Réal Béland a une «écœurantite aiguë» de ceux qui font semblant et qui s’inventent des vies sur les réseaux sociaux allant même jusqu’à partager des lettres d’amour. Ce qu’il qualifie de mal du siècle est devenu un prétexte fabuleux pour la création de son 4e spectacle solo qui débarque dans trois villes du Nouveau-Brunswick.

Il a le sentiment que ce spectacle est celui qui lui ressemble le plus et peut-être le moins absurde. «Je pense que les gens qui ne m’ont jamais vu en show vont être surpris parce que ce qu’on voit à la télé et sur scène, c’est tellement deux affaires», a affirmé l’humoriste en entrevue téléphonique.

«Je trouve que c’est quand même le show le moins absurde de tous mes shows parce qu’il part vraiment de moi, d’un sujet, de quelque chose de vrai et qui me touche, mais je ne peux pas m’empêcher de prendre l’accotement, si on peut dire, pis d’aller champ gauche et de faire un peu d’humour absurde.»

Son fameux personnage de Monsieur Latreille, né à la radio il y a 20 ans, est devenu un incontournable. Un petit plaisir coupable, confie celui qui adore faire ces mauvais coups au téléphone avec l’auditoire. Tout comme le public, l’humoriste ne sait pas ce qui va se produire au moment où la personne décroche le récepteur.

«Tout le monde est sur le qui-vive, mes techniciens y compris, ça les garde éveillés. J’adore ça. Je trouve ça excitant d’autant plus que ce show, je l’ai présenté 250 fois, donc faire Latreille pour moi, c’est comme le petit moment où je vais pouvoir improviser, faire quelque chose de différent de ce que je fais les autres soirs, donc c’est bien excitant de faire ça encore.»

Accident de parcours?

C’est presque une erreur de parcours qui l’a poussé à faire de l’humour même si dans sa jeunesse, il a vu son père le comédien Réal «Ti-Gus» Béland en spectacle au moins 500 fois. Aujourd’hui, l’humoriste se sent chez lui dans un théâtre que ce soit à l’arrière ou à l’avant-scène. Jeune, Réal Béland était plutôt timide, presque antisocial. Donc la scène ne l’intéressait pas, même que cela l’effrayait.

«C’est arrivé un peu par accident à l’école quand j’improvisais puis je faisais rire tout le monde sans savoir pourquoi parce que j’avais l’espèce de timing. J’imitais un peu le rythme que j’entendais quand j’étais jeune dans les spectacles. De fil en aiguille, je voulais tout le temps être à l’arrière de la caméra. Je voulais écrire, réaliser, faire de la mise en scène. Mais à un moment donné quand on n’a pas de job, on se dit je vais écrire mes propres affaires et je vais les faire», a-t-il raconté.

Décédé en 1983, son père qui aurait 101 ans aujourd’hui ne l’a évidemment jamais vu en spectacle. Réal Béland qui a toujours été impressionné par la carrière de son paternel se dit qu’il n’aurait peut-être pas fait ce métier si son père avait vécu longtemps.

«C’est totalement une autre génération. C’est ça qui m’a peut-être aidé parce que c’est dur de se faire comparer quand on fait ce métier-là.»

En tournée avec sa fille

Pour cette tournée, il est accompagné de sa fille aînée, la chanteuse Charlotte Béland, qui assure la première partie du spectacle. L’auteure-compositrice-interprète de 26 ans prépare un premier album avec Manuel Gasse (Les Sœurs Boulay) et Antoine Gratton à la réalisation.

«C’est un plaisir de faire une tournée avec ma fille. Je ne pensais jamais un jour que c’était possible. Je la regarde en coulisse, c’est tellement le fun. Elle découvre ce métier-là, la tournée, les villes. Ça me redonne le goût de refaire le tour parce qu’elle est là», exprime-t-il.

Au-delà de l’amour qui l’unit à sa fille, il a découvert à l’âge de 47 ans qu’il était atteint du syndrome d’Asperger (un trouble du spectre de l’autisme) tout comme sa fille. C’est d’ailleurs elle qui avait entrepris des recherches pour comprendre ce qu’elle vivait.

«À un moment donné, elle est allée consulter Autisme Montréal, moi j’étais avec elle. Ç’a été une longue analyse puis finalement, le spécialiste qui analysait Charlotte s’est retourné vers moi et m’a dit vous avez compris que vous l’êtes aussi parce que tout ce qu’il disait à Charlotte, c’était mon portrait aussi.»

Bien que ce diagnostic ne change pas nécessairement sa vie rendu à son âge, cela a permis à son entourage de mieux comprendre son comportement parfois un peu excessif. Hyperactif sur le plan créatif, celui qui multiplie les projets a l’impression de ne pas avoir assez de «12 vies» pour réaliser tout ce qu’il a envie d’accomplir. «Les gens me voyaient parfois comme un extra-terrestre», a ajouté l’artiste qui réalise des mises en scène, écrit, donne des spectacles, fait de la télévision tout en se passionnant pour la construction.

Il travaille à la construction de la première maison de Charlotte, ce qui deviendra un docu-réalité pour la chaîne Casa. Papa marteau entrera en onde en janvier 2022. Le tournage est bien entamé.

«Je suis un fan d’émissions de rénovation. Ce que j’aime dans un projet de maison, c’est quand on part de zéro, du déboisement jusqu’à une maison complète. J’ai beaucoup de trucs et de conseils pour les personnes qui veulent construire leur première maison.»

Les spectacles de Réal Béland sont présentés à la salle multifonctionnelle Denis-Richard à Petit-Rocher, le 16 septembre, au Théâtre Bernard-Poirier à Fredericton, le 17 septembre, et au Théâtre Louis-Vermeersch à Saint-Jean, le 18 septembre.

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