L’adolescence constitue une source intarissable d’inspiration pour plusieurs cinéastes. Le réalisateur Patrick Fabre explore l’évolution de leur représentation au cinéma français dans son documentaire Ados, têtes à clap!

Pour Patrick Fabre, le cinéma c’est un peu toute sa vie. Plusieurs de ses documentaires portent sur différents aspects du septième art.

«J’ai toujours aimé ça, j’aime interroger des réalisateurs, des acteurs, j’aime les côtoyer, j’aime fouiller dans leur processus de travail et les regarder travailler», a déclaré en entrevue le réalisateur français.

L’ancien journaliste et critique de cinéma présente son 6e documentaire au Festival international du cinéma francophone en Acadie.
Il y a environ 15 ans, il a quitté la presse pour oeuvrer à son tour comme cinéaste avec le désir d’approfondir ses sujets. Il confie qu’il n’était plus heureux comme journaliste.

«Faire des documentaires me permet de passer plus de temps et de fouiller plus les sujets que j’ai envie d’explorer, de passer plus de temps avec les gens de cinéma que j’aime et de travailler sur des thématiques. Au lieu de faire un article, je fais presque un livre. J’aime tourner, j’aime interviewer les gens, j’aime réaliser. Ça combine tout ce que j’ai envie de faire sur le cinéma.»

Le projet d’Ados, têtes à clap! est venu d’abord de la chaîne de télévision pour laquelle il a réalisé plusieurs films. Déjà, il avait abordé un peu le thème de l’adolescence dans un documentaire précédent.

Dans son film, il explore la thématique de façon chronologique en retraçant l’histoire des films sur l’adolescence et de leur évolution depuis les années 1970. Parallèlement à cela, le réalisateur fournit des exemples d’oeuvres cinématographiques qui ont fait évoluer le thème. À partir de ces années, les films sur l’adolescence ont commencé à se multiplier. Il va à la rencontre de réalisateurs symboliques de ces changements et de cette évolution. Il interviewe notamment Diane Kurys, réalisatrice du film Diabolo Menthe, une œuvre ayant marqué un tournant dans le genre.

«Diane Kurys me paraissait absolument incontournable parce que c’est le succès de son film qui a un peu lancé le thème en France même s’il y avait déjà des films sur l’adolescence, mais à l’époque, on parlait encore d’enfance ou de jeunesse, mais l’adolescence en tant qu’être avec ses problèmes et sa vie n’était pas considérée.»

Il note qu’avant 1970, la jeunesse était envisagée davantage comme un péril pour les parents et une source d’ennuis. Le changement s’est fait à partir des années 1970 où l’adolescent a été considéré comme un individu au cinéma et c’est ce qui a intéressé le réalisateur.

«Étudier l’adolescence c’est aussi étudier la société, comment l’adolescent s’inscrit dans la société et ç’a tellement évolué qu’aujourd’hui, les films sur les adolescents sont liés à des problèmes sociétaux, donc le racisme, la diversité et la sexualité. On l’a vu dans des films plus récents et je pense que ça va s’accentuer. On est passé d’un traitement nostalgique de l’adolescence à un traitement sociétal.»

Plusieurs rencontres

Son documentaire nous permet de mieux comprendre les perspectives de certains cinéastes comme Cédric Klapisch et Sébastien Lifshitz. Il réalise aussi des entrevues avec un agent de casting ainsi que des actrices telles que Marie Gillain et Suzanne Lindon qui est aussi réalisatrice.
C’est merveilleux pour les réalisateurs de découvrir de nouveaux acteurs en filmant l’adolescence, note Patrick Fabre.

«Comme le dit Cédric Klapisch de très belle façon, filmer un personnage adolescent c’est aussi filmer une personne en devenir. C’est vrai qu’à la fois, on filme des acteurs, mais aussi on capte la jeunesse de quelqu’un à un moment de sa vie qui ne sera plus jamais pareil.»

Pour cette raison, le cinéaste a choisi d’intégrer quelques séquences dans son documentaire qui mettent en vedette de jeunes acteurs. Il termine son film avec des plans fixes d’adolescents.

Patrick Fabre qui sera présent à la projection, mardi soir, est aussi directeur artistique du Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz.

Pendant 15 ans, il a été la voix des marches du Festival de Cannes, annonçant ainsi l’arrivée des invités de façon officielle. Il confie qu’il s’est retiré de ce poste un peu par lassitude.

«À un moment, j’estime que quand on va au Festival de Cannes, c’est une chance et qu’on doit être excité par l’idée d’aller au Festival de Cannes quand on aime le cinéma. Quand on y va et que finalement, ç’a perdu un peu de sa magie parce que ça devient un travail comme un autre, il faut s’arrêter. C’est un poste qui mérite qu’on soit enthousiaste. Je commençais à ne plus l’être alors j’ai préféré laisser ma place.»

Le documentaire Ados, têtes à clap! est présenté ce mardi à 19h au théâtre l’Escaouette à Moncton.

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