Un peu plus de 20 ans après avoir lancé La maline, Marie-Jo Thério fait revivre la magie de cet album phare sur disque et sur scène.

Paru en 2000, La maline a marqué un tournant important dans la carrière de l’auteure-compositrice-interprète de Moncton. Salué par la critique et le public lors de sa sortie, cet opus qui rassemble quelques-unes des plus belles chansons de la chanteuse-musicienne (Café Robinson, Arbre à fruits, Fais-moi danser François Hébert) est venu confirmer la singularité de son univers artistique tout en révélant sa soif de liberté, un mélange de vulnérabilité assumée, de vérité et de courage. Cette œuvre a permis en quelque sorte de tracer sa route.

«Ç’a marqué un tournant parce qu’auparavant il y avait eu des spectacles où il y avait une nature qui s’exprimait puis qui était déjà très différente de ce que les gens avaient imaginé en écoutant l’album Comme de la musique […]. Il y avait aussi le fait que je pouvais sortir du créneau de la chanteuse accompagnée par des musiciens parce qu’avec Érik West-Millette et Bernard Falaise, nous étions vraiment trois musiciens qui faisaient de la musique ensemble», a déclaré l’artiste au cours d’un entretien téléphonique depuis sa résidence en France.

Elle n’est pas revenue en Amérique du Nord depuis le début de la pandémie. Celle qui a contracté la COVID-19 il y a un an a mis ses spectacles en veilleuse tout comme la plupart des artistes. Ce n’est que partie remise puisqu’elle promet une grande tournée au Canada à l’automne 2022 qui s’arrêtera, entre autres, à Moncton. Ce spectacle inspiré des 20 ans de La maline reprend l’esprit de l’œuvre. À son avis, l’album a bien vieilli puisqu’il ne colle pas nécessairement au son d’une époque.

«C’est un album qui était un peu hors du temps et il n’était presque pas habillé. Déjà, il n’y avait pas de batterie donc ça rend la chose un peu plus proche d’un espace poétique. Ce n’était pas un arbre de Noël qui était très habillé, c’était pas un arbre de Noël du tout en fait. En l’écoutant, j’ai l’impression qu’il s’écoute tout aussi naturellement qu’il s’écoutait il y a 20 ans.»

L’album a été écrit dans une forme de confinement pas obligatoire, mais naturel, précise la chanteuse.

«La magie du truc c’est que ç’a été enregistré sur un an, vraiment sur quatre saisons dans cette maison que j’ai fini par appeler la cabane de Verchères. Au début, c’était une maison où moi j’étais un peu isolée et en absence de repères parce qu’il y avait quelque chose qui avait changé dans ma vie que j’étais un peu paumée. Donc tout s’est fait dans un état de relâchement total, pas dans un désir de faire quelque chose pour répondre à des attentes de l’industrie.»

La rencontre avec Érik West-Millette et Bernard Falaise a été déterminante dans le processus de création, relate l’artiste précisant qu’ils ont pu mettre le temps nécessaire à la création. Même si le projet avait suscité un peu d’insécurité de la part des producteurs, les étoiles se sont alignées pour qu’il voie le jour.

Deux albums, une tournée

Pour souligner l’anniversaire de La maline et par désir de faire revivre cette œuvre, elle lance une réédition limitée du disque La maline qui a été remastérisé. Comme complément, elle offre un album inédit de la captation d’un spectacle présenté au Spectrum de Montréal en 2003. Ce concert transporte La maline sur scène avec beaucoup d’ingéniosité, de folie et de poésie. On y retrouve aussi des artistes invités tels que Mara Tremblay qui s’étaient joints au groupe.

En effectuant le montage de La maline et des recherches pour inclure des extra sur le disque, ils ont découvert un enregistrement clandestin du spectacle du 3 août 2003 au Spectrum réalisé par le sonorisateur, Bernard Grenon.

«On a flippé out. On s’est dit on laisse tomber les extra, il faut sortir ce live-là, c’est tellement magique. C’était un gros défi parce que ça n’avait pas été enregistré sur huit pistes, alors il a fallu beaucoup manœuvrer. Bernard Grenon a réussi un travail herculéen en essayant d’enlever tous les petits machins pour faire en sorte que ce soit agréable à écouter ce live-là.»

Marie-Jo Thério a hâte de remonter sur scène avec ce spectacle. Avec ses musiciens complices, elle revisitera les chansons et les musiques de La maline, mais ce sera surtout l’occasion de retrouver l’esprit de fête foraine qu’il y avait à l’époque.

«On l’avait fait au Capitol et c’était extraordinaire parce que c’était toutes des salles que moi je n’avais jamais faites de ma vie et j’étais super impressionnée de jouer dans ces salles-là.»

«À l’époque, on faisait des choses qui étaient un petit peu inédites à ce moment-là comme un entracte de 20 minutes où on demeurait sur scène tout le temps. On improvisait sur scène tous les soirs. Nous autres on n’avait pas de break, mais on était tellement heureux d’être là.»

Les disques La maline et Un trois août au Spectrum de Montréal paraissent le 8 octobre. La tournée qui s’étendra du 17 septembre au 3 décembre 2022 fera escale au Théâtre Capitol à Moncton le 7 octobre.

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