Qu’elle déclame un souhait d’anniversaire, des slams ou encore des mots d’amour, Laurence Landry alias la Crieuse souhaite avant tout redonner la parole à la rue. Ces messages qu’elle livre dans l’espace public ont été récoltés auprès de citoyens de Moncton.

Si vous vous promenez en ville, vous apercevrez peut-être de grands cercles roses qui sont en fait les balises de la crieuse publique. C’est sur ces balises qu’elle livre de façon impromptue ses prestations dans le cadre du Festival international de slam/poésie en Acadie. L’Acadie Nouvelle l’a rencontrée devant un café du centre-ville de Moncton. La comédienne, de Brest en Bretagne, déclame ou chante de courts textes accompagnés de Guyaume Bouliane à la guitare. Ces messages lui ont été transmis sur de petites cartes par des citoyens de la région.

«Pour le festival international slam/poésie en Acadie, tous les habitants de Moncton peuvent laisser des messages, des mots d’amour, des coups de gueule, des petites annonces, des slams ou des poésies et ensuite je les déclame dans la rue à différents endroits où il y a des balises roses.»

C’est lors de son passage au dernier Congrès mondial acadien qu’elle a eu l’idée de poursuivre son travail avec les gens de Moncton en créant son spectacle de rue, Balises la parole en liberté, en invitant les citoyens à lui laisser des messages.

La crieuse publique

Laurence Landry, aux lointaines origines acadiennes, a imaginé le personnage de la crieuse publique dans le cadre d’un festival de théâtre international en France destiné au jeune public. L’objectif était de créer un lien entre la rue et le festival.

«Je dois dire que ce personnage quand je l’ai créé, je n’aurais jamais imaginé qu’il aurait pris une telle ampleur. Au début, j’annonçais les heures de spectacles, les lieux, les rendez-vous et puis les habitants ont commencé à s’approprier la Crieuse pour annoncer plein de choses. Je me suis dit voilà une idée qui est poétique et merveilleuse, donnons la parole à la rue. Et ç’a commencé comme ça et ç’a pris de l’ampleur.»
Ce personnage l’a fait voyager partout en France et à l’étranger.

«Je trouve que le message est extrêmement important à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, les gens n’écrivent presque plus, et là, tout d’un coup c’est la rue qui a la parole.»

Si elle ne s’impose aucune censure, il reste qu’elle refuse de livrer des messages haineux, violents ou racistes.

«La Crieuse est là pour semer des graines de ces mots qui portent espoir dans la rue», évoque-t-elle.

Pendant qu’elle livre sa prestation, quelques passants hésitent, d’autres s’arrêtent pour écouter. Historiquement, les crieurs publics jouaient le rôle de messagers bien avant l’arrivée des réseaux sociaux. Laurence Landry a transformé ce rôle pour en faire un personnage un peu plus poétique et théâtral.

«Les arts de la rue, ce sont soit des passants prévenus qui ont su que j’étais là soit des passants de hasard et c’est ce qui est magnifique. C’est ça l’art du spectacle de rue, c’est que tout d’un coup, on va saisir au vol la personne qui va s’arrêter l’espace d’un instant pour écouter», a exprimé la comédienne.

Présente pendant toute la durée du festival, elle offrira aussi son spectacle slam Psyché.

Une cinquantaine de slameurs

Le Festival bat son plein jusqu’au 16 octobre. Une cinquantaine de slameurs, poètes et intervenants sont au rendez-vous. La directrice du festival, Marie-Thérèse Landry, a précisé qu’il y a des retards de vols. Faire venir des artistes de l’étranger en temps de pandémie n’est pas une tâche facile. Malgré le resserrement des consignes de la santé publique, le festival maintient le cap en misant tout particulièrement sur les activités intérieures avec un contrôle vaccinal.

La programmation peut être consultée sur la page Facebook du festival. Mme Landry a ajouté que tous les participants du festival sont pleinement vaccinés. L’ouverture officielle du festival se tient ce jeudi à 15h à la Place de la cathédrale et de façon virtuelle.

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