Est-ce le thème des rapports humains, la puissance évocatrice des œuvres et leur ampleur qui font que la collection Mouvement de rapprochement de Mario Cyr suscite autant d’intérêt? C’est un peu comme si l’artiste avait pressenti l’avenir en créant cette série de peintures qui met en valeur la rencontre humaine, sans filtre et sans écran.

Depuis sa première présentation au Centre culturel Aberdeen à Moncton en décembre, Mouvement de rapprochement a été exposée dans cinq villes de la province et elle continuera sa route jusqu’à Fredericton et Caraquet cet automne.

En montre à la Galerie Artcadienne au Carrefour communautaire Beausoleil à Miramichi jusqu’au 29 août, cette série de peintures qui s’appuie sur deux chaises invite le public à réfléchir aux rencontres humaines. Mario Cyr a réalisé ses œuvres avant même que la pandémie ne bouleverse les habitudes des gens et que le virtuel devienne le moyen de maintenir un semblant de vie sociale. Sa réflexion sur la présence des réseaux sociaux et des écrans dans nos vies remonte à bien des années. Déjà, les écrans contribuaient à nous éloigner les uns des autres, note-t-il.

«Ce l’était dans nos vies et à l’époque on était tous un peu rebutés par ça parce qu’on trouvait que ça commençait à prendre trop de place, puis c’était un peu ce sentiment-là qui m’a fait réfléchir là-dessus», a-t-il expliqué.

En imaginant des rencontres par le biais de deux chaises et de personnages abstraits, il a voulu en quelque sorte redonner un sens aux relations humaines, non pas celle à l’écran, mais en personne. Mario Cyr raconte que la série est née d’un premier tableau qui contenait deux chaises et des personnages. Cette œuvre a frappé tellement fort son imaginaire qu’il a eu envie d’approfondir sa démarche et de créer toute une collection autour de cette thématique.

«Finalement les deux chaises sont devenues l’outil qui me permettait de représenter les formes abstraites sous la forme de deux personnages qui se rencontrent. Cette image était tellement forte pour moi que ça représentait un genre de tête-à-tête dans un café.»

Un face à face

Dans chacune des œuvres, les deux personnages aux formes abstraites ont de grosses têtes très rapprochées l’une de l’autre. Avec la pandémie, le terme «en présentiel» a fait son apparition. L’artiste de Moncton rappelle qu’avant la crise sanitaire, on ne pouvait pas imaginer une rencontre sans être physiquement présent.

«On dirait que ça fait partie un peu de l’histoire du passé. Aujourd’hui, c’est un privilège d’être physiquement face à face puis c’est aussi un peu risqué de s’aventurer à une rencontre en présentiel.»

Avec cette série, le peintre a tenu à rester dans l’abstrait même s’il y a petite part de figuratif avec les chaises. Les personnages aux couleurs et aux formes variées et éclatées reflètent aussi une sorte d’énergie que représente la rencontre entre deux personnes. Il invite le public à retrouver des rapports humains aussi chaleureux que spontanés que sur ses toiles. Le commissaire Paul-Édouard Bourque qui a travaillé avec Mario Cyr explique que l’artiste offre «une œuvre qui définit notre humanité et qui donne une forme définitive aux interactions qui nous permettent de penser, de vivre et de ressentir notre monde.»

Le bal masque, oeuvres et portrait de Mario Cyr, (mars 2020). – Gracieuseté: Mathieu Léger

«Chaque composition, par ses formes, ses couleurs et son tracé, révèle la complexité propre aux rapports interhumains, et aux manifestations tangibles de ces rencontres.»

En flirtant avec le figuratif et l’abstrait, il crée des passerelles entre le réel et l’imaginaire, ajoute M. Bourque.

Si l’artiste s’est donné comme constante d’utiliser les deux chaises dans toutes ses œuvres, il est demeuré dans l’abstrait pour ses personnages en les découvrant au moment de les peindre, à partir des formes, des lignes, des mouvements et des couleurs.

«Je commençais toujours à faire des formes abstraites et je savais que je devais finir par séparer ça en deux unités et après ça essayer de formuler des personnages. C’était ça mon défi de toujours finir avec deux personnages […]. Je ne sais pas d’avance quel personnage va sortir de là. Ça vient avec les choix de couleurs et ça impose une forme d’énergie.»

Seize tableaux de moyens et grands formats composent la collection présentée à Miramichi. Après Moncton, Dieppe, Campbellton, Saint-Jean et Miramichi, la série sera exposée au Centre communautaire Sainte-Anne à Fredericton et à la Galerie Bernard-Jean à Caraquet. D’ici la fin de la tournée, l’exposition aura été présentée dans neuf galeries d’art de la province.

 

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