Le milieu artistique est de nouveau perturbé par la situation sanitaire. Avec le retour de l’état d’urgence dans la province et l’ampleur de la quatrième vague de COVID-19, des organismes culturels ont annoncé des reports, des annulations et des changements de programmation.

Avant même que le premier Festival de la Plaine Rouge prenne son envol à Miscou, les organisateurs ont décidé d’annuler le spectacle d’ouverture qui devait se tenir le 2 octobre. La responsable du festival, Sandra Le Couteur, explique qu’elle a reçu des appels d’artistes et de gens qui ont décidé de ne pas venir. Selon celle-ci, il y a de l’inquiétude et une certaine confusion à l’égard des nouvelles mesures sanitaires.

Craignant que l’ouverture se déroule devant à peu près personne, en raison du climat d’insécurité, elle a choisi d’annuler l’événement, mais les deux autres activités au programme (atelier d’écriture de conte et concert du quatuor Clef) demeurent.

«Si on voit que les billets ne se vendent pas à cause de la peur, on va l’annuler aussi.»

Sandra Le Couteur qui a mis beaucoup de travail dans la préparation de ce nouveau festival est profondément déçue.

«C’est beaucoup de travail pour des gens qui ne veulent pas se faire vacciner et on est tous puni», a-t-elle laissé tomber.

Elle n’abandonne pas pour autant en assurant que le projet n’est pas mort et qu’elle entend le reprendre en 2022. Chapeauté par l’organisme Voir Miscou et mourir, ce nouveau festival vise à célébrer la plaine qui devient rouge sang pendant quelques jours en octobre.

Même situation du côté de la galerie du Tchai à Richibouctou qui devait offrir une nouvelle série de spectacles mensuels à compter de samedi avec les musiciens Michel Cardin et Sibylle Marquardt. Après avoir contacté les artistes, la responsable Rose-Marie Bernaquez a préféré remettre l’événement devant la possibilité de se retrouver devant une salle plus ou moins pleine.

De l’insécurité

Les nouvelles règles sanitaires n’empêchent pas les salles de présenter des événements pourvu que les spectateurs fournissent une preuve vaccinale et qu’ils respectent le port du masque en tout temps. Or le directeur général du Centre des arts et de la culture de Dieppe, Louis Doucet, ressent quand même un certain climat d’insécurité surtout avec la flambée des cas de COVID-19. Depuis l’annonce du passeport vaccinal et le retour à l’état d’urgence, les ventes de billet ont presque cessé, note-t-il.

«Les ventes ont arrêté quasiment comme un couperet à partir du moment où cette annonce a été faite. C’est de l’inquiétude et de l’insécurité à savoir comment les choses allaient avancer. Comme les cas vont toujours en augmentant, les gens probablement préfèrent attendre avant d’acheter leur billet.»

Le CACD a donc décidé de reporter ses deux premiers spectacles de la saison: le lancement du bluesman JP LeBlanc et une prestation de danse flamenco. Sur l’ensemble des billets vendus pour les spectacles de la saison, ils ont reçu une trentaine de demandes de remboursement de gens qui ne sont pas pleinement vaccinés. Sinon, l’entrée en vigueur du contrôle vaccinal ne semble pas poser de problèmes, a fait savoir M. Doucet. La programmation d’ateliers d’art ainsi que les autres spectacles plus tard dans la saison sont maintenus à pleine capacité pour l’instant. Le directeur précise que le centre exige de tous ses employés, partenaires et artistes qu’ils soient pleinement vaccinés.

À Moncton, le Théâtre Capitol ne change rien à sa programmation. Les spectacles du week-end (Jacques Surette et The Musical Box) ont lieu comme prévu avec toutes les règles sanitaires provinciales, c’est-à-dire la vaccination obligatoire, le port du masque et le protocole accru de nettoyage. La direction a reçu quelques appels de gens inquiets, mais dans l’ensemble le public semble rassuré de savoir que les spectateurs seront vaccinés, précise-t-elle. D’ailleurs, les ventes de billets pour certains concerts de la saison comme Noël avec les Muses, Belivo et Roland Gauvin vont très bien.

Le Salon du livre de Saint-Jean qui se tient du 30 septembre au 2 octobre a apporté quelques changements à sa programmation en raison de la hausse des cas de COVID-19, a indiqué un porte-parole de l’événement. La vente de livres est remise à une date ultérieure afin d’éviter de grands rassemblements intérieurs. Les rencontres d’auteurs et la soirée de poésie sont maintenues, de même que les visites scolaires qui, pour la plupart, sont virtuelles.

Le Festival international de slam/poésie en Acadie qui s’amorce vendredi se tiendra sensiblement comme prévu, a indiqué la directrice du Conseil provincial des sociétés culturelles, Marie-Thérèse Landry. Il faut dire que les organisateurs avaient un peu prévu le coup en offrant plusieurs activités à l’extérieur.

Pas de saison

Pour certains ensembles comme le Choeur de Soulanges et la troupe de théâtre communautaire Les fous de la scène à Fredericton, c’est une autre saison qui s’envole. Pourtant, le choeur comptait reprendre ses activités cet automne, mais le retour du port du masque obligatoire rend la chose presque impossible.

«On avait l’intention de reprendre et de demander une preuve de vaccination, mais chanter avec un masque ce n’est pas l’idéal.»

Selon la présidente du conseil d’administration du choeur, Pascale Bergeron, l’arrêt des activités a un impact sur la vie sociale des choristes.

Pour beaucoup de gens, le chant choral a quelque chose de thérapeutique. Ils aiment chanter ensemble et se réunir. Cela apporte de grands bienfaits.

«Il y a toute une camaraderie qui s’installe aussi. Ça nous manque beaucoup. C’est ça qu’on perd, la camaraderie, le plaisir de chanter ensemble, c’est ce qui nous manque beaucoup.»

Les fous de la scène qui ont suspendu leurs activités depuis le début de la pandémie ont préféré de ne pas prendre de risque et d’annuler la prochaine saison. En mars 2020, lorsqu’ils ont dû cesser leurs activités, tout leur travail est tombé à l’eau après plusieurs mois de répétitions.

«Au théâtre communautaire, ce n’est évidemment pas comme au théâtre professionnel où les gens sont payés. Les gens bougent beaucoup de sorte que l’année suivante, ce n’est pas possible de reprendre cette pièce-là. Là on est un peu dans la même situation même si en ce moment c’est permis. Les risques sont beaucoup trop grands, de dépenser beaucoup d’énergie et des sous pour rien», a expliqué le président de la troupe, François Varin.

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