Après ses rencontres intergénérationnelles avec les Premières Nations, les immigrants ainsi qu’avec les anglophones, la série Vis-à-Visages traverse de l’autre côté de la rivière Restigouche afin, cette fois, de bâtir – voir rebâtir – des liens entre Acadiens et Gaspésiens.

Le Conseil provincial des sociétés culturelles (CPSC) a procédé, mardi matin à Campbellton, au dévoilement de la sixième édition de son projet Vis-à-Visages, regards croisés.

Présent dans le paysage culturel de l’Acadie depuis plus d’une décennie, cette initiative propose cette fois une collaboration avec la Gaspésie.

Qu’est-ce que Vis-à-Visages? C’est un projet de proximité social qui vise à rapprocher deux groupes qui sont d’apparence éloignés, voire polarisés.

«L’idée, c’est de changer la vision que l’on a de l’autre, de s’apprivoiser en quelque sorte afin de mieux s’apprécier. Et pour y arriver, on se sert de la culture, du documentaire», explique Marie-Thérèse Landry, directrice générale du CPSC.

Douze Gaspésiens iront à la rencontre de douze Acadiens afin de préparer soit un court documentaire vidéo ou photo portant sur l’engagement social de leur interlocuteur. L’année suivante – puisqu’il s’agit d’un projet de deux ans -, les rôles sont inversés.

Si leur proximité semble évidente, les populations n’ont pas nécessairement une grande connaissance l’une de l’autre. Comme les relations ont été mises à rude épreuve en raison de la fermeture des frontières, ce projet tombe à point, surtout qu’il a dû être différé d’une année.

«La pandémie est assurément un facteur qui a contribué à nous éloigner davantage. Mais nous avons néanmoins une appartenance commune. Maintenant, la frontière est ouverte et ça fait vraiment du bien de pouvoir enfin aller d’un côté comme de l’autre. C’est à nous de rebâtir les liens», souligne Mme Landry.

En Gaspésie, c’est l’organisme Culture Gaspésie qui chapeaute le projet. Pour sa directrice générale Céline Lebreton, Vis-à-Visages arrive à point.

«On a des ponts naturels qui existent avec l’Acadie, ayant nous-mêmes une grande communauté acadienne sur notre territoire. On croit au rapprochement de nos deux communautés. Et quand on considère tout ce qui s’est passé avec la pandémie, je crois que ça ne fera pas de mal de se rapprocher à nouveau. En ce sens, un projet comme celui-ci ne peut qu’être bénéfique», indique-t-elle.

Les documentaristes amateurs et les participants n’ont pas encore été sélectionnés. Ils le seront par appels d’intérêt sur le site du CPSC. Les personnes intéressées pourront bientôt soumettre leur candidature.

Deux formateurs et mentors seront par ailleurs mis à contribution pour ce projet afin de former les deux groupes qui seront amenés à produire une œuvre, soit Julie D’Amour-Léger (photographie) et le cinéaste Paul Arseneau (vidéographie).

À noter que le résultat des cinq premières éditions du projet Vis-à-Visages est exposé en permanence à la Place de la Cathédrale à Moncton. Le projet annoncé fera l’objet d’une exposition itinérante qui visitera les territoires ciblés lors des activités du 50e anniversaire du CPSC.

Le projet est financé par le Secrétariat québécois aux relations canadiennes à raison de 20 000$ par année.

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