Afin d’assurer une relève collective à leur entreprise, les propriétaires de la Librairie Pélagie dans la Péninsule acadienne ont commencé à sonder la formule d’une coopérative de solidarité.

La librairie Pélagie qui compte deux succursales à Caraquet et Shippagan est à vendre depuis un certain temps. Les propriétaires, Julien Cormier et Isabelle Bonnin, songent à leurs projets de retraite. Julien Cormier tient à démentir la rumeur voulant qu’ils envisagent de fermer la librairie.

«Ce n’est pas du tout l’intention de fermer. On a juste l’intention de prendre notre retraite comme tout le monde. C’est hors de question que je mette la clé sur la porte parce qu’Isabelle et moi, on n’a pas mis 32 ans là-dedans pour juste fermer. C’est bien trop important, on est tellement fier de ça que c’est hors de question qu’on ferme», a affirmé le copropriétaire.

Pélagie figure parmi les cinq librairies francophones indépendantes au Nouveau-Brunswick. Depuis la mise en vente de l’entreprise, des acheteurs potentiels ont manifesté de l’intérêt, mais rien qui n’a abouti concrètement. Les propriétaires se tournent maintenant vers l’idée de fonder une coopérative de solidarité, un peu selon le modèle de la librairie Les Bouquinistes à Saguenay qui a opté pour cette formule collective en 2020.

«J’aimerais tellement qu’on puisse faire la même chose ici parce que tout à coup pour la pérennité de nos librairies ce serait génial parce que la librairie appartient aux gens et à la communauté. J’adore cette idée-là et j’avoue que je privilégie cette idée-là plutôt que de passer ça à un entrepreneur qui veut faire des sous. Si on pouvait aller au bout de ça, j’avoue que je serais très content.»

L’objectif est de former une équipe de personnes passionnées qui veulent maintenir la librairie vivante. D’après Julien Cormier, il y a des gens qui seraient intéressés à embarquer dans l’aventure et à investir dans la création d’une coopérative pour acheter la librairie. Mais d’ici à ce que la coopérative voit le jour, il y a plusieurs démarches à entreprendre, précise le libraire.

«C’est encore nébuleux. On a du travail à faire en amont pour mettre les choses ensemble. Il y a des gens à qui on a parlé qui seraient prêts à investir dans une coopérative comme celle-là», a indiqué M. Cormier, précisant qu’ils n’en sont qu’aux balbutiements.

«Il faut que la journée qu’on va mettre des gens autour d’une table, qu’on puisse leur dire voilà ce qui est possible.»

Les copropriétaires se disent prêts à entamer des démarches afin de passer le flambeau à un comité qui pourrait mettre en place une coopérative afin de racheter les deux librairies. La coopérative de solidarité serait formée de plusieurs membres: travailleurs, clients et gens de la communauté qui ont des besoins économiques, sociaux et culturels communs.

«Ils s’associent ensemble parce qu’ils ont ces besoins communs, mais leur objectif économique n’est pas la recherche du profit. C’est juste parce qu’ils veulent garder vivante une entreprise culturelle dans leur communauté. Leur argent est garanti, mais il ne faut pas qu’ils s’attendent à des profits mirobolants», a ajouté Julien Cormier.

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