Dans un désir de partage et de faire rayonner sa culture, Brian J. Francis de la Première nation d’Elsipogtog, près de Richibucto, présente sa toute première exposition solo Esprits anciens. Une série de dix œuvres spirituelles où se croisent ses peintures et ses écrits en mi’kmaq, en français et en anglais.

Cinéaste, photographe, écrivain, traducteur et, depuis quelques années, artiste-peintre, Brian J. Francis a toujours eu comme préoccupation la préservation de sa culture et du peuple mi’kmaq.

Avec ses tableaux exposés au Centre des arts et de la culture de Dieppe (CACD), il espère créer un échange avec les visiteurs et contribuer à une meilleure compréhension de son peuple.

«Nous ne demandons pas de la pitié, mais nous demandons de la compréhension et je pense qu’en montrant mon travail ici, c’est une façon de mieux comprendre notre culture», a déclaré Brian J. Francis en entrevue au CACD.

Tout comme les Acadiens, il pense que son peuple devra aussi se lever pour se faire entendre et se faire voir.

«Je pense que notre peuple doit faire la même chose et nous aurons peut-être besoin d’aide comme les Français ont eu besoin d’aide quand ils sont arrivés il y a plus de 400 ans et nous les avons aidés. Bien des choses se sont passées depuis, mais c’est le temps de rétablir nos relations, nos partenariats que nous avions dans le passé et de respecter nos différences.»

Vérité et réconciliation

L’artiste confie qu’il a un peu de difficulté avec la terminologie que donne le gouvernement fédéral à la vérité et la réconciliation. Il pense plutôt que c’est aux peuples des Premières Nations à exprimer ce qu’ils ressentent et leur vision de la vérité et de la réconciliation.

«Dans notre culture, la réconciliation est un mot très sacré. Pour pardonner, il faut voir la vérité. Quand un visiteur voit mon travail artistique, je lui demande d’ouvrir son coeur et son esprit pour mieux comprendre ce que l’on ressent, notre vision, notre histoire et nos luttes.»

Celui-ci ne se considère pas nécessairement comme un artiste, mais peut-être comme un gardien des messages des esprits anciens. Avec son travail artistique, il essaie de décrypter, de préserver et de capter ses visions qu’il canalise dans ses œuvres.

«Dans notre culture, nous essayons de ne pas mettre d’étiquette sur nous-mêmes. Nous croyons à la philosophie d’un cercle et nous sommes tous égaux. Si je me considère comme un artiste, c’est un peu comme si je me place à un autre niveau.»

À l’instar de son écriture, il peint des tableaux inspirés de ses rêves et de ses visions. Rien n’est calculé d’avance, tout se produit un peu de façon instinctive et naturelle. En jumelant ses peintures aux couleurs riches et texturées et ses textes, cela permet de mieux comprendre ses messages, estime le commissaire de l’exposition Daniel Chiasson, aussi directeur de la galerie Art-Artiste.

Spiritualité

Les œuvres de M. Francis sont essentiellement inspirées par la pratique quotidienne de sa spiritualité traditionnelle. Dans les cérémonies, il raconte qu’il entre en contact avec ses ancêtres et ainsi ce monde lui apporte des visions et des messages qu’il transforme en œuvres visuelles.

«Dans un sens, j’ai toujours pensé que l’art est très personnel et spirituel. Quand je peins, je crois qu’il y a quelque chose dans mon ADN du passé qui traverse mon travail. C’est pourquoi le nom des Esprits anciens. Pour ceux qui regardent les peintures, si cela les touche, alors c’est leur ADN et leurs ancêtres qu’il réveille en quelque sorte.»

Cette exposition est aussi une manière d’honorer ses ancêtres. Daniel Chiasson a choisi d’aménager l’exposition de façon classique et très dégagée afin de donner de l’espace au regardeur.

«Toutes les œuvres sont distantes l’une de l’autre pour que les gens puissent prendre la minute qu’il faut pour vraiment entrer dans le texte et voir l’oeuvre en même temps, puis s’imaginer ce qu’ils veulent bien s’imaginer par la suite. L’idée de mettre en valeur trois langues, c’était aussi important pour que le message soit accessible à tout le monde.»

Daniel Chiasson a été séduit par la vérité qui se dégage des œuvres de Brian J. Francis et la cohérence de sa réflexion.

En montre au CACD, l’exposition Esprits anciens est présentée jusqu’au 8 décembre. Le vernissage se tiendra le 28 octobre.

<Des œuvres de Brian J. Francis font aussi partie d’une exposition collective présentée à Toronto. n

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