Après six ans d’absence sur disque, Radio Radio sort de sa tanière pour livrer son nouvel album À la carte. Sur une musique festive, le duo hip-hop acadien jette un regard un peu oblique sur l’impact des nouvelles technologies dans nos vies.

Présentement en tournée, Gabriel Malenfant et Jacques Alphonse Doucet (Jacobus) s’arrêtent à Moncton, mercredi, afin d’offrir un spectacle de lancement autour de leur 6e opus.

Clin d’oeil au studio du café Pastel Rita à Montréal (propriété de Gabriel Malenfant) où a été enregistré l’album, À la carte se veut à la fois un voyage au sens propre du terme et intérieur, souligne le rappeur originaire de Moncton. C’est une réflexion sur le monde, teintée d’humour, où tout est maintenant accessible en un clic.

«On peut accéder à tous nos besoins par Internet, mais ça peut aussi engendrer des problèmes et des challenges. On a écrit un peu sur l’impact que la technologie a sur nos vies. Par exemple, la chanson Tellement dope est vraiment une réflexion sur le monde des influenceurs, paraître au lieu d’être.»

Si on prend le temps d’écouter les paroles des dix pièces, on constate que celles-ci contrastent un peu avec la musique joyeuse, rythmée et ensoleillée.

«Si on pense que Radio Radio c’est juste un Cancún, il faut vraiment plonger dedans un peu pour voir qu’il a du Riviera Maya là-dedans. Il y a vraiment plusieurs niveaux à interpréter.»

Figure, entre autres, la chanson Phoque avec son ballon composée après leur passage à l’émission Pénélope qui aborde la question des accents. Pourquoi faut-il après plus de dix ans de carrière musicale, qu’on les interroge encore sur leur accent au lieu de leur musique, soulève le chanteur. La chanson se termine quand même sur une note positive. Sans rancune, souligne le rappeur.

Sortie repoussée

À la carte était prêt depuis presque deux ans, soit quelques mois avant le début de la pandémie. Mais le duo tenait à accompagner la sortie du disque d’une tournée de spectacles.

«Lancer des disques sans tournée, ça ne vaut pas grand-chose parce qu’on survit principalement avec des spectacles donc les deux vont main dans la main.»

Pour la production du disque, ils ont collaboré avec le producteur Jeff Martinez qui est, entre autres, derrière le succès de 56K de Loud. L’album est hautement percussif et rythmé. Gabriel Malenfant raconte qu’il adore le travail en studio.

«J’ai toujours des notes dans mon téléphone pour des thématiques et j’ai des dizaines de thématiques sur mon téléphone pour commencer à brainstormer avec Jacques. C’est vraiment le fun et c’est intense parce qu’on crée vraiment on the fly.»

Si six années se sont écoulées depuis Light the sky, il reste qu’ils ont continué à faire de la musique. Le duo Radio Radio est loin d’avoir dit son dernier mot, assure Gabriel Malenfant, bien que Jacques Doucet a laissé entendre qu’il s’agit peut-être du dernier album du groupe. Ils ont encore plusieurs projets de collaborations en chantier. La question reste à savoir si cela prendra la forme d’albums complets. Gabriel Malenfant pense que oui.

«Moi j’adore les albums, les trucs conceptuels, les histoires et que ça soit dans un package et j’aime toute la machine de promo et de visuel qui l’accompagne, mais Jacques moins. En effet, il y a des rappeurs qui n’ont jamais sorti d’albums, on les voit juste faire des collaborations avec des singles. Le monde n’achète plus d’album donc je comprends que c’est peut-être mieux de faire juste des simples un après l’autre […] parce qu’à la fin de journée, les dix tounes vont finir dans une playlist.»

Plus passionné que jamais, Gabriel Malenfant a envie de faire de la musique jusqu’à la fin de ses jours.

Entouré du guitariste Kim Ho qui les accompagne depuis dix ans et de la DJ Debbie Tebbs, Radio Radio promet un spectacle haut en couleur et en groove.

Après plus de 1000 spectacles depuis 2007, le duo dynamique réussit à saisir ce qui fonctionne bien sur scène.

«On cristallise l’énergie de Radio Radio avec des chansons qu’on peut bouger, chanter et lever les bras en l’air. C’est de la nostalgie, des nouvelles chansons et des sourires. Idéalement c’est participatif dès la première chanson», a ajouté Gabriel Malenfant heureux de revenir dans la ville où il a grandi pour lancer le spectacle et l’album.

Le spectacle est présenté au Théâtre Capitol, le mercredi à 19h30. Le rappeur Vendou assurera la première partie.

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