Les biographies figurent parmi les ouvrages littéraires les plus lus dans le monde. Chacune à leur façon, Patsy Gallant, Micheline Savoie et Francine Ruel ont mis sur papier leurs histoires personnelles; des récits qui trouvent écho chez beaucoup de gens.

Réunies en table ronde au Salon du livre de Dieppe devant au moins 50 personnes, trois auteures d’une même génération, dont deux ayant vécu à Campbellton, ont raconté ce qui les a amenées à écrire leur biographie. Une table ronde qui a séduit le public.

«Moi je ne voulais pas écrire un livre qui parle d’affaires qui se sont mal passées, je voulais écrire un livre qui va inspirer les gens et qui va leur donner espoir. J’espère que j’ai réussi», a confié Patsy Gallant à la personnalité franche et attachante. Avec sa biographie Ma vie en technicolor, on découvre qui est la vraie Patsy Gallant derrière la disco queen, a souligné l’animatrice de la table ronde Anne Godin.

Dans Ma mère est un flamant rose et Anna et l’enfant-vieillard, Francine Ruel relate différentes facettes de sa vie, dont l’histoire de son fils qui a vécu dans la rue pendant sept ans. Dans Ma mère est un flamant rose, elle rend hommage à sa mère. Elle confie que son premier désir d’écriture lui est venu à 12 ans. Elle voulait parler de sa mère qui a été une femme formidable qui lui a appris la justice, qui a été féministe avant le temps et qui lui a appris à se tenir debout.

«Ma mère s’est retrouvée à 32 ans seule avec cinq enfants. Elle n’a jamais voulu dénigrer mon père. Elle disait de mon père que c’était un adorable inconscient», a exprimé l’écrivaine qui a participé par visioconférence à la table ronde.

La romancière, enseignante et actrice a triché un peu dans ces deux livres autobiographiques. Bien qu’elle raconte sa propre vie, elle a eu recours à des personnages fictifs.

«Dans Anna et l’enfant-vieillard, je ne me suis pas cachée derrière un personnage, en parlant d’Anna. J’avais besoin que ce ne soit pas une vedette ou quelqu’un de connu qui a un fils dans la rue parce que je voulais aller au coeur de cette histoire-là et c’était le propos qui était le plus important.»

Si elle a voulu écrire cette histoire, c’était surtout pour son fils et du même souffle faire œuvre utile parce que personne ne parle de ce phénomène.

«J’avais envie d’en parler pour dire aux gens: vous n’êtes pas tout seul. J’ai découvert en ayant écrit ce livre que j’ai ouvert une boîte de pandore. Je n’ai jamais reçu autant de témoignages de gens.»

«Je voulais aussi que mon fils lise ce livre qui est son histoire. Je voulais qu’il sache à quel point c’est un enfant formidable, un être humain magnifique s’il le voulait bien. C’est comme un héritage», a-t-elle poursuivi.

Micheline Savoie, qui a travaillé dans le domaine des communications, a écrit Avant de perdre la mémoire pour sa fille.
«Je n’ai jamais voulu écrire ma vie, mais j’ai passé ma vie à écrire», a-t-elle confié.

Elle a tenu un journal personnel de l’âge de 10 à 60 ans.

«Ma fille m’a fait faire la promesse que je lui écrirai un livre. Quand j’ai appris en 2015 qu’elle avait un cancer, je me suis donné un coup et j’ai tenu ma promesse. Et elle est toujours vivante.»

Qu’est-ce qu’on met ou pas dans une biographie?

Ces trois femmes ont eu des vies mouvementées pas toujours idylliques. Elles ont aussi ouvert beaucoup de portes, découvre-t-on dans leurs biographies.

«J’ai dit la vérité dans tout ce que j’ai écrit, mais ce n’est pas nécessaire d’écrire certains trucs, d’abord il y a des gens qui vivent et on ne veut pas leur faire mal. On ne veut pas déranger la vie des autres, c’est par respect aussi. Il y a des petites choses que j’ai osé mettre dedans. J’ai fait ça vraiment naturellement», a mentionné Patsy Gallant.

Micheline Savoie, qui avait écrit ses mémoires uniquement pour sa fille, a été approchée par un éditeur qui l’a convaincue de publier en lui disant que c’était aussi l’histoire des Acadiennes et de beaucoup de parcours féminins.

«Finalement, j’ai accepté à une condition que je le réécrive et j’ai enlevé des choses qui n’étaient pas du domaine public.»

Elle ne regrette aucun passage du livre, même les plus difficiles, comme celui sur le viol dont elle a été victime pendant qu’elle travaillait à Radio-Canada. Elle confie d’ailleurs dans le livre que chaque fois qu’elle entend sa voix au micro, elle ferme la radio.

«Je l’ai mis, je l’ai enlevé et après ça je me suis dit c’est arrivé à beaucoup de femmes, ça reste présent à vie. J’ai décidé de le laisser. Chose que j’ai trouvé curieuse, c’est le nombre de téléphones de journalistes que j’ai eu pas la suite pour savoir qui c’était.»

Francine Ruel a confié avoir marché sur des œufs tout au long de l’écriture d’Anna et l’enfant-vieillard parce qu’elle n’arrivait pas à contacter son fils pour lui demander la permission d’écrire sur ce qu’il lui avait raconté pendant qu’il était dans la rue.

Son roman Anna et l’enfant-vieillard sera adapté pour la télévision dans une minisérie qui va sortir au réseau TVA à l’automne.

Son fils, qui est maintenant sorti de l’itinérance, a collaboré à la création de la version télévisuelle.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle