Les diffuseurs de spectacle emboîteront-ils le pas au festival Voir Miscou et mourir en matière d’exigence vaccinale? Si certains d’entre eux semblent favorables à la mise sur pied d’une forme de passeport vaccinal dans la province, toutefois ils n’entendent pas faire cavalier seul dans ce domaine.

Les organisateurs de la série de spectacles Voir Miscou et mourir, sur l’île Lamèque, ont décidé de ne pas attendre après le gouvernement provincial pour exiger une preuve vaccinale à leur clientèle pour les deux derniers concerts de la saison. Ceux-ci devront présenter un document attestant qu’ils ont reçu leurs deux doses de vaccin contre la COVID-19.

«Que Higgs me suive!», lance la responsable de l’événement, Sandra Le Couteur. Ces deux concerts qui mettent en vedette l’ensemble de jazz de la médecin hygiéniste en chef, Jennifer Russell, ont lieu à l’Église Sainte-Cécile de Petite-Rivière-de-l’île, les 11 et 12 septembre.

«Il y aura beaucoup de monde. On a beaucoup de billets vendus. On veut être à l’aise et il est temps qu’on passe à autre chose. Avec les deux vaccins, on est protégé. Si tout le monde a les deux vaccins à côté de nous, nous sommes protégés et on peut s’amuser», a-t-elle expliqué.

Sandra Le Couteur entend aussi exiger une preuve vaccinale pour son prochain festival La plaine rouge, dont l’ouverture se déroulera au Phare de Miscou le 2 octobre. Celle-ci précise que la salle est exiguë donc, ils ne veulent pas prendre de risque sur le plan sanitaire.

Rappelons que le premier ministre Blaine Higgs a annoncé mercredi qu’il n’entend pas instaurer de passeport vaccinal pour le moment, mais qu’il ne ferme pas complètement la porte. Le dossier est à l’étude.

«Nous, on va de l’avant avec ça parce qu’on a besoin de ça. On veut avoir du monde dans nos salles. Il y a des gens qui n’ont pas acheté de billet parce qu’ils avaient peur que les gens ne soient pas vaccinés. On ne veut pas vivre dans la peur, on ne veut pas diviser, on veut être ensemble, avoir du plaisir et recommencer à aller dans les salles de spectacle et c’est en étant protégé comme ça qu’on va y arriver», avance-t-elle.

Elle ne croit pas que cette nouvelle mesure éloignera une partie du public. Au contraire, depuis qu’elle a fait cette annonce, elle a reçu surtout des messages de félicitation de la part de sa clientèle. Ceux qui ne pourront pas fournir de preuve vaccinale devront rebrousser chemin, mais elle ne s’attend pas à ce que cela touche un grand nombre de personnes.

«Je ne veux pas jouer avec la santé des gens par peur de déplaire à ceux qui ne veulent pas se faire vacciner. Si tu ne veux pas te faire vacciner, tu ne viens pas à mon spectacle. Pour ceux qui n’ont pas été vaccinés, on va probablement les rembourser.»

Encouragé, mais pas exigé

Ailleurs dans la province, des diffuseurs culturels se disent plutôt en faveur d’un passeport vaccinal, mais pour l’instant ils ne l’exigent pas. Plusieurs établissements culturels continuent de recommander le port du masque, ainsi qu’une série de mesures sanitaires comme le lavage des mains.

Le directeur général du Centre des arts et de la culture de Dieppe, Louis Doucet, encourage la vaccination et croit qu’un passeport vaccinal provincial pourrait être bénéfique pour le milieu des arts de la scène, précisant qu’il y a encore des gens qui sont réfractaires à l’idée d’entrer dans une salle de spectacle.

«Je pense plutôt positif par rapport au degré de sécurité que l’on aurait autant pour les gens qui viennent fréquenter le centre que pour nous parce que nous avons quand même un important volume de clientèle jeunesse qu’on a le souci de protéger. Pour moi, le contrôle vaccinal serait positif à la fois pour nos clients externes et nos partenaires internes.»

Or, tant que la Santé publique du Nouveau-Brunswick ou la Ville de Dieppe ne l’imposent pas, il n’a pas l’intention d’agir en solo.

«Si la ville exigeait le passeport ou la preuve vaccinale dans ses lieux publics, il se peut fort bien qu’on s’inscrive dans la même lancée»,
a commenté M. Doucet.

Au Théâtre Capitol à Moncton, la directrice générale Kim Rayworth est à peu près du même avis. Elle note que sur le plan national, il y a même des artistes qui demandent aux diffuseurs d’exiger une preuve vaccinale. Mme Rayworth souhaiterait que le gouvernement provincial les outille avec un moyen en bonne et due forme pour vérifier la vaccination chez leur clientèle.

«Je pense que c’est ça qu’on entend dire pour plusieurs secteurs et commerces. Je suis de l’avis que les gens aimeraient avoir cette confiance additionnelle. On apprécierait beaucoup les consignes du gouvernement à ce sujet.»

Celle-ci ajoute que les spectacles de la nouvelle saison seront présentés dans une salle à pleine capacité à moins d’avis contraire. La direction continue de recommander fortement aux gens d’être vaccinés et de porter leur masque jusqu’à leur siège.

Le directeur général du Centre culturel de Caraquet, Claude L’Espérance, précise qu’ils n’exigeront pas de preuve vaccinale, mais si toutefois la situation sanitaire dans la Péninsule acadienne se dégradait, la possibilité de l’imposer serait sérieusement examinée.

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