Avec à son menu une diversité de films remplis d’humanité suscitant des émotions, des réflexions et des discussions avec les réalisateurs, le 35e FICFA est bien entamé. Après quatre jours de festivités, les organisateurs dressent un premier bilan positif. Les festivaliers sont au rendez-vous.

Membre du jury longs métrages, Isabelle Cyr note que les œuvres au programme du Festival international du cinéma francophone en Acadie sont très humaines. Plusieurs films portent sur la complexité des relations humaines dans une grande diversité de factures et d’écritures cinématographiques.

«Je suis très excitée, c’est comme un cadeau que la vie m’a fait de pouvoir me permettre de voir autant de films. Du matin au soir, on est en salle à regarder des films dans une salle de cinéma, ce qui est très excitant», a-t-elle exprimé.

Les formes sont éclatées et c’est ce qui plaît dans un festival de cinéma même si cela représente parfois des risques, estime la comédienne et auteure-compositrice-interprète acadienne.

«On n’est pas du tout dans une espèce d’unicité au niveau de la façon de faire du cinéma, au contraire, le festival est allé chercher des cinéastes qui ont vraiment leur propre langage cinématographique et pour un festival, je trouve que c’est extraordinaire parce que c’est ce qu’on cherche», a poursuivi Isabelle Cyr.

Celle-ci recherche avant tout des œuvres qui racontent une histoire, peu importe la façon, avec leur propre langage, lui permettant ainsi de sortir du quotidien pour entrer dans un autre univers.

«Il y a des choses qui plaisent, des choses qui plaisent moins, ça c’est normal, mais ça nous ouvre sur toute une panoplie de cinématographies et ça, c’est toujours nourrissant.»

Des salles bien remplies

Dès la séance d’ouverture, le 11 novembre, qui a fait salle comble, l’émotion était au rendez-vous. Le documentaire Seuls et toute l’équipe ont été salués par une ovation. Dominique Léger, responsable de la programmation, se réjouit de la réponse du public pour le retour en salle du FICFA. En 2020, le Festival a été présenté uniquement en ligne.

«J’ai senti beaucoup de fébrilité surtout les premiers jours quand je voyais les réactions des gens et les visages familiers du FICFA que je n’avais pas vus depuis deux ans et de recevoir des invités de l’extérieur. Hier, c’est venu vraiment me chercher. J’ai vécu beaucoup d’émotions et j’ai le coeur rempli de ses quatre premiers jours du FICFA», a commenté Dominique Léger.

Cette année, le Festival accueille 45 invités; des réalisateurs, comédiens et producteurs. Au moins deux séances ont été présentées à guichets fermés. Quelques salles étaient bien remplies, d’autres un peu moins, ce qui est normal selon Dominique Léger. Cela se compare aux années précédentes même si les capacités des salles étaient limitées en raison des règles de distanciation physique. Parmi les moments forts de la fin de semaine, la projection du film Bootlegger de Caroline Monnet projeté en présence de la réalisatrice. Cette œuvre puissante et magnifique raconte l’histoire de Mani (Devery Jacobs), une jeune autochtone qui étudie le droit et qui revient dans sa communauté dans l’espoir de faire bouger les choses.

«J’ai adoré. C’était vraiment magnifique. On dirait une poésie sur écran», a déclaré une cinéphile, Anne Richard.

Celle-ci estime que le festival lui permet de voir des films de partout dans le monde qu’elle n’aurait pas l’occasion de voir autrement.

Le FICFA offre en quelque sorte un voyage dans la découverte et parfois celui-ci réserve de belles surprises, note Monique Richard qui suit le festival depuis plusieurs années.

«On peut voir aussi des films en ligne, mais c’est bien d’avoir l’expérience dans la salle de cinéma et d’avoir l’occasion d’entendre la réalisatrice et de voir la réaction du public. Ça ajoute à l’expérience.»

Caroline Monnet qui a déjà présenté plusieurs de ses courts métrages au FICFA était de retour avec son premier long métrage qui porte sur le sort des communautés autochtones et plus particulièrement sur le sujet délicat de la vente d’alcool dans les communautés.

«Le FICFA c’est un peu comme la famille à travers les années. C’est un festival où on revient et où on se sent toujours bien accueilli. On crée des liens particuliers, donc d’être invité avec un long métrage, il y a quelque chose de spécial avec ça.»

Bootlegger a été tourné dans la communauté algonquine de Kitigan Zibi en Outaouais d’où est originaire la mère de la cinéaste. Avec ce film, elle considère être allée au bout d’une exploration et de sa volonté de parler des politiques agressives du gouvernement. Un film qui tombe à point d’autant plus avec les récents événements de l’actualité. Une discussion a suivi la projection. Selon la cinéaste, les gens sont de plus en plus prêts à recevoir ce genre de film, même si un commentaire plutôt confus d’un spectateur a créé un certain malaise dans la salle.

«J’apprécie qu’il y ait une discussion et je pense que toutes les opinions sont valides, je pense que le film a donc challengé un certain public puis ce n’est pas mauvais, mais je pense que ça montre que ce genre de film là est important parce qu’il y a encore des mentalités à changer et le film veut justement réveiller des consciences et changer des mentalités», a affirmé Caroline Monnet.

Des films acadiens bien reçus

Présenté à guichets fermés au théâtre l’Escaouette, le programme Acadie a offert cinq courts métrages dans une variété de formes allant de la fiction à l’animation en passant par un film musical, une œuvre sur la danse et une comédie dramatique de Jean-Patrick Chiasson. La plupart des cinéastes acadiens étaient sur place pour présenter leur film. Le programme a été chaudement applaudi par la foule.

«Ça donne de la prestance à nos films de pouvoir les présenter au FICFA», a déclaré Kevin McIntyre qui signe la réalisation du film musical très éclaté Les Hôtesses d’Hilaire: Live dans un cube d’art contemporain.

Étienne Boivin et Jonah Haché ont réalisé le film sur la danse Résistance (Productions DansEncorps), tandis que Xavier Gould a présenté Mona. Les sœurs Angie et Tracey Richard ont offert leur premier court métrage d’animation Terre.

C’était aussi le 25e anniversaire de l’événement Acadie Underground qui a fait salle comble. Le FICFA se poursuit jusqu’au 19 novembre.

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