire du Gouverneur général 2020. L’Acadie a brillé dans la catégorie des traductions littéraires cette année. Trois des cinq finalistes sont du Nouveau-Brunswick. On y retrouve la version française de L’accoucheuse de Scots Bay d’Ami Mckay, de Sonya Malaborza et Jonny Appleseed de Joshua Whitehead, traduit par Arianne Des Rochers. Ce sont des livres avec des univers très différents les uns des autres.

«Le jury avait une grosse job parce que les livres de mes collègues qui étaient là aussi, ce sont des traductions impressionnantes.»

Les auteurs de l’Acadie auraient-ils un talent particulier pour la traduction littéraire?

«Je ne sais pas, mais c’est sûr que le fait qu’on se côtoie, on est quelque part presque obligé de vivre des fois dans les deux langues. C’est sûr qu’il y a peut-être une plus grande ouverture vers l’autre ou plus facile ici dans les Provinces atlantiques. C’est intéressant. C’était une belle année pour les traducteurs de l’Acadie», a commenté la lauréate.

Pour la poète acadienne, l’écriture continue. «On ne peut pas s’asseoir et attendre des prix», lance celle qui travaille actuellement à l’écriture d’un nouveau manuscrit en poésie qu’elle espère terminer bientôt.

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