C’était il y a 200 ans… Des familles fondatrices de la région du Coude se rassemblaient afin de construire le Temple libre, un lieu de culte pour toutes les confessions religieuses. Voilà un bel exemple d’inclusion, estime Sophie Auffrey, agente du développement du patrimoine à la Ville de Moncton.

Situé tout juste à côté de la Place Resurgo, le Temple libre a été construit en 1821. Adjacent à ce centre, on retrouve un petit cimetière encore plus ancien qui date de 1816. En cette semaine du patrimoine de Moncton et à l’occasion du 200e anniversaire du Temple libre, les responsables de la Place Resurgo ont dévoilé une exposition qui relate son histoire depuis sa construction.

Cet édifice d’un jaune muflier rappelant le style architectural de la Nouvelle-Angleterre sert encore aujourd’hui de lieu de rassemblement communautaire que ce soit pour des mariages, des réunions de famille ou même des concerts. L’ensemble Ventus Machina y a donné régulièrement des concerts. Depuis sa restauration en 1990, l’édifice a été désigné officiellement lieu historique national.

Au moment de sa construction en 1821, les familles voulaient permettre à toutes les communautés de célébrer leur religion en attendant d’avoir les moyens financiers pour construire leurs propres églises, raconte Sophie Auffrey. Cet édifice témoigne de la tolérance religieuse de l’époque dans la région de Moncton. Une plaque commémorative de 4500 livres située devant l’édifice indique toutes les confessions religieuses qui ont utilisé le temple. Des collectivités d’une douzaine de religions différentes, catholiques, protestantes, juives, ont utilisé ce lieu de célébration. Dans l’édifice, on ne retrouve aucun symbole religieux, fait remarquer l’agente du patrimoine chargée des relations communautaires.

«Il n’y a pas de symboles religieux pour vraiment rendre ça ouvert à tous.»

L’intérieur du Temple libre. – Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

C’est aussi un édifice unique en son genre en Amérique du Nord.

«C’est le seul lieu qu’on connaisse en Amérique du Nord qui a eu cette fonction dès sa conception. Dès le début, l’idée était de construire le temple pour offrir un lieu de rencontre pour n’importe quelle dénomination.»

En 1921, des groupes religieux et laïcs du quartier ont travaillé de concert afin d’effectuer des travaux de rénovations de l’édifice qui avait été négligé. Parmi eux, le groupe de citoyens appelé «Flat Iron Gang» qui a travaillé à la réfection de la bâtisse. En 1990, un vaste projet de restauration de l’édifice a été mis en œuvre dans le cadre du centenaire de la Ville. L’édifice a retrouvé sa couleur, ses fenêtres carrelées, ses portes, ses bancs et sa chaire d’origine. Étonnamment, les bancs sont encastrés dans des espèces de compartiments cloisonnés faisant en sorte que les gens peuvent s’asseoir le long des quatre faces des panneaux. Sophie Auffrey précise qu’en effectuant les travaux, ils ont découvert qu’il s’agit de l’aménagement original du lieu.

Aujourd’hui, le Temple libre fait partie de la collection du Musée de Moncton. Le public qui se rend à la Place Resurgo peut demander à visiter l’édifice.

Une fois l’exposition terminée dans le Musée, les panneaux seront installés dans le temple. L’exposition comprend aussi des stèles funéraires qui sont tombées avec les années. Elles sont conservées au musée. Avec le temps, les pierres se sont effritées. Une équipe du musée a entrepris un projet de restauration et de stabilisation des pierres. L’exposition Temple libre – 200e anniversaire est présentée tout l’automne.

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