Sorte d’autofiction, la bande dessinée Chouette et Crevette illustre les réalités des artistes Camille Perron-Cormier de Dieppe et Karensac de Bordeaux en France. Au milieu des deux continents se dresse l’océan faisant le pont entre les deux univers.

La bande dessinée peut prendre différentes formes comme en témoigne l’exposition présentée à la Salle Sans Sous de la Galerie Sans Nom à Moncton qui met en lumière le travail de quatre bédéistes du Nouveau-Brunswick et de la France.

L’illustratrice et bédéiste Camille Perron-Cormier qui a pris part à cette résidence de création virtuelle a été jumelée à la bédéiste française Karensac (créatrice de la série Aubépine), dont la feuille de route est bien garnie. Pour la jeune artiste de Dieppe, l’aspect social revêt une certaine importance dans son œuvre.

«Je dis toujours quand je donne des ateliers pour les jeunes que quand on commence un projet, ça vient d’une étincelle, de quelque chose qu’on veut exprimer puis c’est sûr que souvent cette étincelle va venir de quelque chose de social. Je dirais qu’il y a un lien social pour moi consciemment et inconsciemment», a affirmé celle qui réalise, entre autres, des bandes dessinées et illustrations pour le bulletin d’information Corpuscule du Conseil provincial des sociétés culturelles.

La jeune artiste qui depuis bientôt 15 ans crée des bandes dessinées aime ce médium puisqu’il lui permet de combiner l’écriture et le dessin.

En participant à cette résidence de création, elle a pu pousser plus loin son art et retrouver le plaisir de la collaboration, mentionne-t-elle.

Avec Karensac, elles ont imaginé un projet commun. Tout au long de la création et de leurs échanges virtuels, les deux artistes se sont posé plusieurs questions sur leurs vies respectives. Leurs univers se rencontrent dans cette bande dessinée, un peu comme si la côte acadienne se retrouvait face au littoral français.

D’un côté, il y a la vie de Chouette à Dieppe et Moncton, et de l’autre, celle de Crevette à Bordeaux. Chouette et Crevette étaient des surnoms que leur donnaient leurs parents.

«Les cases se reflètent dans nos deux réalités. Il y a comme un passage de la sphère plus personnelle à une sphère plus large. On commence avec notre appartement, notre chez nous, notre travail et on passe vers les villes et on finit à la mer. Bordeaux c’est assez proche de la mer un peu comme Moncton. On a une grande identité avec la mer.»

Du crayon à l’ordinateur

Elles ont commencé les dessins au crayon pour les finir à l’ordinateur, leur permettant ainsi de partager leur travail même si elles sont éloignées. Il se dégage de cette bande dessinée sans texte un effet très harmonieux. Leurs styles de dessins s’agencent bien. Les teintes douces laissent toute la place aux sujets.

«Je pense que notre approche de faire une bande dessinée muette était plus atmosphérique et concentrée sur ce que racontent les images. On n’avait pas vraiment besoin de mot pour que ça se comprenne. Je pense que les gens pourront faire les parallèles par eux-mêmes sans qu’on leur raconte quoi que ce soit.»

Camille Perron-Cormier ajoute que ce projet l’a beaucoup inspiré et lui a donné de l’énergie pour continuer à travailler. En plus de ses projets d’illustration, elle travaille sur une bande dessinée Crapaud et Romarin depuis quelques années. Elle complète aussi un projet de création sur le personnage historique Mathieu Da Costa.

Sackville et Strasbourg

L’exposition présente aussi le travail de Laura K. Watson de Sackville jumelé à celui d’Elizabeth Holleville de Strasbourg en France.

Les deux créatrices ont choisi de réaliser des projets individuels tout en s’inspirant de leurs échanges. À partir d’une carte postale adressée à l’une et à l’autre, les deux productions se complètent. Elles jettent un regard sur leurs pratiques artistiques, l’influence de l’internet, la pandémie et la crise climatique.

Cette résidence de création a été mise sur pied par plusieurs organismes culturels, dont le Festival Frye et l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick.

Le vernissage de l’exposition se tient ce jeudi 17 juin à compter de 17h.

L’exposition sera en montre jusqu’au 16 juillet.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle