Herménégilde Chiasson sera le poète à l’honneur du 37e Festival international de la poésie à Trois-Rivières, donnant ainsi son nom à un parc du quartier historique de la ville qui sera décoré d’une flopée de ses poèmes pendant toute la durée de l’événement, du 1er au 10 octobre.

Si vous visitez le Vieux Trois-Rivières début octobre, il y a de fortes chances que vous croisiez un poème d’Herménégilde Chiasson.

La Place d’Armes située dans la partie historique de la ville portera pour la première fois le nom d’un poète acadien. Elle sera rebaptisée le parc Herménégilde Chiasson, le temps du festival.

Des vers tirés de ses différents recueils seront accrochés sur une corde à poèmes qui ornera le parc. Cette collection de poèmes flottant au vent permettra au public de découvrir ou de redécouvrir l’oeuvre du poète acadien.

Chaque année, le parc en question porte le nom d’un poète de renom à travers le monde.

La directrice générale du Festival international de la poésie, Maryse Baribeau, affirme que le temps était venu d’honorer l’Acadie, d’autant plus que l’événement accueille régulièrement des poètes acadiens.

Celle-ci estime d’ailleurs que plusieurs facteurs ont joué en faveur de l’artiste multidisciplinaire qui est un habitué du festival.

«C’est une voix extrêmement importante pour votre province, mais aussi pour le Québec ainsi que pour le Canada. Herménégilde Chiasson est considéré comme un monument. Et en plus nous, c’est parce qu’on l’aime beaucoup. C’est un homme extrêmement attachant, extrêmement simple. À chaque fois qu’il est venu au festival, il a un rapport privilégié avec le public et il est attendu. Après, les gens m’écrivent pour me dire que c’était une rencontre magique. Il a cette capacité d’entrer très rapidement en contact humain avec les gens et ça, c’est très apprécié du festival», a expliqué Mme Baribeau.

Sa poésie en vedette

«Quelqu’un vous touche, le monde se remet à exister», voilà le vers d’Herménégilde Chiasson qui se retrouve sur les publicités et l’image du festival partout au Québec et au pays.

«J’appelle ce vers-là humoristiquement, le vers post COVID-19 et c’est un vers qui nous permet d’espérer», a soulevé Maryse Baribeau.

Le poète à l’honneur a été annoncé au moment du dévoilement de la programmation du festival qui rassemblera une cinquantaine d’écrivains, dont deux poètes acadiennes, Brigitte Lavallée et Édith Bourget. Herménégilde Chiasson accueille cet hommage bien humblement.

«C’est vraiment bizarre. Ça me met mal à l’aise. J’ai toujours eu une relation assez paradoxale avec tout ce qui est promotion et les prix parce qu’il y a tellement d’autres gens que je connais, que je trouve qui écrivent beaucoup mieux que moi. On n’est pas responsable de la réception, on est juste responsable de la production. Quelqu’un m’a dit une carrière d’artiste, c’est 70 pour cent de promotion et 30 pour cent de production. Moi je suis comme d’une autre génération par rapport à ça», a-t-il exprimé.

«Heureusement j’ai le don d’oublier tout ça et chaque fois que j’écris c’est comme si je recommençais à zéro et c’est la même chose quand je suis en public. Je pense que je suis fait pour être un artiste visuel et un écrivain qui sont des métiers solitaires», a-t-il poursuivi.

L’artiste raconte que chaque fois qu’il est allé au Festival à Trois-Rivières, ce fut très stimulant en raison des nombreuses rencontres qu’il a faites.

Celui-ci considère que cet honneur pourrait bien rejaillir sur l’ensemble de la poésie acadienne, espérant que cela piquera la curiosité des gens pour découvrir davantage d’oeuvres de l’Acadie. Le plus ancien festival de poésie au Canada a cette particularité d’amener la poésie au public, note Herménégilde Chiasson.

«C’est très populaire. On est dans les restaurants, on rencontre des groupes et la poésie va aux gens. C’est comme si on faisait la moitie du chemin et que le public faisait l’autre moitié.»

Au moment de sa fondation, il y a 37 ans, c’était assez novateur de présenter des lectures de poésie dans les bars, les restaurants et les galeries d’art. Par la suite, de nombreux festivals littéraires ont imité cette formule, fait remarquer Maryse Baribeau.

«Nous avons toujours dit que notre premier client c’est le public. Ce n’est pas un festival pour les poètes, c’est un festival pour le public qui vient rencontrer les poètes.»

Auteur de 50 ouvrages dont le plus récent, Trajets, Trajectoires, Traversées, paru aux Éditions de la Grenouillère en 2018, qui rassemble des extraits de tous ses recueils, Herménégilde Chiasson a toujours plusieurs projets en chantier même s’il confie que la pandémie l’a un peu déstabilisé.

En plus de quatre manuscrits prêts à être acheminés aux maisons d’édition, il présente une exposition d’oeuvres récentes à la Galerie 12 de Moncton, jusqu’au 18 septembre.

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