Quand vient le temps de soumettre des productions à des festivals de cinéma, l’ONF privilégie la qualité plutôt que la quantité. Elise Labbé, chef des festivals et du développement des auditoires, reconnaît que le nombre d’événements se multiplie sur la planète et qu’une recherche rigoureuse doit être menée afin de s’assurer qu’un film soit en bonnes mains.

«C’est un océan de festivals et il faut apprendre à naviguer sur cette mer-là qui est parfois houleuse», a déclaré en entrevue Elise Labbé.

À la suite de la parution d’un article sur le phénomène des festivals fantômes de films, l’Acadie Nouvelle a voulu savoir un peu comment procède l’ONF pour soumettre ses productions aux événements.

Seulement sur la plateforme filmfreeway, on compte des milliers de festivals, dont certains paraissent plutôt obscurs. Pour chaque production, l’équipe de Mme Labbé élabore une stratégie de diffusion, dépendant de son sujet, de son format et de son public naturel. Par exemple, si c’est une proposition venant du Nouveau-Brunswick, il y a de fortes chances que le point de départ soit le Festival international du cinéma francophone en Acadie pour ensuite voyager ailleurs au pays.

«On va aussi favoriser ou prioriser la qualité des festivals plutôt que la quantité. La quantité peut venir par la suite, mais notre objectif n’est pas d’aller chercher le plus de lauriers possible. On a des cinéastes qui ont travaillé pendant des années sur un film, on veut qu’il soit remis entre de bonnes mains pour son décollage. Il faut qu’il soit bien reçu là où on l’envoie et non pas se dire, qu’il faut absolument remporter des prix pour la meilleure réalisation, meilleure direction photo… Ce n’est pas nécessairement notre premier objectif, c’est de rejoindre le public qu’on veut rejoindre d’abord et puis ça peut faire boule de neige par la suite.»

Si un cinéaste arrive avec une liste de festivals où il souhaite que son film soit présenté, l’équipe effectue des vérifications afin de s’assurer de la crédibilité des événements en question. D’abord, un festival doit avoir un site web, une direction artistique, une équipe de programmation et des projections même virtuelles.

«Pour moi, si les films ne sont pas montrés d’une manière ou d’une autre à un public, ça peut devenir louche. Ce ne sont pas tous les festivals qui sont compétitifs, mais si le festival remet des prix, il doit y avoir un jury. Le festival doit dire aussi quels sont ses critères de sélection et énoncer ses règlements et le genre de film qu’il recherche.»

En moyenne, l’ONF (Office national du film du Canada) présente ses productions à une soixantaine de festivals au Canada. Ils ont aussi une équipe de développement des auditoires qui s’occupe des festivals de types plus communautaires. Le phénomène des pseudo festivals semblent être plus répandus à l’international et dans certaines régions du monde, fait remarquer Elise Labbé. Même les petits festivals peuvent être crédibles, note-t-elle. Celle qui se rend régulièrement dans de grands festivals participe aussi à de plus petits événements comme le Festival international du documentaire en Cévennes en France.

«Souvent les réalisateurs veulent aller dans les gros événements, les Sundance, Berlin, Cannes et autres, mais les petits festivals sont aussi hyper intéressants en particulier pour des films qui peuvent circuler dans des réseaux spécialisés. Ces festivals peuvent ouvrir des portes à d’autres réseaux.»

Elle précise que les choix doivent être stratégiques en fonction du type de production. D’après elle, si un film a été présenté dans un festival inconnu dans une ville obscure, il risque d’être refusé dans de plus grands festivals qui sont très compétitifs. Cela nuira ainsi à sa carrière.

Son équipe ne soumet pas de production aux compétitions de films qui se déroulent sur une base mensuelle.

«Ces compétitions mensuelles qui remettent des volumes de prix, je ne peux pas dire que ce sont de faux festivals, mais il y a de quoi se poser des questions.»

Elise Labbé a rarement vu de productions de l’ONF atteindre les 200 récompenses. Certains films se rendent jusqu’aux Oscars et peuvent récolter une soixantaine de prix.

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